L'ONU recense 158 sociétés, dont Egis et Carrefour, impliquées dans le développement de colonies israéliennes illégales dans les territoires palestiniens occupés

Publié le par FSC

Luis Reygada
L'Humanité du 28 septembre 2025

 

 

Dans un rapport onusien, deux entreprises françaises, Carrefour et Egis, sont dénoncées pour leurs activités dans les colonies israéliennes illégales implantées dans les territoires palestiniens occupés.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a publié vendredi 26 septembre une mise à jour de sa base de données sur les entreprises impliquées dans le développement des colonies israéliennes illégales dans les territoires palestiniens occupés.
Si l’écrasante majorité de ces sociétés se rendant complices du gouvernement de Benyamin Netanyahou sont israéliennes, une vingtaine d’autres ont leur siège en Europe ou en Amérique du Nord.

Les ONG dénoncent le commerce avec les colonies israéliennes


Parmi les 158 entreprises répertoriées par le HCDH (qui s’est limité, par manque de moyens, à l’étude de 215 cas sur près de 596 sociétés initialement ciblées), on retrouve les états-uniennes Airbnb, Booking.com, Motorola ou encore Trip Advisor, mais aussi le français Egis et sa filiale Egis Rail, pointés du doigt pour leur participation au développement du tramway reliant Jérusalem aux implantations illégales situées sur des terres palestiniennes, à l’est.
De quoi mettre en doute le supposé attachement du groupe (2,16 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, + 14 %) à la promotion des droits de l’homme.
Si le géant Alstom a été retiré du nouveau rapport du HCDH, le français Carrefour – qui ne figure pas dans la liste non exhaustive de l’ONU – est pour sa part dénoncé par une coalition internationale de plus de 80 ONG (dont Oxfam, la Ligue des droits de l’homme et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine) dans le cadre de la campagne « Stop au commerce avec les colonies », lancée le 15 septembre.

L’appel au boycott de Francesca Albanese


Accusée de se rendre « complice d’un système de colonisation qui spolie les Palestiniens de leurs terres et ressources », l’enseigne française de grande distribution est visée à la suite d’accords de franchise rendant possible l’implantation d’au moins neuf magasins dans des colonies illégales, notamment à Ariel et Maalé Adumim, ou encore à Jérusalem-Est.
Carrefour aurait aussi « renforcé ses liens avec des acteurs clés de la colonisation », notamment avec deux start-up israéliennes « directement impliquées dans l’expansion des colonies et répertoriées par l’ONU ».
Tout en dénonçant la complicité de certaines multinationales avec Tel-Aviv, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits humains dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Francesca Albanese, avait lors de sa participation à la Fête de l’Humanité rappelé « le pouvoir (qu’ont les gens, à travers leur façon de consommer) de ne pas soutenir les entreprises se rendant complices des crimes d’Israël ».

 

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M
" ne pas soutenir ces entreprises ", oui, mais lesquelles ? Publiez-donc la liste à boycoter !<br /> <br /> Quant à Carrefour, implantée par exemple en Roumanie où elle ne paie pas d'impots, c'est une enseigne néolibérale méprisable à éliminer, elle impose le travail le dimanche et jours fériés de 7 à 20h, même dans les supérettes "proxymarket" de village - on change le nom de la boutique mais non l'exploitation des employés !
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