CGT : Marie Buisson peine à s'imposer pour remplacer Philippe Martinez
Dommage que ce soit par le prisme de la journaliste des échos Leïla De Comarmond qui depuis longtemps intervient en faveur des mutations et des mutants de la CGT.
ça transparait dans cet article par exemple dans l'usage qu'elle fait du terme d'ultras (sans guillemets) pour désigner les partisans d'un retour (adapté à l'époque) aux fondamentaux historiques de la CGT et aux soutiens à la candidature d'Olivier Mateu.
Reste que le dernier mot appartient aux militants de la CGT, le mouvement social en cours mettant plutot en relief les positions de classe que l'alignement sur les postures sociétales.
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La candidate adoubée par Philippe Martinez pour prendre sa succession se retrouve en difficulté. Les initiatives de l'entourage de l'actuel secrétaire général de la CGT, qui doit passer la main fin mars, ne l'aident pas.
Elle commence tout doucement à s'exprimer dans les médias. Ce mercredi, Marie Buisson était invitée au Journal de 13 heures de France Inter. Mais la candidate adoubée par Philippe Martinez en juin pour lui succéder à la tête de la CGT ne réussit toujours pas à s'imposer au sein de la confédération. Plus le temps passe, plus elle apparaît fragilisée alors qu'il ne reste plus que deux mois avant le congrès de la CGT où sera désigné le futur numéro un du deuxième syndicat français, fin mars à Clermont-Ferrand.
Cette bataille interne ne transparaît pas dans le conflit contre la réforme des retraites qui rassemble au contraire l'organisation. Si au départ, les ultras ont commencé à dénoncer les journées « saute-mouton » (des journées de mobilisation trop éloignées les unes des autres), l'ampleur du succès du 19 janvier a fait prendre conscience de l'intérêt de la démarche unitaire et c'est avec précaution que les appels à d'autres journées de grève sont lancés.
Un choix de plus en plus contesté
La candidature de Marie Buisson n'en fracture pas moins la CGT. Le choix de Philippe Martinez est de plus en plus contesté. Dernier épisode en date : la rencontre qui a eu lieu entre 23 des 33 fédérations de la centrale, le 24 janvier au soir. Les discussions ont été longues - pas moins de 4 h 30 - et denses. La Métallurgie, dont Philippe Martinez est issu, a quitté la réunion avant la fin. Il en est ressorti la décision de rédiger un courrier commun à la direction confédérale. Il devrait demander en substance un débat sur la composition de la future direction de la centrale et son fonctionnement lors de la réunion du Comité confédéral national (CCN) composé des numéros un fédéraux et départementaux les 1er et 2 février.
Le nombre de signatures au bas de ce courrier en cours de rédaction dont le ton sera « soft », selon les termes d'un cégétiste, comptera évidemment beaucoup. Mais derrière cette lettre, ce qui se profile, en cas de réitération par Philippe Martinez du refus déjà exprimé sur le sujet en novembre, c'est la demande d'une réunion extraordinaire du CCN qui ferait monter encore la tension d'un cran.
« Droite dans ses bottes »
L'attitude de Marie Buisson lors d'une première réunion des fédérations le 10 janvier puis son absence ce mardi 24 ont contribué à faire grimper la température. Attaquée sur la ligne qu'elle défend d'une alliance avec notamment Greenpeace dans le collectif « Plus jamais ça », elle n'a pas joué la carte du rassemblement en reconnaissant la nécessité d'un débat interne. Elle est apparue au contraire « droite dans ses bottes », selon l'expression d'un participant, quittant même la réunion sans prévenir avant la fin.
Affolement ou amateurisme ? Une initiative de ses partisans en a rajouté. Deux déclarations, une première signée seulement par des femmes (quelque 178) puis une seconde signée par des hommes (153, dont 4 ont contesté leur présence sur la liste) ont été diffusées il y a une semaine. Censées venir de la base, elles ont été en réalité écrites par l'entourage direct de Philippe Martinez : sa directrice de cabinet, Elsa Conseil, auteure du texte « féminin », non élue, et David Dugué auteur du texte masculin, l'administrateur de la CGT sur le départ.
Diviseurs
Il apparaît de surcroît, ont compté « Les Echos », que 30 % des signataires de ces textes viennent de la petite Fédération de l'éducation nationale (FERC) que dirige Marie Buisson, que seule une petite poignée de dirigeants de la centrale l'a signée et qu'aucune femme ni homme emblématiques de la centrale n'y figurent. Le contenu même des adresses a alimenté la colère. Ainsi celle des femmes « dénonc [e] qu'en 2023 à l'intérieur de la CGT, une femme doive encore avoir à démontrer qu'elle est 'capable'' d'avoir des idées, d'impulser, de diriger ». « L'instrumentalisation de justes revendications concernant les femmes nuit à leur lutte », a répondu la militante de l'Energie, Marie-Claire Cailletaux, par écrit, résumant assez bien le sentiment général. Les partisans de Marie Buisson sont apparus comme les diviseurs dans un syndicat qui déteste cela.
Olivier Mateu et Sébastien Menesplier
Pour l'heure, cependant, seul un candidat s'est déclaré pour le poste de numéro un de la CGT et il n'est pas assuré statutairement de se présenter. Il s'agit du secrétaire général de l'Union départementale des Bouches du Rhône, Olivier Mateu.
Cet ultra ne constitue pas un danger pour Marie Buisson tant ses positions font figure de repoussoir. Mais il n'est pas impossible que sa présence ouvre la voie à une troisième candidature de rassemblement. Le nom de Sébastien Menesplier revient avec insistance, mais il n'est pour l'heure pas sur les rangs.