Déjà champion de la précarité, Uber met à la porte 10 % de ses effectifs et lance des robotaxis
Julia Hamlaoui
L'Humanité du 03 septembre 2026
Non content d’avoir inventé l’ubérisation du travail, Uber a annoncé mercredi 2 septembre son intention de se débarrasser de 10 % de ses effectifs. Objectifs affichés : « créer davantage de marge de manœuvre pour investir dans notre avenir »… sur le dos des employés. En perspective, les robotaxis dont un premier service doit être lancé à Londres ce jeudi en partenariat avec la start-up britannique de conduite autonome Wayve.
Avoir donné son nom à un modèle de précarisation massive du travail ne lui suffit pas, Uber n’a pas fini d’essorer ses employés. La plateforme, qui a réalisé 10 milliards de bénéfices nets en 2025, a annoncé mercredi 2 septembre son intention de mettre à la porte 10 % de ses effectifs. « Aujourd’hui, nous procédons à un certain nombre de changements organisationnels d’ampleur au sein d’Uber », a euphémisé Dara Khosrowshahi, le directeur général de l’entreprise américaine dans un message adressé à ses employés où il leur annonce que c’est à eux de payer la note des ambitions de robotisation de la boîte.
« Supprimer des niveaux hiérarchiques » et « simplifier les structures des équipes » sont les arguties managériales activées pour justifier les quelque 3 000 suppressions de postes chez ce géant du transport et de la livraison qui regroupe, avec ses filiales, « environ 34 000 collaborateurs » dans plus de 70 pays.
1,75 milliard économisé sur le dos des salariés
« Au cours des cinq dernières années et plus, Uber a connu une croissance exponentielle (…) nous sommes devenus une entreprise bien plus grande et plus solide », reconnaît le DG. L’heure n’est cependant pas au partage des fruits du travail : « Mais cette croissance s’est également accompagnée d’une complexité accrue », justifie Dara Khosrowshahi qui compte économiser 1,75 milliard de dollars par an sur le dos des salariés, selon les chiffres des analystes de WedBush Securities. La société a également annoncé la fin avec effet immédiat de ses activités au Nigeria et en Ouganda, et la restriction du télétravail pour ses employés avec une autorisation pour seulement « 1 % des collaborateurs ».
« Les changements que nous mettons en œuvre aujourd’hui visent deux objectifs : simplifier et accélérer le fonctionnement d’Uber, et créer davantage de marge de manœuvre pour investir dans notre avenir », a assuré son directeur général. Car Uber a l’ambition d’« innover dans l’ensemble de nos activités principales et (…) bâtir l’avenir de la conduite autonome ». Et ça commence dès ce jeudi 2 septembre à Londres.
La plateforme et la start-up britannique de conduite autonome Wayve doivent y lancer un service commercial de robotaxis, qui circuleront avec un opérateur de sécurité à bord. L’une et l’autre n’ont pas précisé quand des véhicules entièrement autonomes pourront être déployés mais c’est bien la finalité : se passer des humains.
