Israël : le parlement donne un premier feu vert à l’annexion de la Cisjordanie

Publié le par FSC

Pierre Barbancey
L'Humanité du 22 octobre 2025

 

Le texte visant à appliquer la souveraineté israélienne sur l’ensemble de la Cisjordanie, a été adopté en lecture préliminaire par 25 députés pour et 24 contre. Un faible écart de voix qui s’explique par la manœuvre du parti de Netanyahou, le Likoud, dont les élus se sont abstenus.© REUTERS/Ronen Zvulun/File Photo

 

Alors que le vice-président états-unien est sur place, la Knesset s’est prononcée pour l’examen de deux projets de loi visant à étendre la souveraineté israélienne dans le territoire occupé. « Nous ne sommes pas un protectorat des États-Unis », a déclaré Netanyahou.
Benyamin Netanyahou a bien compris que la partie qui se joue est serrée. Si, jusqu’à présent, le soutien des États-Unis lui a été totalement acquis, il sait que ce n’est plus totalement le cas, notamment parce que Washington, pour ses propres intérêts, a besoin d’associer les pays arabes et musulmans, y compris en autorisant une force multinationale à s’installer dans la bande de Gaza. Si J. D. Vance se trouve actuellement en Israël, c’est parce qu’il sent bien que, pour empêcher cette présence militaire arabe, Netanyahou est prêt à briser le cessez-le-feu au moindre prétexte.
D’où cette inhabituelle sortie du premier ministre israélien, ce mercredi 22 octobre, avant sa rencontre à Jérusalem avec le vice-président états-unien, via un communiqué : « Nous ne sommes pas un protectorat des États-Unis. C’est Israël qui décidera de sa sécurité. » Vance a reconnu que la route vers la paix était semée d’embûches, tout en s’efforçant de maintenir un ton optimiste. Est-ce que cela sera suffisant ? Rien n’est moins sûr, même si, après le président et le vice-président, le secrétaire d’État, Marco Rubio, se rendra sur place vendredi.

La Cisjordanie toujours dans le viseur


Car Israël semble maintenant décidé à passer la vitesse supérieure dans son projet. S’il lui faut oublier Gaza, il n’en est pas question s’agissant de la Cisjordanie. Le Parlement israélien (Knesset) s’est prononcé mercredi pour l’examen de deux projets de loi visant à étendre la souveraineté israélienne en Cisjordanie occupée, et ce en pleine visite de J. D. Vance en Israël.
Le premier texte, proposé par le chef du parti nationaliste Israel Beiteinou (opposition), Avigdor Lieberman, visant à étendre la souveraineté israélienne à Maale Adumim, une colonie de plus de 40 000 habitants située juste à l’est de Jérusalem, a été adopté par 32 députés contre 9.
Le second, proposé par le député d’extrême droite Avi Maoz, maintenant dans l’opposition après avoir appartenu à la coalition au pouvoir, visant à appliquer la souveraineté israélienne sur l’ensemble de la Cisjordanie, a été adopté en lecture préliminaire par 25 députés pour et 24 contre.


Un faible écart de voix qui s’explique par la manœuvre du parti de Netanyahou, le Likoud. Ses députés se sont abstenus, histoire de ne pas s’attirer les foudres de Donald Trump. Le 26 septembre, ce dernier affirmait : « Je ne permettrai pas à Israël d’annexer la Cisjordanie. » Quinze jours auparavant, le premier ministre israélien prévenait : « Il n’y aura pas d’État palestinien. »
En revanche, Washington et Tel-Aviv s’entendent pour ne pas se conformer au droit international. Ce 22 octobre, la Cour internationale de justice (CIJ) a estimé qu’« en tant que puissance occupante, Israël est tenu de garantir les besoins fondamentaux de la population locale, y compris les fournitures essentielles à sa survie ».
En conséquence, il était tenu de faciliter l’acheminement de l’aide à Gaza, notamment celle fournie par l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, l’Unrwa. Mercredi soir, le passage de Rafah était toujours fermé.

 

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