L'agression continue : Le Medef demande le non-remboursement des arrêts maladie de courte durée

Publié le par FSC

L'Humanité du 22 septembre 2026

Patrick Martin à la « Fête de l’Humanité », le 11 septembre 2026.
© Firas Abdullah/ABACAPRESS.COM

 

Patrick Martin, le patron du Medef, suggère un non-remboursement des arrêts maladie de courte durée, considérant qu’ils sont largement abusifs tandis que les études pointent plutôt vieillissement et aggravation des conditions de travail.
Cela aurait à ses yeux un « effet comportemental » : le président du Medef Patrick Martin a plaidé mardi 22 septembre 2026 pour un non-remboursement des arrêts maladie de courte durée. Le patron des patrons, sans surprise, met ses pas dans ceux du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, lequel a annoncé vendredi dernier le lancement prochain de discussions avec les partenaires sociaux sur la question des arrêts maladie, alors qu’un récent décret, publié samedi 13 juin, limite déjà la durée des arrêts prescrits aux salariés et de leur renouvellement.

« Plus remboursés ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé »


« Bien sûr qu’il faut faire des économies » dans ce domaine, a considéré Patrick Martin, « parce qu’au-delà de l’effet de base, il y a un nombre d’arrêts maladie de courte durée qui augmente d’une manière parfois suspecte ». Et tant pis si, selon une étude de l’assureur Axa, les causes principales de la hausse de ces arrêts constatée depuis 2019 sont le vieillissement, l’allongement des carrières qui expliquent 60 % de la hausse des indemnités, ou que la durée moyenne des arrêts augmente (notamment pour les cadres et les jeunes de moins de 30 ans), tirée par la santé mentale (38 % des arrêts longs) et les risques psychosociaux.


De son côté, la CNAM a effectué un constat similaire en 2025, mesurant entre 2010 et 2023 une croissance structurelle des arrêts maladie liée à l’augmentation de la population active et à son vieillissement, dégradation des conditions de travail et exposition accrue à des pénibilités physiques et psychosociales.
N’oubliant pas d’où il parle, Patrick Martin a prévenu : « si c’est pour faire supporter aux entreprises et aux salariés, à travers les complémentaires santé, ce que l’assurance maladie de base ne prendrait plus en charge, ça ne va pas ». Non, ce qu’il prône, ce sont « des arrêts maladie dits d’ordre public, c’est-à-dire qui ne soient plus remboursés ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé ». Soit la définition même des jours de carence.

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