« Toutes les maisons des villages adjacents à la frontière seront démolies » : le ministre israélien de la Défense annonce l'occupation du Sud Liban après la fin de la guerre

Publié le par FSC

Théo Bourrieau
L'Humanité du 31 mars 2026
 

 

L’ambassadeur israélien Danny Danon, tenant une carte du Sud Liban, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Liban, au siège de l’ONU à New York, le 11 mars 2026.© Radin Lev/SPUS/ABACA

 

Le Liban, où au moins cinq personnes ont été tuées dans de nouveaux bombardements, a annoncé saisir le Conseil de sécurité de l’ONU à la suite des actions israéliennes qui « menacent » sa souveraineté, selon les mots d’un ministre libanais. Mardi 24 mars, le ministre de la Défense du gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou, Israël Katz, avait annoncé que l’armée allait s’emparer d’une zone dans le sud du pays.


Israël confirme vouloir durablement occuper une partie du Liban même après la guerre dans laquelle le pays du cèdre a été entraîné à la suite du Hezbollah pro-iranien. « À la fin de cette opération, Tsahal (l’armé israélienne, NDLR) s’installera dans une zone de sécurité à l’intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu’au Litani », a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau mardi 31 mars.


Beyrouth a annoncé jeudi 26 mars saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour les actions israéliennes qui « menacent la souveraineté » du Liban. Une décision motivée par « le bombardement de la plupart des ponts du Litani », le fleuve qui sépare une partie du sud du reste du Liban, « le déplacement massif forcé des habitants » de cette région et « la progression des troupes israéliennes sur le territoire libanais, accompagnée de destructions (…) qui menacent la souveraineté du Liban et l’intégrité de son territoire », expliqué le ministre libanais de l’Information Paul Morcos.

Une véritable opération d’annexion du Sud Liban


Selon un nouveau bilan du ministère de la Santé, les bombardements israéliens ont depuis le début de la guerre illégale lancée par Benyamin Netanyahou et Donald Trump fait plus de 1 200 morts, dont 124 enfants, et plus de 3 600 blessés au Liban. Plus d’un million de personnes ont été déplacées. « Le retour au sud du Litani de plus de 600 000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d’Israël) ne seront pas garanties », a également affirmé Israël Katz ce mardi, prenant Gaza pour modèle.


« Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d’éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord », a-t-il ajouté.


À l’heure où Donald Trump alterne entre sortie diplomatique et solution militaire, Israël affiche de son côté sa détermination à intensifier ses opérations militaires au Liban. Une source militaire sur le terrain a déclaré à l’Agence France-Presse que l’armée israélienne avançait « un peu plus chaque jour mais lentement » dans la zone frontalière.
Sous couvert de se défendre contre le Hezbollah, une offensive terrestre a été ordonnée par Israël, suscitant les plus vives inquiétudes au regard du projet colonial du premier ministre israélien. Un cap avait déjà été franchi mardi 24 mars, avec le déclenchement d’une véritable opération d’annexion du Sud Liban.


Le même Israël Katz a alors annoncé que l’armée israélienne allait s’emparer d’une zone du territoire courant de la frontière jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. Une opération préparée les jours précédents par la destruction de nombreuses infrastructures dont des ponts indispensables aux populations civiles.
Du Litani au Zahrani, les bombes israéliennes, l’élargissement des ordres d’évacuation et la destruction des infrastructures accélèrent le déplacement des populations. Sur place, secouristes et habitants décrivent une guerre d’usure qui redessine progressivement la carte.

 

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