QUESTION de santé
Marc Hénée
L'Humanité du 18 juillet 2026
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| Le natto, préparation culinaire japonaise à base de soja fermenté par la bactérie Bacillus subtilis, est riche en vitamine K2-MK-7. © SAKAI000 / Istock |
Longtemps restée dans l’ombre de la vitamine D, la vitamine K2 joue pourtant un rôle essentiel dans la santé osseuse et cardiovasculaire. Une alliée discrète que l’on peut trouver dans l’alimentation, sans forcément passer par la case complément.
Elno, regretté chanteur des Négresses vertes, le clamait en 1988 : « Voilà l’été, voilà l’été »… duquel on doit profiter pour pallier la carence en vitamine D dont nous sommes globalement tous victimes. C’est par une exposition raisonnée aux dangereux UVB du soleil (entre 15 et 20 minutes en fin de matinée ou dans l’après-midi) que l’organisme va naturellement synthétiser cette précieuse provitamine aux multiples bénéfices, tant pour
le système immunitaire ou cardiovasculaire, que pour l’ossature ou les muscles.
Mais passé 50 ans, une autre vitamine doit lui être associée pour diriger le calcium vers les os. Sans cet apport, le calcium risque de s’accumuler dans les artères, favorisant leur rigidification et augmentant le risque d’accidents cardiovasculaires. Cette vitamine, c’est la K2. Sa forme chimique est la ménaquinone (MK), la MK-4 et la MK-7 étant les plus étudiées pour leurs effets potentiels sur la santé.
La carence en vitamine K2 prive l’organisme de son système de nettoyage calcique naturel, alors même que son rôle dans la prévention de la santé cardiovasculaire, la santé osseuse ou du métabolisme calcique est avéré par de nombreuses études, dont une parue dans la revue Nutrients.
L’alimentation plutôt que la supplémentation ?
Nombre de compléments alimentaires coûteux et aux origines parfois douteuses associent la vitamine K2 à la vitamine D, plus précisément la D3, celle synthétisée par l’organisme grâce à l’exposition aux rayons solaires… alors même qu’il est tout à fait possible de couvrir naturellement les besoins en K2 de l’organisme par l’alimentation.
Les bactéries nécessaires à la fermentation produisent de la vitamine K2-MK-7. On en trouvera par exemple des doses très concentrées dans le natto, préparation culinaire japonaise à base de soja fermenté par la bactérie Bacillus subtilis. Les fromages à pâte pressée sont les meilleures sources d’aliments occidentaux en vitamine K2.
C’est le cas du gouda vieux, talonné par le camembert, le munster et le brie. La vitamine K2 se concentrant exclusivement dans la matière grasse, évitez les versions allégées. Les abats, en premier lieu desquels le foie de volaille et plus particulièrement d’oie, sont d’excellentes sources de vitamines K2 dans la forme MK-4.
Les œufs de poules élevées au plein air et à l’herbe, et le beurre de pâturage, donc issu de vaches nourries à l’herbe sont aussi de bonnes sources de vitamine K2. Concluons cette liste par le célèbre miso issu du soja fermenté ou la choucroute artisanale. Si ces aliments restent des sources modestes en vitamine K2, elles vont nourrir le microbiote intestinal, lui-même capable de la produire. La nature est souvent bien faite.
