2 décembre : POUR un budget à la hauteur des urgences sociales !

Publié le par FSC

Naïm Sakhi
L'Humanité du 1er décembre 2025
 

 

CGT, Solidaires et FSU appellent, le mardi 2 décembre, à une journée d’action contre le budget 2026. L'intersyndicale dénonce la suppressions d’emplois, blocage des salaires et attaques contre les services publics.© Julien Jaulin/hanslucas

 

Ce 2 décembre, la CGT, Solidaires et FSU appellent à battre le pavé, alors que les discussions autour des lois de finances s’enlisent. Les perspectives austéritaires inquiètent les centrales, mais aussi le monde associatif.

Face à l’austérité, la CGT, Solidaires et la FSU ne désarment pas. Ce 2 décembre, les trois centrales syndicales appellent à une journée de mobilisation interprofessionnelle contre le budget 2026, pour les salaires et pour l’abrogation de la réforme des retraites. « Nous appelons à une journée d’alerte rouge », résume la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, alors que 160 manifestations et rassemblements sont attendus.
« Entre le 2 et le 9 décembre, l’Assemblée nationale examinera en seconde lecture le projet budgétaire de la Sécurité sociale (PLFSS), note la cégétiste. Lors de la première mi-temps de mobilisation, nous avons marqué des points. Nous entrons désormais dans une séquence décisive. »

4 000 suppressions d’emplois dans l’éducation nationale


Faute d’unité syndicale plus large et du fait d’une situation politique confuse due à l’enlisement des débats budgétaires, cette mobilisation s’annonce en deçà de celle du 18 septembre et de ses 1,1 million de personnes dans les rues.
Pourtant, malgré la non-suppression des deux jours fériés et l’abandon de la réforme de l‘assurance-chômage, les raisons de se mobiliser demeurent intactes. « Sous prétexte de faire des économies, les projets de loi de finances de l’État (PLF) et de la Sécurité sociale (PLFSS) n’ont qu’une seule ligne directrice : faire payer la crise aux travailleurs, aux jeunes et aux plus précaires », résume Julie Ferrua.
D’ailleurs, pour la codéléguée générale de Solidaires, « les exonérations de cotisations n’empêchent pas les délocalisations. Le groupe de médias régional Ebra va délocaliser sa plateforme téléphonique au Maroc pour dégager davantage de bénéfices aux actionnaires ».
Dans la fonction publique, « ces budgets n’impactent pas seulement 2026, mais mettent en péril notre capacité à maintenir notre cohésion sociale et d’envisager notre avenir », accuse Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU. Selon la fédération syndicale, 4 018 suppressions de postes sont à dénombrer dans l’éducation nationale.

Salaires bloqués et pouvoir d’achat en chute en 2026


« Les services publics sont mis à l’épreuve par des années d’austérité et les agents sont éprouvés par le manque de moyens et de reconnaissance, insiste la dirigeante. Or la démographie fait que nous allons devoir remplacer des générations de fonctionnaires partant à la retraite. Il faudra convaincre les jeunes de rejoindre nos métiers, avec une juste rémunération. »
Dans le privé, la question des salaires est aussi prégnante. « Dans le silence assourdissant, le patronat en profite pour mettre l’ensemble des NAO à 0 % d’augmentation. Le Medef organise l’austérité salariale dans les entreprises, s’agace Sophie Binet. Or une étude de l’OFCE montre qu’en 2026, il pourrait y avoir une baisse de pouvoir d’achat de 0,4 % pour les foyers, avec un impact récessif inquiétant sur l’économie. »


Présentes lors d’une conférence de presse au siège de la CGT, le 27 novembre, de nombreuses associations s’inquiètent des conséquences de nouvelles coupes austéritaires. « La mise en œuvre des politiques publiques en matière d’égalité femmes-hommes repose sur nos associations. En 2024, nous avons enregistré une hausse de 25 % de demandes d’aides venant de femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. Or en 2025, la baisse cumulée de nos subventions était de 2 millions d’euros », note Clémence Pajot, directrice générale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF). Ces structures ont dû fermer le quart de leurs permanences, « principalement dans les milieux ruraux, alors même que dans ces territoires les féminicides sont les plus importants ».

La Sécurité sociale victime d’une austérité organisée


Pas en reste, Sylvie Ben Jaber, de la Mutuelle familiale, déplore « un budget de la Sécurité sociale qui organise l’austérité sanitaire ». Et de fustiger la taxe sur les complémentaires de santé qui vise à prélever 1 milliard d’euros supplémentaires. « Chaque euro prélevé est un euro de cotisation supplémentaire pour les adhérents », prévient-elle.
Sur le plan de la santé, pour Sophie Binet, « ce n’est pas une formule rhétorique, on ferme des hôpitaux pour construire des obus. Le budget des hôpitaux baisse de 7 milliards, quand celui de l’armée augmente de 6,2 milliards ». Une perspective qui inquiète également Caroline Chauvé, qui note que pour la première fois « le budget de l’armée dépasse celui de l’éducation nationale et de la recherche. C’est un signal majeur ».
Alors que les débats budgétaires s’enlisent, la CGT appelle « les parlementaires à mener une opération grand nettoyage pour retirer l’ensemble du musée des horreurs » contenu dans les budgets initiaux. « Une loi spéciale n’est pas durable, elle pénalise les associations et la reconduction des crédits sera à la baisse (compte tenu de l’inflation). Nous ne souhaitons pas non plus que le gouvernement ait recours aux ordonnances. Mais nous voulons un budget qui répond aux urgences sociales du pays », résume Sophie Binet.

 

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