La canicule et la guerre

Publié le par FSC

Oui c’est la guerre chaude menée par les individus les plus vains qui se puisse imaginer…

Publié le 27 juin 2026 par Boyer Jakline

********************

Le président et son gouvernement multiplient les communications autour de l’épisode caniculaire. Or, rien n’y fait, leur incurie est patente car aucune mesure de long terme n’a été envisagée EN AMONT.  Les rois de la com’. Mais un député, Jean François Rousset, vend la mèche : les gens souffrent de la chaleur dans les EHPAD, il faut accélérer l’adoption de la loi dite mourir dans la dignité, soit ce que craignaient beaucoup de personnes et moi avec, une loi légalisant l’euthanasie. Depuis, une ministre ou que sais-je encore, est venue à l’Assemblée nationale plaider pour l’élargissement du périmètre de la loi aux personnes sous curatelle.  On ne peut mieux dire sans fard comment ce régime en décomposition est synonyme de mort. Le président adore les Invalides et le Panthéon. Lieux de célébration des morts, fussent-ils glorieux.

Ajoutons à cela le plaidoyer du commandant en chef des armées pour que nous « sacrifiions nos enfants pour défendre la patrie » et nous aurons le vrai programme sans fard de ce système qui n’en finit pas de mourir et veut nous y entraîner.

Justement, la guerre. Pendant que n’existe plus dans les médias mainstream que la canicule traitée sur le mode com’, un autre terrain chaud, très chaud, s’élargit. L’Allemagne,  les élites au pouvoir semblent retournées à leurs démons. 2 guerres mondiales sont parties de ce pays. Merz and Co sont prêts pour la troisième. Se souvenir que Merz était le représentant de Black Rock en Allemagne avant d’accéder, difficilement à la Chancellerie. Une pétition circule demandant sa démission et un des arguments avancé par ses opposants est de souligner le propos scandaleux : les Russes sont des barbares, alors que le Reich allemand a tué 27 millions de Soviétiques. D’ores et déjà la plupart des drones qui frappent le territoire russe sont fabriqués en Allemagne. Le choix des cibles, l’ajustement sont assurés par les Britanniques. 

Il y a un mois, le ministre de la défense russe a publié les adresses des sites concernés. Voilà « l’Ukraine qui est en train de gagner ». Soit une guerre ouverte OTAN-Russie. 

Je publie la lettre ouverte de Jeffrey Sachs au chancelier Merz. Nous avons en France quelques analystes qui sont sur la même ligne  basée sur les faits.

Rien dans nos médias dits d’information.

Après l’épisode caniculaire,  il faudra bien revenir à cette situation que l’on qualifie de retour de la guerre froide. Froide, vraiment ? Il me semble que chaud serait plus approprié. Et  bien sûr voir l’enthousiasme de Macron pour encourager ce programme. Le quatuor diabolique a perdu l’Anglais.  Bye, bye Starmer. Certes la ligne générale britannique ne changera probablement pas, mais je ne peux m’empêcher d’éprouver une petite satisfaction. 

 

Publié dans Guerre et paix ? Non, Guerre et guerre

*********************

LA LETTRE :

 

Publiée le 28 mai 2026 dans la Berliner Zeitung, cette lettre ouverte de Jeffrey Sachs, datée de New York le 27 mai, s'adresse au chancelier allemand Friedrich Merz. L'économiste américain y appelle l'Allemagne à reprendre l'initiative diplomatique face au risque d'une escalade militaire majeure en Europe.
Jeffrey Sachs l'a 
également reprise le même jour sur son site officiel où vous pourrez trouver la version originale en anglais.

Remerciements chaleureux à l'un de nos lecteurs qui a traduit cette lettre et qui souhaite rester anonyme.

 

Monsieur le Chancelier,

Lorsque je vous ai écrit une lettre ouverte il y a six mois, j’exhortais l’Allemagne à privilégier la diplomatie avec la Russie plutôt que la normalisation de la guerre. Six mois plus tard, la situation en Europe est dramatiquement pire. L’Europe et la Russie glissent vers une guerre ouverte. Et dans cette dérive, Monsieur le Chancelier, votre responsabilité est singulière. Aucun dirigeant européen – ni à Paris, ni à Varsovie, ni à Rome n’occupe la position de l’Allemagne ni ne dispose du pouvoir que vous détenez personnellement pour interrompre cette catastrophe. Allez-vous essayer de faire la paix ?

Vous-même, avec la Première ministre Meloni et le président Macron, avez appelé en janvier 2026 à une reprise des relations entre l’Europe et la Russie, qualifiant la Russie de « pays européen ». Pourtant, vous n’avez pas poursuivi cette voie diplomatique. Alors que l’avenir de l’Europe est en jeu, cela constitue un extraordinaire abandon de leadership.

