Le revenu universel : une roue de secours du capitalisme !
Le débat sur un revenu minimum universel n'est pas nouveau.
Nous n'entrerons pas dans les arcanes qui opposent différentes écoles et déclinaisons de l'idée de base.
Intervenue dans la campagne des primaires du PS et reprise largement dans les médias elle prend le large des débats proprement théoriques pour s'inviter dans les enjeux politiques, sociaux, syndicaux.
Enjeux qui touchent de très près à la question du travail et par conséquent au financement de la protection sociale qui notamment depuis les grandes réformes/révolutions de 1945 mises en place par Ambroise CROIZAT appuyées par un puissant mouvement social animé par une puissante CGT.
On peut toujours arguer en faveur du revenu de base qu'il y a des propositions de droite et social démocrate et qu'il y a des propositions de gauche, anti-capitalistes qui s'inspirent par exemple des Grundisse texte dans lequel Marx imagine le développement d’une société où l’humanité sera sortie du salariat et où les machines seules assureront la création de richesses, qui seront reversées sous la forme d’un « revenu socialisé universel ».
En tout cas s'agissant de B. Hamon, rocardien, familier des coulisses et des habitudes de la rue solférino le doute n'est pas permis.
Le revenu universel est devenu la coqueluche de "nos" médias. Car même si c'est pour en désigner le caractère irréalisable c'est pour en imposer la thématique dans le débat des présidentielles, sans donner par ailleurs la parole à ses opposants véritablement à gauche comme c'est le cas de Bernard FRIOT!
Benoît HAMON s'est emparé de la question à l'instar de F. HOLLANDE dans la campagne des présidentielles avec sa taxe à 75% sur les revenus supérieurs à un million d'euros comme marqueur de gôche!
On sait ce qu'il est advenu de ladite taxe arrivé au pouvoir!
Et par ailleurs ledit revenu a ses soutiens également à droite comme l'association Aire, Rama Yade ou le député Les Républicains Eric Woerth ou le think tank libéral "Génération" libre
Ses détracteurs de droite se montrant eux inquiets fut-elle apparente de la mise en cause de la nécessité de la réduction drastique de la dépense publique.
il n'en demeure pas moins qu'avec le revenu universel c'est le sens même de la proposition qui pose problème, sa philosophie, son mode de financement les risques évidents de la destruction du lien entre travail et financement de la protection sociale.
Le revenu universel ça n'a rien à voir avec le SALAIRE UNIVERSEL !
L'idée de base des tenants du revenu universel en tout ca c'est le cas de B. HAMON, c'est que le travail (l'emploi?) va dépérir inexorablement avec la révolution numérique, la robotisation ...
Or,
Ce fut le cas dans les années 1930 une époque où beaucoup d'économistes affirmaient que le travail allait disparaître. Ce fut aussi le cas pendant ce qu'on a appelé la crise pétrolière, en 1973-1980 : beaucoup pensaient que les destructions d'emplois liées à la fin de l'énergie -facile étaient inéluctables.
Dans les deux cas, ils se sont trompés."
Jean-Marie Harribey remarque : "Malgré le développement des formes de travail précaires et de l'autœntrepreneuriat, on observe plutôt une permanence du salariat : le travail indépendant ne représente que 10 % de l'emploi total. "
C'est donc que l'argument revêt une fonction idéologique afin de masquer d'autres intentions!
CASTEL
Ou se battre, comme le préconisait Robert Castel, pour préserver cette " grande conquête de l'histoire sociale depuis la fin du XIXe siècle " que représente l'articulation entre le travail, les droits et les protections ? Si Benoît Hamon est le candidat du PS, le débat rythmera sans doute la campagne présidentielle.
PATRON d'AXA
"Dans cette société qui se transforme, il faut diminuer l'inquiétude des concitoyens, et imaginer de nouveaux systèmes de protection ", a lancé Henri de Castries, mardi 24 janvier, devant un parterre de dirigeants.
Le très libéral M. de Castries n'est pas seulement l'ancien patron d'Axa, c'est aussi l'un des soutiens affichés de François Fillon pour la campagneprésidentielle.
Et donc qu'il convient de substituer au salaire un revenu de base. Cette mesure ou cette volonté annoncée apparaissant comme relevant donc d'une forte préoccupation sociale, se souciant en premier lieu de ceux d'en bas, des exclus du marché du travail et prioritairement des jeunes et des bas salaires.
Le financement du revenu universel : une volonté et des conséquences cachées
C'est dans la Tribune du 24 Janvier françois Charpentier qui remarque :
"C'est finalement parce-qu'ils sont conscients d'être dans une impasse
qu'à gauche, comme quelque fois à droite, des voix s'élèvent pour qu'on sorte de la crise de financement de la protection sociale à laquelle on assiste actuellement, en changeant de système. D'où le débat sur le revenu universel d'existence
HAMON sur France 2 le lundi 30 janvier évoque la nécessaire adaptation de la protection sociale
Il y a dans ce quinquennat des éléments positifs
Dans le Monde du 1er février
Benoît Hamon veut procéder par étapes – il propose, dans un premier temps, de revaloriser le RSA et de l'étendre aux jeunes de 18 à 25 ans –, mais il n'hésite pas à évoquer, à l'avenir, une véritable " révolution " : le revenu universel sera la " Sécurité sociale du XXIe siècle ", voire le nouveau " pilier de la protection sociale ", promet-il.
texte signé par PIKETTY dans un récent article du Monde
Fondamentalement ce texte vise à donner crédit à la compétence à gouverner de B. HAMON
Benoît Hamon fait face, parce qu’il porte cette proposition, à un procès en incompétence gouvernemental
Correctement conçu et précisé, le revenu universel d’existence peut constituer un élément structurant de la refondation de notre modèle social.
Concrètement, la question du revenu universel se pose avant tout pour les jeunes et pour les bas salaires.
Pour toutes les personnes disposant d’un emploi stable, le complément de revenu doit être versé de la façon la plus automatique et universelle qui soit
Et, contrairement aux allégations de ceux qui confondent solidarité et farniente, il peut être instauré au profit de la revalorisation du travail et des bas salaires, qui profiteront au travers de ce revenu d’un véritable droit à la formation et d’une augmentation automatique de leur salaire net
LES CONDITIONS
REVEIL COMMUNISTE
Et la mesure phare du misérable "revenu universel d'existence" caractérise bien l'idée méprisante qu'il se fait des classes populaires : une vulgaire clientèle de patronage. Les classes populaires veulent des emplois réels, bien rémunérés, et non le chômage à vie en échange de la résignation. Elle rejetteront l'appât avec mépris!
MARX dans les GRUNDISSE
Dans les Grundrisse, Marx prédisait qu’arriverait un moment où le savoir accumulé au fil de l’histoire par l’ensemble de la société serait le cœur de la création de valeur. Avec l’avènement de l’économie de l’immatériel, nous y sommes, affirment ses lecteurs. Et, dès lors, le capitalisme ne peut que devenir de plus en plus agressivement parasite : il ne fait plus que s’approprier des compétences développées en dehors de lui et inséparables des personnes, lesquelles, de surcroît, n’ont pas besoin de lui pour les mettre en œuvre.