Européennes : sondage sur le comportement électoral des syndiqués
ci-après les résultats d'un sondage publié dans l'Humanité du 28 mai.
Des résultats sur le comportement électoral des adhérents des syndicats qui son effectivement inquétants.
ALORS?
Certes l'appartenance syndicale est relevée comme une certaine forme de protection au vote FN.
Mais l'on ne peut se satisfaire des explications formulées par selon lequel au fonds une bonne communication sur les vrais objectifs du FN suffirait.
NON!
Ce qui est en cause ce sont aussi l'activité ET l'orientation des organisations syndicales souvent englobées dans le fonctionnement institutionnel dont elles ne se distinguent pas quand monte le refus et la colère contre le "système"!
Et c'est bel et bien le bilan de ces 20 dernières années et les orientations suivies qui doivent être mis sur la table.
Car par exemple pour s'en tenir à cela comment maintenir l'illusion d'une Europe sociale à construire de l'intérieur quand les travailleurs voient bien que c'est par construction que l'Union européenne est anti-sociale, anti-ouvrière et un instrument essentiel de la défense des privilèges de l'oligarchie?
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L'Humanité mercredi 28 mai 2014
Les syndicats face à la vague FN
D'après un sondage Ifop pour l'Humanité, les Français proches d'un syndicat ont moins donné leur voix au FN que l'ensemble de la population, le 25 mai.
Mais le vote en faveur du parti d'extrême droite progresse.
A lors que le parti d'extrême droite a récolté 30% des suffrages chez les salariés, créant une véritable onde de choc, ceux qui se disent sympathisants ou membres d'une organisation syndicale lui donnent moins volontiers leurs suffrages.
C'est ce qui ressort d'un son- dage Ifop/l'Humanité réalisé après les élections européennes. 25 % des personnes qui ont une proximité syndicale ont voté pour le FN, contre 34 % des salariés éloignés des syndicats.
Pour Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'Ifop, « le Front national a compris que les organisations syndicales sont une forme de barrage, c'est pour cela qu'il n'hésite pas à les fustiger, en stigmatisant les syndicalistes coupés de la société.
Les salariés isolés, précaires ou fragiles, restent plus sensibles à ce discours. Ils ont une conscience de classe moins développée ». Si on observe ces résultats à la loupe, syndicat par syndicat, le vote FN gagne du terrain partout.
CGT
A la CGT, il [FN]est en progression avec 22 % des suffrages exprimés, contre 16 % lors de l'élection présidentielle.
Un résultat qui s'explique en partie par le fait que le syndicat recueille traditionnellement le vote ouvrier.
Vote qui s'est largement reporté sur le Front national pour les européennes.
Sans surprise, le Front de gauche reste en première position chez les proches de la CGT avec 30 % des voix. ↑
Autres syndicats
L'organisation syndicale qui vote le plus pour la formation de Marine Le Pen est Force ouvrière, avec près de 33 % des sympathisants qui ont glissé un bulletin dans l'urne en faveur du FN.
Pour Jérôme Fourquet, « Dans ce syndicat hétérogène, une partie des proches de la droite historique ont été récupéré par le FN. Le syndicat fait le grand écart entre le Front de gauche, qui est à 11 %, et l'extrême droite. »
Solidaires n'est pas en reste avec près de 27 % des suffrages pour le parti des eurosceptiques.
Quant aux proches des autres syndicats, la CFTC, de la CFE-CGC et l'Unsa, classiquement plutôt étiquetés à droite, leurs adhérents amorcent un virage vers le FN. IIs sont 29 % à se prononcer pour lui, contre 17 % pour l'UMP.
Du côté de la CFDT, c'est le Parti socialiste qui arrive en tête avec 29 %, viennent ensuite le Front national (17 %) et le Modem-UDI (16 %).
« Le vote Front national se renforce chez tous les syndicats depuis la présidentielle, observe Jérôme Fourquet. Il y a un rejet du politique et une crise de confiance au sein du monde du travail. Des pans entiers du salariat sont en déshérence. »
De fait, l'abstention a atteint des sommets chez les salariés lors de cette élection, soit près de 64 %.
Là encore, le syndicat joue un rôle de rempart. 53 % des salariés proches d'une organisation n'ont pas voté, contre 69 % pour ceux qui ne se réclament d'aucun syndicat. A la CGT, 52 % des sympathisants se sont abstenus, contre 61 % chez FO, qui obtient le plus fort taux.
Pour Pascal Debay, conseiller confédéral CGT en charge de la lutte contre l'extrême droite,
« Même si ce n'est pas une surprise, on ne peut se satisfaire du score du vote FN. Avec la hausse du chômage et les politiques d'austérité, nous vivons dans une société dépressive . Ce parti veut apparaître comme une nouvelle offre politique en prétendant répondre aux besoins des salariés alors qu'il s'agit d'une imposture. Ils profitent aussi du vide laissé à la gauche de l'échiquier politique. Et utilisent les slogans, les idées de la CGT pour récupérer la colère sociale. C'est à nous de montrer qu'il ne s'agit que d'une façade, d'un objet de communication. Nous ne devons pas baisser la garde. »
Avec la FSU et Solidaires, la CGT a lancé depuis janvier une action commune pour lutter contre les idées du Front national.
« Il faut travailler ces questions sur la durée avec nos syndiqués, sans les culpabiliser. Tout en revenant aux fondamentaux, en leur expliquant à quoi sert le syndicalisme. D'après le sondage, les organisations syndicales ayant entamé cette démarche sont moins touchées que les autres. »
■ par Cécile Rousseau