Depuis votre arrivée à la chancellerie, avez-vous tenté un seul dialogue substantiel avec le président Poutine ? Votre ministre des Affaires étrangères a-t-il engagé une seule discussion sérieuse avec le ministre Lavrov ? De véritables conversations, du type de celles qui ont permis de mettre fin à la Guerre froide ? À en juger par les informations publiques, la réponse est non. Pas une seule fois. Et ce n'est pas faute d'en reconnaître l'urgence.

Ces derniers jours ont apporté une accélération dangereuse qui devrait préoccuper tous les Européens. Les deux capitales sont désormais sous attaque : des drones ukrainiens à longue portée ont frappé profondément Moscou, y compris des sites civils ; les frappes russes de missiles et de drones contre Kiev se sont considérablement intensifiées. Des drones ukrainiens ont pénétré l’espace aérien des États baltes, faisant planer le risque immédiat d’un incident susceptible d’entrainer directement l’Europe dans la guerre. Une frappe ukrainienne particulièrement tragique contre une école de garçons à Lougansk a encore réduit ce qu’il restait de retenue. Et le 25 mai, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, agissant sur instruction du président Poutine, a officiellement informé le secrétaire d’État américain que les forces armées russes lançaient désormais des « frappes systématiques et soutenues » contre des installations et centres décisionnels à Kiev. Le ministère russe des Affaires étrangères a également conseillé aux États-Unis et aux autres pays d’assurer l’évacuation de leur personnel diplomatique et de leurs ressortissants de la capitale ukrainienne. Ce message annonce une escalade majeure. La diplomatie est plus urgente que jamais.

La meilleure manière de défendre l’Ukraine n’est pas de prolonger le massacre, mais de parvenir à une paix acceptable pour toutes les parties. Pourtant, nous assistons à une escalade qui promet davantage de morts, davantage de destructions et la perspective réelle d’une guerre dépassant les frontières de l’Ukraine. En réclamant toujours plus d’armes, toujours plus de capacités militaires et des démonstrations toujours plus bruyantes de « détermination », tout en laissant entendre que l’Allemagne se prépare à la guerre plutôt qu’à la fin de la guerre, vous avez transformé Berlin en accélérateur plutôt qu’en frein à un conflit européen généralisé.

La responsabilité de l’Allemagne en six points essentiels L’Allemagne porte une profonde responsabilité dans la situation actuelle. Avant même qu’une politique de paix puisse être mise en œuvre, il faut examiner avec honnêteté les erreurs de la politique allemande vis-à-vis de la Russie, cela depuis la réunification allemande de 1990.

Premier Point : le traité « 2+4 » et l’élargissement de l’OTAN Le 12 septembre 1990, l’Allemagne signait à Moscou le traité sur le règlement définitif concernant l’Allemagne. Le Traité « 2+4 ». Ce traité ne fut rendu possible que parce que Mikhaïl Gorbatchev avait reçu des assurances solennelles de Hans-Dietrich Genscher, Helmut Kohl, James Baker et d’autres dirigeants occidentaux, assurances selon lesquelles l’OTAN ne s’étendrait pas vers l’Est. Les archives aujourd’hui déclassifiées, incluant le mémorandum désormais public, assemblé par les Archives de Sécurité Nationale de l’Université George Washington, montrent clairement que ces assurances ont bien été données et qu’elles concernaient non seulement l’ancienne RDA, mais aussi l’Europe de l’Est. Ces assurances ont été réaffirmées de 1990 à 1991. Le Traité 2+4 (les 2 Allemagnes et les 4 nations : Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France) limite le positionnement des troupes de l’OTAN dans l’ancienne RDA, et rappelle les principes de l’Acte final d’Helsinki, qui stipule que la sécurité d'aucune nation ne doit se faire au détriment de celle d'une autre. Peut-on sérieusement croire que l'Union soviétique se souciait des troupes occidentales présentes sur le territoire de l'ancienne RDA mais restait indifférente aux armées de l'OTAN à Varsovie, Vilnius ou Kiev ? Bien sûr que non. La question de l’élargissement de l’OTAN a été discutée en détail et l’Allemagne a donné aux dirigeants soviétiques des assurances explicites de non-élargissement à l’Est, assurances qui ont ensuite été bafouées. L’Allemagne était la principale bénéficiaire de ces assurances, qui constituaient la contrepartie de sa réunification. Pourtant dès 1993, les dirigeants allemands ont commencé à encourager la violation de ces assurances.

