« Nétanyahou n’est pas exactement la personne qui a le droit de donner des leçons », juge la ministre de la défense espagnole
Après que le premier ministre israélien a accusé son homologue espagnol d’appeler au génocide contre Israël, la ministre de la défense espagnole, Margarita Robles, a estimé vendredi que Benyamin « Nétanyahou n’[était] pas exactement la personne qui a[vait] le droit de donner des leçons à qui que ce soit alors qu’il commet les atrocités qu’il commet à Gaza ».
Mme Robles réagissait à un message publié jeudi sur X par le bureau de M. Nétanyahou, accusant M. Sanchez d’avoir proféré une « menace génocidaire » à l’encontre d’Israël. Lundi, le chef du gouvernement espagnol avait annoncé des mesures pour « mettre un terme au génocide à Gaza », tout en suggérant que celles-ci étaient une manière de lutter contre l’offensive israélienne sur le territoire palestinien par d’autres moyens que la force militaire, notamment.
« L’Espagne, comme vous le savez, n’a pas de bombes nucléaires. Elle n’a pas non plus de porte-avions ni de grandes réserves de pétrole. A elle seule, elle ne peut pas arrêter l’offensive israélienne, mais cela ne veut pas dire que nous cesserons d’essayer », avait-il alors déclaré. « Le premier ministre espagnol Sanchez a déclaré hier que l’Espagne ne peut pas arrêter la bataille d’Israël contre les terroristes du Hamas car “l’Espagne n’a pas d’armes nucléaires”. C’est une menace génocidaire flagrante contre le seul Etat juif du monde », avait répondu jeudi le bureau de M. Nétanyahou.
Cette série d’échanges très virulents intervient à l’issue d’une semaine de fortes tensions entre Israël et l’Espagne. Après les mesures annoncées par M. Sanchez pour Gaza, l’ambassadrice espagnole a été rappelée d’Israël. Israël, de son côté, n’avait déjà plus d’ambassadeur à Madrid depuis la reconnaissance de l’Etat de Palestine par le gouvernement espagnol en mai 2024.