GAZA : prêtres contre le génocide
Critiquer un gouvernement n'est pas haïr un peuple.
Publication de Prêtres contre le génocide, le 15/02/2026
Critiquer un gouvernement n'est pas haïr un peuple ! Et confondre les deux ne fait que réduire au silence ceux qui osent s'exprimer.
C'est pourquoi nous faisons écho aux propos du cardinal Pizzaballa à propos de Francesca Albanese : « Figure très controversée, mais aussi très courageuse, capable de sensibiliser l'opinion publique au sort de Gaza et des Palestiniens… »
Nous dénonçons les tentatives actuelles de délégitimer Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les territoires palestiniens occupés, par une véritable campagne politique visant à détourner l'attention des véritables enjeux.
En effet, on lui attribue des propos qu'elle conteste elle-même, affirmant que ses paroles ont été déformées et que ses critiques visent la politique du gouvernement israélien, et non le peuple.
En tant que réseau « Prêtres contre le génocide », nous réaffirmons clairement que :
1. Nous défendons la liberté d’expression lorsqu’il s’agit de dénoncer les crimes et les souffrances de masse : à Gaza, des rapports font état d’environ 70 000 morts, même selon des sources israéliennes.
2. Nous sommes profondément préoccupés par les tentatives de transformer la lutte contre l’antisémitisme en un outil de répression de la dissidence politique. Les propositions actuellement débattues en Italie, qui invoquent la définition de l’IHRA, risquent, si elles sont interprétées de manière extensive, de confondre critique politique et haine raciale.
3. Nous nous alarmons du climat qui, dans plusieurs pays, restreint la liberté d’expression et d’association lorsqu’il s’agit de défendre le peuple palestinien.
4. Nous soutenons l’amitié avec les Juifs (en Terre sainte et dans la diaspora) qui ne cautionnent pas les politiques d’occupation et réclament justice.
5. Nous rappelons que des morts continuent de se produire à Gaza et que les violences des colons ainsi que les déplacements forcés de familles et de communautés s'intensifient en Cisjordanie : ces faits sont documentés par des sources du Saint-Siège et des agences des Nations Unies, et la situation ne cesse de s'aggraver.
6. Nous rappelons que des organisations de défense des droits humains faisant autorité – Amnesty International, Human Rights Watch et B'Tselem – ont qualifié ce système d'apartheid ; et que la Cour internationale de Justice a déclaré l'occupation illégale dans un avis de 2024.
7. Nous considérons comme légitimes les formes de pression non violentes, notamment les pressions économiques et culturelles, telles qu'elles ont été exercées en Afrique du Sud, pour isoler les politiques injustes et sauver des vies.
8. Nous exhortons tous les pasteurs et responsables chrétiens à ne pas confondre le respect de la culture juive et le soutien au sionisme. Dans la tradition chrétienne, il n'y a aucun lien entre l'attente du retour de Jésus et le soutien à un projet politique, surtout s'il entraîne la mort de tant d'innocents et le massacre d'une population.
Défendons le droit de dire la vérité. Partagez ce message.
Contribuez à faire connaître le réseau : invitez d’autres frères et même des évêques à lire et à signer le document commun.