Pour couvrir Benyamin Netanyahou et des militaires américains, Donald Trump préparerait des sanctions contre la Cour pénale internationale
Gaël De Santis
L'Humanité du 21 septembre 2026
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| Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 18 septembre 2026. © Samuel Corum / Pool via CNP |
Selon le « Wall Street Journal », l'administration des États-Unis serait prête à prononcer des sanctions généralisées contre la Cour pénale internationale. Le locataire d'extrême droite de la Maison-Blanche couvre ainsi son allié, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et des militaires américains, qui font l'objet d'une enquête pour leurs actions passées en Afghanistan.
Les États-Unis sont réfractaires à toute institution chargée de faire respecter les droits de l’homme. Selon le quotidien économique The Wall Street Journal, l’administration de Donald Trump serait sur le point d’imposer des sanctions contre la Cour pénale internationale, l’institution chargée de juger les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de génocide.
Selon les sources du journal, les sanctions seraient prêtes. Cela permettrait notamment au Trésor américains d’interdire à toute entreprise ou ressortissant étatsuniens de fournir des prestations à la Cour. Cela entraverait les besoins en services bancaires, d’assurance ou d’informatique de la CPI.
Benyamin Netanyahou est visé par une enquête depuis 2024
Une telle annonce ne serait pas une surprise : en juillet, Marco Rubio, le chef de la diplomatie de la première puissance mondiale, avait annoncé une campagne pour isoler la Cour. « À l’heure où nous parlons, la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays, non pas à coups de balle ou de missile, mais à coups de statut, de traité et de la force de ce qu’on appelle le “droit international” », avait lâché le secrétaire d’État américain. Objectif de l’opération : faire en sorte que d’autres pays retirent leur soutien à la CPI.
Plusieurs juges de la Cour sont déjà sous le coup de sanctions. C’était le cas de Karim Khan, le procureur général avant qu’il ne quitte ses fonctions après avoir été accusé d’agression sexuelle. Le Français Nicolas Guillou est également concerné. La présidente Tomoko Akane, elle-même visée, a prévenu fin août qu’elle ne « baisserait pas les bras ». En juin dernier, trois juges, une canadienne, un Ougandais et une Béninoise, ont déposé plainte contre le président Donald Trump et certains membres de son administration, estimant que de telles sanctions exerçaient une « pression extrajudiciaire ».
Par son action, Washington entend couvrir les crimes commis par ses alliés. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est visé par une enquête depuis 2024, tout comme certains soldats états-uniens poursuivis pour leurs actions en Afghanistan.
La CPI a été instituée en 2002, à la suite de l’entrée en vigueur du Statut de Rome, adopté quatre ans plus tôt. 125 capitales reconnaissent son autorité, mais ni les États-Unis ni Israël. Ces derniers mois, les pays européens ont annoncé qu’ils défendraient la CPI. Jusqu’où sont-ils prêts à affronter Washington ?

