L’ULTRA DROITE EFFACE LE NOM DE RENÉ VAUTIER DU CINÉMA D’ELNE

Publié le par FSC

 
 
 
 
 
 

 
Le nouveau maire d’ultra droite d’Elne, après s’être débarrassé de « Cinémaginaire » débaptise le cinéma “René Vautier” pour le renommer «la bobine illibérienne”. “René Vautier” est évidement un nom qui dérange l’ultra droite dixit le maire, qui ne se réfère qu’à Wikipedia, au conseil municipal du 22/09/26 « c’est un communiste, anticolonialiste, qui a soutenu le FLN. » Quel raccourci pour raconter Vautier!
Quelle décision idéologique et politique indigne!
René Vautier est avant tout un réalisateur de cinéma indépendant et franc tireur refusant le système! Résistant communiste, décoré de la croix de guerre par le Général De Gaulle, il refusa et dénonça le colonialisme français dans de magnifiques films ou documentaires comme « Afrique 50 » et « Avoir 20 ans dans les Aurès » (primé à Cannes René n’a d’ailleurs pas été cherché la récompense).
Un homme libre qui ne fit aucune concession, ni au va-t-en guerre de l’Algerie Française, ni au FLN qui voulait le « récupérer ». D’ailleurs René nous avait raconté ses déboires avec le front de libération nationale.
Il existe peu de salles en France qui portent le nom de ce patrimoine du cinéma français, de ce monument!
Débaptiser le cinéma d’Elne pour l’appeler « La bobine illibérienne » est un acte indigne, un nouveau marqueur d’extrême droite pour notre ville d’Elne. Une tâche que je n’espère pas indélébile. Le groupe d’opposition au Conseil Municipal va lancer une pétition nationale et locale.
PCFPyrénées Orientales
Le cinéma d’Elne, baptisé René Vautier en hommage au cinéaste, réalisateur, scénariste, engagé et récompensé, va changer de nom. C’est la décision du nouveau maire d’extrême droite, Steve Fortel, qui a suscite une vive polémique. Devant son conseil municipal, l’édile s’est défendu ce 22 septembre 2026 de « ne pas vouloir politiser la culture ».

Après avoir retiré dès le lendemain de son élection, les couleurs du drapeau arc-en-ciel (symbole de la communauté LGBT +) du passage piéton qui menait au cinéma de sa commune. le maire d’extrême droite d’Elne, Steve Fortel, s’attaque désormais au lieu de culture en lui-même. La ville, ancien bastion communiste passé à l’extrême droite lors des dernières municipales de 2026, va voir son cinéma changer de nom.

Cette structure culturelle baptisée, depuis 20 ans, « René Vautier », deviendra « La bobine illibérienne ». René Vautier (1928-2015) était un réalisateur, documentariste et scénariste français, figure majeure du cinéma politique et engagé de l’Hexagone. Entré en Résistance à 16 ans, décoré de la croix de Guerre, il revendiqua ses positions anticolonialistes. Il fut également un soutien du FLN, le front de libération nationale, mouvement politique et militaire pour l’indépendance de l’Algérie. René Vautier réalisa le court-métrage, Afrique 50 (1950), considéré aujourd’hui encore comme le premier film anticolonialiste français, interdit de projection pendant plus de 40 ans. Son œuvre, Avoir vingt ans dans les Aurès (1972), qui revenait sur le quotidien des jeunes appelés pendant la guerre d’Algérie, avait été récompensé au Festival de Cannes. René Vautier était donc un homme éminemment engagé.

C’est là tout ce que lui reproche le nouveau maire d’extrême droite, Steve Fortel. Lors du conseil municipal ce 22 septembre 2026, alors que les élus d’opposition dénonçaient ce changement de nom, le nouvel édile tonnait : « Je veux donner un nouvel élan à ce cinéma qui ne ressemblera plus à l’ancien. Et je ne souhaite pas politiser la culture ». Sauf que René Vautier est, d’après Wikipedia, « un réalisateur et scénariste français, communiste, anticolonialiste et cinéaste du FLN algérien ».

« Je ne veux pas de connotation politique. Avec la Bobine illibérienne, je reste neutre ». Derrière la quête de neutralité affichée, l’édile assurait aussi que « si demain, je dois retirer d’autres noms de rues ou d’endroits de gens qui ont soutenu le FLN, je le ferais ».

René Vautier, qui n’était pas un membre encarté du FLN, ne se résumait pas à cet engagement. C’est en tout cas ce qu’a plaide sa fille, signataire d’une lettre qui a été lue par le conseiller municipal d’opposition Roland Castanier, lors de celle séance plénière : « Tout au long de sa carrière, il a réalisé ou participé à plus de 180 films, dont nombre fut censurés, interdits ou empêchés de diffusion. En 1973, il entreprit une grève de la faim pour détendre la liberté de création et s’opposer à la censure. Il s’est aussi engagé en faveur de l’expression régionale et d’un cinéma ancré sur les territoires. Toute son existence témoigne d’une même conception du cinéma: un outil d’émancipation, de transmission, de mémoire et de résistance face aux injustices et au silence imposé ».

La descendante du cinéaste défendant que ce changement de nom ne serait pas un simple acte administratif. « Mais ce serait effacer de ce lieu de culture populaire, le nom d’un résistant, d’un cinéaste dont toute l’œuvre fut précisément consacrée à faire vivre la mémoire et la liberté de création ».

La majorité du maire d’extrême droite a tranché. Le cinéma est bel est bien débaptisé. L’engagement s’efface, au profit de la neutralité.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 24 septembre 2026)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article