Son nom est Olga Bancic.
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Elle naît le 10 mai 1912 à Chișinău, alors située dans l’Empire russe, au sein d’une famille juive nombreuse.
À 12 ans, elle travaille déjà comme apprentie dans une fabrique de matelas. Lorsqu’elle participe à une grève contre les conditions imposées aux ouvriers, la police roumaine l’arrête, la frappe et l’emprisonne.
Elle continue pourtant de militer.
Arrêtée à plusieurs reprises, elle quitte finalement la Roumanie et s’installe en France en 1938. Elle aide alors les organisations qui soutiennent les républicains espagnols engagés contre le franquisme.
En 1939, Olga donne naissance à une fille.
Puis la France est occupée.
Olga rejoint les Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée, les FTP-MOI. En juillet 1943, elle intègre leur premier détachement sous le pseudonyme de « Pierrette ».
Son rôle n’est pas secondaire.
Elle gère un dépôt clandestin d’armement et transporte les pistolets, les grenades et les explosifs destinés aux groupes de combat.
Elle ne se contente pas de préparer les livraisons à distance.
Elle se rend elle-même sur les lieux des actions pour remettre le matériel aux résistants.
Chaque déplacement peut conduire la police jusqu’au dépôt, aux combattants et à sa petite fille.
Olga confie Dolorès à une famille française.
Le 16 novembre 1943, six inspecteurs de la Brigade spéciale numéro 2 l’arrêtent lors d’un rendez-vous clandestin avec Marcel Rajman.
Ce ne sont pas des policiers allemands.
Ce sont des policiers français.
Les inspecteurs veulent connaître l’identité de l’homme qui lui a confié les armes. Ils possèdent les preuves de son activité et cherchent maintenant à remonter jusqu’aux autres résistants.
« Je me refuse de vous donner le pseudonyme de cet homme. »
Le 27 novembre, elle est incarcérée à Fresnes. En février 1944, elle comparaît devant le tribunal militaire allemand avec les résistants qui seront associés à l’Affiche rouge.
Elle est la seule femme du groupe jugé.
Son visage, pourtant, ne figure pas sur l’affiche placardée dans Paris. Dix hommes y sont présentés par la propagande allemande comme des criminels étrangers.
Olga est condamnée à mort avec ses camarades.
Le 21 février 1944, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien.
L’occupant ayant pour règle de ne pas fusiller les femmes en France, Olga est séparée du groupe et transférée en Allemagne. Elle est emprisonnée à Karlsruhe, puis conduite à Stuttgart le 3 mai.
Le 9 mai 1944, elle écrit une dernière lettre à Dolorès.
« Sois fière de ta mère, mon petit amour. »
Elle confie le papier à l’inconnu qui le fera parvenir à son enfant après la guerre.
Le lendemain, 10 mai 1944, Olga Bancic est décapitée à Stuttgart.
Elle a exactement 32 ans.
Ses bourreaux l’avaient séparée des vingt-deux hommes parce qu’elle était une femme.
Son courage interdit désormais de la séparer de leur mémoire.
Ils lui avaient demandé un nom.
Elle protégea tous les autres par son silence