25 AOUT 1944 PARIS se libère

Publié le par FSC

Discours pour la commémoration de la libération de Paris 25 août 2026

Publié le 25 Août 2026 par CGT Cochin in Actualité, Histoire, Luttes nationales

Discours pour la commémoration de la libération de Paris 25 août 2026

Mesdames, Messieurs,
Chers camarades,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage aux femmes et aux hommes qui, dans les hôpitaux comme ailleurs, ont donné leur vie pour que nous vivions libres.

Le 25 août 1944, à l’initiative du peuple parisien, Paris était libéré du joug nazi et du régime de Vichy.

Cette journée appartient à notre histoire. Mais elle n’est pas seulement une commémoration. Elle est aussi un rappel : celui de ce que des femmes et des hommes ont été capables de construire lorsque, après les années de guerre, d’occupation et de collaboration, ils ont voulu donner à la République un nouveau souffle.

À la sortie de la guerre, la France était ravagée, meurtrie et appauvrie. Pourtant, dans ces circonstances terribles, des femmes et des hommes, réunis au sein du Conseil national de la Résistance, ont porté un projet de transformation profonde de notre société.

Le programme du CNR ne se résumait pas à reconstruire des bâtiments ou des infrastructures. Il s’agissait de reconstruire une République plus juste renouant avec les idéaux de la Révolution.

C’est dans cet esprit qu’ont été mises en place la Sécurité sociale, les retraites par répartition, la protection maternelle et infantile, et un vaste système de protection sociale permettant à chacun de pouvoir vivre dignement et de faire face aux grands risques de l’existence.

C’est aussi dans cet esprit que furent nationalisées des entreprises et des secteurs stratégiques, notamment dans la presse, dans les domaines bancaire, énergétique et industriel.

Derrière toutes ces décisions, il y avait une idée profondément républicaine : le bien commun doit primer sur les intérêts particuliers.

Cette idée, la « vertu républicaine »,  mérite aujourd’hui d’être rappelée.

Car l’héritage du Conseil national de la Résistance fait l’objet d’attaques répétées. Ce qui avait été conçu comme un patrimoine collectif est progressivement présenté comme une charge, une dépense, un archaïsme qu’il faudrait réduire ou démanteler.

Et parmi les institutions qui subissent cette logique, il y a notre hôpital public.

Nous le savons : depuis des années, les personnels hospitaliers alertent sur le manque de moyens, le manque de lits, le manque de soignants, l'épuisement des équipes et la dégradation des conditions de travail.

L’été caniculaire de 2026, qui a déjà fait 7300 morts en France, a une nouvelle fois été révélateur de l’état de délabrement de nos hôpitaux et de notre système de santé. Quand les températures deviennent extrêmes, ce sont les mêmes personnels qui doivent faire face, souvent avec des moyens insuffisants, à l’afflux de patients et aux conséquences sanitaires du dérèglement climatique.

Et pourtant, alors que notre hôpital manque de moyens, que nos soignants manquent de bras et que tant de patients attendent des soins dans des conditions toujours plus difficiles, d’autres choix budgétaires sont faits.

Des sommes considérables sont consacrées à l’augmentation des dépenses militaires et à la préparation d'une guerre rejetée par la grande majorité des Français, jusqu’à voir apparaître des documents élaborés conjointement par les ministères des Armées et de la Santé afin de préparer les établissements et les soignants à accueillir un afflux de soldats blessés en cas de conflit majeur.

La question que nous devons nous poser est simple : quelle société voulons-nous construire  et pour quel avenir?

Une société qui se prépare à soigner davantage de blessés de guerre tout en laissant son hôpital public se dégrader ?

Une société qui accepte de réduire les moyens consacrés à la santé tandis que les dépenses militaires explosent ?

Ou une société qui considère que protéger la population, c’est d’abord lui garantir l’accès aux soins, à la prévention, à la protection sociale et à des services publics dignes de ce nom ?

Commémorer la Libération de Paris, ce n’est pas seulement regarder vers le passé.

C’est aussi se demander ce que nous faisons aujourd’hui de l’héritage du Conseil National de la Résistance, de celles et ceux qui ont résisté.

Les résistants de 1944 ne se sont pas battus uniquement pour changer un drapeau sur les bâtiments publics. Ils se sont battus pour la liberté, pour la République, pour la dignité humaine et pour la possibilité de construire un monde différent de celui qui avait conduit au désastre.

À nous, aujourd’hui, de ne pas laisser cet héritage disparaître.

À nous de défendre l’hôpital public.

À nous de défendre la Sécurité sociale et la protection sociale.

À nous de défendre les services publics et les biens communs.

À nous de faire vivre cette conviction fondamentale : la République n’est véritablement libre que lorsque chacune et chacun peut y vivre dignement.

En ce 25 août, souvenons-nous de celles et ceux qui sont tombés pour libérer Paris.

Souvenons-nous des résistantes et des résistants.

Souvenons-nous des soignantes et des soignants qui ont payé de leur vie leur engagement.

Et surtout, faisons en sorte que leur sacrifice ne soit pas seulement honoré par des discours et des cérémonies.

Faisons vivre l’héritage du Conseil National de la Résistance  

Car la meilleure manière d’être fidèles à celles et ceux qui ont libéré Paris, c’est encore de continuer, aujourd’hui, à défendre la liberté, l’égalité, la fraternité et la République.

 

Aglawen Vega

Secrétaire Générale de la CGT Cochin

 

 

 

 

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