Canicule : la Fédération hospitalière de France exige des investissements pour la transition écologique
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Cécile Rousseau
L'Humanité du 1er juillet 2026
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| La dernière canicule a montré les limites des hôpitaux face aux vagues de chaleur extrêmes. © Sebastien ORTOLA/REA |
La Fédération hospitalière de France tenait une conférence de presse mercredi 1er juillet pour exiger plus de moyens pour la transition écologique des établissements publics dont une majorité est inadaptée aux températures extrêmes.
« Cette canicule agit comme un révélateur ». Mercredi 1er juillet, lors d’une conférence de presse, la Fédération hospitalière de France (FHF) est revenue sur les températures extrêmes de la semaine précédente qui sature toujours en ce moment les CHU et centres hospitaliers. Les fenêtres occultées par des couvertures de survie, les ventilateurs et climatiseurs mobiles installés à la va-vite n’ont pas empêché certains services de dépasser les 30, voire les 35 degrés.
« La chaleur a mis sous tension les bâtiments et les équipements avec des groupes froids en panne, des ascenseurs en panne, des centres de données surchauffés, indique Zaynab Riet, la déléguée générale de la FHF. Il y a besoin d’adaptations, non pas pour des questions de confort mais pour les conditions d’accueil des patients ».
1 milliard à 2,5 milliards d’euros par an jusqu’en 2050 pour s’adapter
Selon une enquête flash réalisée par la FHF auprès de 198 répondants du 20 au 28 juin, plus d’un tiers des établissements ont connu un pic d’activité aux urgences supérieur à 20 % et 12 % des établissements, un pic d’activité supérieur ou égal à 30 %. De son côté, la majorité des Samu ont fait état d’une hausse des appels de 10 % à 75 %. Avec 59,5 % des bâtiments vétustes en 2024 selon la Drees, de nombreux édifices datant des années 80 inadaptés face au réchauffement climatique, « ce qui doit être climatisé ou rafraîchi doit l’être », estime Zaynab Riet.
Si la ministre de la santé Stéphanie Rist a annoncé la semaine passée le doublement de l’enveloppe dédiée à la rénovation énergétique, passant de 300 millions à 600 millions d’euros parmi les 6 milliards d’investissements déjà prévus d’ici 2036, pour la FHF, le compte n’y est pas.
Selon la Fédération, ces 6 milliards permettent seulement de maintenir un taux d’investissement de 5,5 % par rapport aux recettes, là où il en faudrait selon elle, plutôt 7 à 9 % pour maintenir le patrimoine et renouveler les équipements des hôpitaux comme des Ehpad.
De son côté, un rapport de l’IGAS de 2024 avait également chiffré ce besoin pour adapter les structures publiques à hauteur de 1 milliard à 2,5 milliards d’euros par an jusqu’en 2050. Une ambition qui se heurte à une situation financière très dégradée des hôpitaux publics, avec 2,7 milliards d’euros de déficits cumulés en 2025. Sans attendre, la FHF propose donc de débloquer les 1,1 milliard d’euros de crédits « mis en réserve » dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026.
« S’il n’y a pas de plan massif d’investissement, nous serons dans l’incapacité de pouvoir adapter nos structures au changement climatique », a assuré Zaynab Riet. « Il faudrait commencer par le diagnostic : la plupart des établissements n’ont pas fait d’études de vulnérabilité, précise Rudy Chouvel, chargé de mission transition écologique pour la FHF, il faudrait également créer un « fond vert » doté de cinq milliards sur cinq ans, rénover, isoler et végétaliser les établissements… »
Si certains CHU en construction comme celui de Nantes (Loire-Atlantique) ne seront pas climatisés intégralement, ce qui avait suscité la polémique en pleine canicule du mois juin, d’autres établissements ont trouvé des solutions innovantes. L’hôpital d’ophtalmologie des « 15-20 » à Paris utilise ainsi depuis mai 2025 un système de climatisation durable alimenté par l’eau de la Seine refroidie via des centrales bas carbone.
