Génocide à Gaza : Ursula von der Leyen appelle à agir contre Israël… deux ans plus tard

Publié le par FSC

Tom Demars-Granja
L'Humanité du 10 septembre 2025

 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen au siège de la Commission, le 28 août 2025 à Bruxelles.© Monasse T/ANDBZ/ABACAPRESS.COM

 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a profité de son discours sur l’orientation de l’UE pour annoncer de possibles sanctions visant Israël. Alors que le peuple palestinien est victime d’un génocide, la suspension du soutien bilatéral de Bruxelles, comme de possibles punitions à l’encontre de « ministres extrémistes » et de « colons violents » pourrait enfin être soumis par la Commission au vote du Parlement européen.
Son discours était attendu, tant l’Union européenne (UE) s’est révélée incapable de peser sur la politique d’Israël, afin que cessent les crimes contre l’humanité commis dans les territoires palestiniens. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, soutien de la première heure du régime basé à Tel-Aviv, a présenté, mercredi 10 septembre au matin, les prochaines orientations de l’UE.
Son allocution devant le Parlement européen, à Strasbourg, est ainsi l’occasion de présenter les priorités de la Commission pour les semaines et les mois à venir. Près de deux ans après l’accélération du processus colonial en Cisjordanie, le maintien de la famine dans la bande de Gaza et le lancement d’un génocide du peuple palestinien, la présidente de la Commission est enfin ouverte à l’idée d’agir contre Israël.

« La tentative de saper la solution à deux États »


Ursula von der Leyen a profité de son discours pour condamner la « famine causée par l’homme, (qui) ne peut jamais servir d’arme de guerre », ainsi que « l’asphyxie financière » de l’Autorité palestinienne et « la tentative claire du gouvernement israélien de saper la solution à deux États ». Les forces d’occupation israéliennes ont tué 64 605 Palestiniens à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas à Gaza. Deux millions d’habitants tentent quant à eux de survivre, entre les bombardements incessants, la privation d’eau et de nourriture et les déplacements incessants pour trouver un semblant de toit.


La présidente de la Commission européenne a annoncé qu’elle compte suspendre le soutien bilatéral de l’UE à Israël. La dirigeante allemande souhaite donc que Bruxelles bloque les fonds israéliens actifs sur le continent et suspende les échanges commerciaux avec Tel-Aviv. Ursula von der Leyen doit aussi présenter de nouvelles propositions visant à sanctionner les « ministres extrémistes » du gouvernement Netanyahou et les « colons violents » en Cisjordanie.
« Nous proposerons également une remise en cause partielle de l’accord d’association sur les mesures liées au commerce, a-t-elle esquissé, s’attirant tant des acclamations et que des huées de l’assemblée. Ce qui se passe à Gaza est inacceptable. » La gauche de l’hémicycle est arrivée vêtue de rouge dans l’hémicycle pour dénoncer la guerre à Gaza et l’inaction européenne. Ursula von der Leyen a reconnu que les désaccords entre les États membres risquent de bloquer des actions plus concrètes : « Je suis consciente qu’il sera difficile de recueillir des majorités et je sais que pour certains, ce sera trop, et pour d’autres, pas assez. Mais nous devons tous assumer nos propres responsabilités – Parlement, Conseil et Commission. »


Le financement du musée de l’Holocauste Yad Vashem et de la société civile israélienne ne serait pas affecté par ces sanctions, a-t-elle précisé. Si ces annonces démontrent une prise de conscience – plus que tardive – de la Commission européenne, sa présidente ne fléchit pas quant à ses liens avec Tel-Aviv. « Je suis une amie de longue date du peuple israélien », a-t-elle assumé. Elle a enfin profité de son discours pour attaquer le Hamas, « des terroristes qui veulent détruire Israël et terrorisent leur propre peuple ; dont ils font leur prochain otage ».
La dirigeante allemande a plus largement plaidé pour une réforme institutionnelle de Bruxelles, en matière de politique étrangère, afin de surmonter ses divisions. Selon Ursula von der Leyen, l’UE devrait se débarrasser du « carcan de l’unanimité » et passer à la majorité qualifiée.

 

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