Israël accusé de mauvais traitements envers les passagers de la Flottille en détention

Publié le par FSC

Antoine Portoles
L'Humanité du 05 octobre 2025

En solidarité avec notre journaliste Émilien Urbach, ainsi que tous les membres de la flottille internationale Global Sumud, l'Humanité organise un rassemblement au siège du journal à Saint-Denis lundi 6 octobre à 18h30.© REUTERS/Susana Vera

 

*Plusieurs jours après l’arraisonnement des bateaux humanitaires par Israël au mépris du droit international, certains de leurs passagers, depuis relâchés et expulsés, affirment avoir subi des conditions de détention inhumaines et dégradantes. La militante suédoise Greta Thunberg serait particulièrement concernée.
Aux passagers de la Flottille internationale Global Sumud venus briser le blocus de la bande de Gaza, Israël répond par l’arbitraire et par la brutalité. Après que les bateaux ont été attaqués par Tel-Aviv mercredi et jeudi au mépris du droit international, plusieurs centaines de détenus continuaient de croupir dans les geôles israéliennes ce dimanche, dont 34 ont commencé une grève de la faim.
L’Espagne a annoncé le même jour que 21 de ses 49 ressortissants quittaient le pays. La veille, 137 des plus de 430 militants arrêtés, issus de 13 pays, ont été expulsés vers Istanbul (Turquie). À leur arrivée à l’aéroport, ils ont relaté des faits de violence commis par des soldats israéliens. L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme Adalah a corroboré ces témoignages, ajoutant que les femmes ont été plus sévèrement traitées que les hommes, de même que les personnes d’origine arabe.

Itamar Ben Gvir fanfaronne


« On est tous extrêmement inquiets. (…) Cette peur vire à la révolte que des humanitaires soient traités de cette manière », a confié Mandine Guillaume-Urbach, compagne de notre collègue Émilien Urbach et référente des familles de membres de la Flottille, lors d’un rassemblement devant l’hôtel de Matignon, dimanche 5 octobre. Revenu d’Israël, Paolo Romano, conseiller régional (Parti démocrate) de Lombardie en Italie et membre de la Flottille, a confié samedi à l’AFP avoir été témoin d’insultes et de moqueries.


« Ils ont utilisé à la fois la violence psychologique et physique », a-t-il expliqué. Lui et ses compagnons de route auraient été « traités comme des animaux ». Italien comme lui, le journaliste Lorenzo D’Agostino a qualifié ce traitement de « barbare ». Qu’à cela ne tienne pour le ministre israélien de la Sécurité nationale, le suprémaciste Itamar Ben Gvir, qui a préconisé dans une vidéo publiée sur X « de les garder ici pendant quelques mois (…) pour qu’ils puissent sentir l’odeur de l’aile terroriste » de la prison.
Sur une autre vidéo partagée sur les réseaux sociaux, on l’aperçoit pointer du doigt des passagers de la Flottille assis par terre au port d’Ashdod en les qualifiant de terroristes. L’impunité, encore perceptible dans une séquence où le ministre d’extrême droite fanfaronne devant plusieurs geôles de la prison de Ketziot – connue pour son traitement inhumain des Palestiniens –, où sont détenus des militants. Greta Thunberg y est toujours enfermée. Lorenzo D’Agostino a affirmé que la militante suédoise aurait été « enveloppée dans un drapeau israélien et promenée comme un trophée ».


Ersin Çelik va plus loin. Ce journaliste turc et lui aussi membre de la Flottille prétend qu’elle aurait été traînée par les cheveux et battue par des soldats israéliens. Des sévices niés par l’ambassade israélienne en Suède, bien que le ministère suédois des Affaires étrangères ait confirmé dans une missive adressée aux proches de l’activiste de 22 ans qu’elle manquait « d’eau et de nourriture » et qu’elle souffrait de piqûres causées par des « punaises de lit ». La diplomatie suédoise a exhorté Israël à faire respecter les droits fondamentaux des prisonniers.
La pression se joue aussi dans les rues : des centaines de milliers de personnes ont défilé ce week-end à Rome, Paris ou encore Madrid pour exiger la fin du génocide perpétré à Gaza. « Nous n’arrêterons jamais ! a scandé Hélène Coron, porte-parole de la délégation française de la Flottille, au sein du cortège parisien. Cette flottille-là n’est pas allée jusqu’à Gaza, mais nous en enverrons une autre, puis encore une autre, jusqu’à ce que la Palestine et Gaza soient libres. »

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