De l'argent il y en a !

Publié le par FSC

Lionel Venturini
L'Humanité du 25 septembre 2026

 

Les créneaux de construction des grands chantiers navals sont réservés pour au moins deux ans, et il y a actuellement 67 superyachts de plus de 70 m en construction.
© Beata Zawrzel/ZUMA Press Wire


 

118 superyachts - au-delà de 24 mètres de longueur - d’une valeur totale estimée à 4,6 milliards d’euros sont exposés à Monaco jusqu’au 26 septembre 2026, rendez-vous nautique annuel d’un secteur florissant qui s’enrichit chaque année de 200 nouveaux grands yachts. Un reflet de la bonne santé financière des milliardaires.
Le plus gros cette année est le Leviathan, 111 mètres de long, avec son propre hôpital à bord. Jusqu’à samedi, 118 superyachts – c’est-à-dire dont la longueur de coque excède 24 mètres – sur les quelque 6 400 de par dans le monde sont exposés dans la principauté de la Côte d’Azur.


Un secteur florissant, à l’image de la santé financière des milliardaires, pour qui un méga yacht reste le signe ultime de richesse que l’on montre ; un yacht ne passe en moyenne que 10 % du temps à naviguer, selon le Sybass, le syndicat mondial des constructeurs. Il passe en revanche 56 % du temps au port, 34 % au mouillage. Les créneaux de construction des grands chantiers navals sont réservés pour au moins deux ans, et il y a actuellement 67 superyachts de plus de 70 m en construction – contre 18 seulement en 2006, selon un rapport de la plateforme BOATPro.


Un secteur où le fonds d’investissement Blackstone entend devenir un acteur majeur, rachetant à tour de bras marinas, chantiers et brokers (les courtiers spécialisés dans l’achat, la vente et la location de yachts). En Europe, le fonds US se concentre sur la Méditerranée occidentale. Il faut le comprendre, entre la guerre en Ukraine qui freine les mouvements des oligarques russes, l’insécurité en mer Rouge et les tensions dans le Golfe Persique, difficile de trouver un havre de paix où naviguer.

« Sur ce type de marché, l’argent n’est pas un problème »


Qu’on se rassure, ce Monaco yacht show est sous le signe de l’environnement et la réduction des émissions des énormes moteurs qui propulsent ces géants des mers. « Sur ce type de marché, l’argent n’est pas un problème, admet un acteur du secteur. Ce qu’il manque encore c’est la prise de conscience. Il faut avoir envie de réduire ses émissions de particules et autres polluants » a déclaré Ivo van den Berg à Nice-matin.
Ce n’est pas encore gagné ; cet été à Ramatuelle, devant la plage de Pampelonne, un espace prisé en grande partie encore sauvage de 4,5 km de long, des yachts ont boudé les 160 bouées et coffres d’amarrage (des mouillages payants) posés pour préserver les fonds marins, pour préférer s’amarrer plus loin de la plage, là où c’est gratuit. Même pour un milliardaire, il n’y a pas de petites économies.

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