Deuxième Point : le témoignage d’Angela Merkel Dans ses mémoires, Angela Merkel reconnaît avec une franchise frappante qu’elle comprenait déjà lors du sommet de Bucarest de 2008 que l’invitation adressée à l’Ukraine et à la Géorgie d’entrer dans l’OTAN équivalait à une déclaration de guerre à la Russie. Elle connaissait la ligne rouge russe. Pourtant, elle céda aux pressions américaines et accepta la formule selon laquelle l’Ukraine et la Géorgie « deviendraient » membres de l’OTAN. Cette seule phrase a contribué à mettre en mouvement les catastrophes de 2014 et de 2022.

Troisième Point : la trahison de l’accord du 21 février 2014 Le 21 février 2014, à Kiev, les ministres des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, en collaboration avec ses homologues polonais et français négocièrent un accord entre le président ukrainien Ianoukovitch et l’opposition. Cet accord prévoyait un retour à la Constitution de 2004, la formation d’un gouvernement d’unité nationale et des élections présidentielles anticipées. Le président poutine a été consulté et l’accord a été ratifié. Il s’agissait d’une importante réussite diplomatique dans un contexte de violence extrême. Pourtant, moins de vingt-quatre heures plus tard, Ianoukovitch était renversé par un coup d’état. L’Allemagne n'a pas défendu l’accord qu’elle venait pourtant de garantir. Au contraire, suivant l'exemple des États-Unis, elle a soutenu le nouveau gouvernement, comme si aucun accord n'avait jamais existé. Cette décision a convaincu Moscou que les garanties occidentales n’étaient pas fiables.

Quatrième Point : Minsk II En février 2015, Angela Merkel négocia personnellement les accords de Minsk II. Pendant sept ans, la disposition politique centrale, – l’autonomie du Donbass au sein d’une Ukraine souveraine –, ne fut jamais mise en œuvre par Kiev. L’Allemagne n’a pas fait pression sur Kiev pour appliquer cette disposition qu’elle avait pourtant défendue. Plus tard, Angela Merkel reconnut que l’accord avait servi à gagner du temps afin de permettre à l’Ukraine de se réarmer. François Hollande fit une déclaration similaire. Autrement dit, cette garantie n’en n’était pas une. Il s’agissait d’une manœuvre, une fois de plus, à la demande de Washington. Et une fois de plus, le message adressé à Moscou était clair, on ne peut pas se fier aux signatures occidentales. Le message envoyé à Moscou fut, une nouvelle fois, que les engagements occidentaux ne pouvaient être considérés comme fiables.

Cinquième Point : Nord Streame. Le 7 février 2022, dans la salle Est de la Maison-Blanche, le président Biden annonça, en présence du chancelier de l'Échiquier Olaf Scholz : « Si la Russie envahit… alors Nord Stream 2 n'existera plus. Nous y mettrons fin. » Interrogé sur la manière dont il procéderait, il répondit : « Je vous le promets, nous en serons capables. » Les gazoducs furent détruits sept mois plus tard lors d'un acte de sabotage en mer Baltique. Les preuves disponibles – enquêtes journalistiques menées aux Etats-Unis et en Allemagne, investigations du procureur fédéral allemand et déclarations publiques d'anciens responsables – convergent largement vers une opération conjointe ukraino-américaine. Le gouvernement allemand le sait depuis longtemps. Pourtant, l'Allemagne a laissé la responsabilité s'abattre publiquement sur la Russie, malgré les preuves irréfutables, tandis qu'un acte de sabotage industriel contre l'économie allemande est resté impuni.

Sixième Point : l’accord d’Istanbul de 2022 qui était à portée de main Quelques semaines après l’invasion russe de février 2022, des négociateurs russes et ukrainiens s’étaient rapprochés d’un accord de paix à Istanbul : neutralité ukrainienne hors de l’OTAN, garanties de sécurité multilatérales, limitations militaires et règlement progressif des questions du Donbass et de la Crimée. Cet accord était sur le point d’être signé, L'ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett, l'un des médiateurs, a publiquement confirmé que l'accord était imminent et que l'Occident – les États-Unis et le Royaume-Uni en particulier – a œuvré pour le bloquer. La mission du Premier ministre Boris Johnson à Kiev en avril 2022, visant à enjoindre l'Ukraine à ne pas signer, est de notoriété publique. Des centaines de milliers de vies ukrainiennes et russes, ainsi que l'ordre européen dans son ensemble, ont été sacrifiées à cause de cette intervention américano-britannique. L'Allemagne est restée silencieuse sur ce sujet, alors même qu'elle en a subi plus que tout autre État européen les conséquences économiques.

La deuxième catastrophe : l’autodestruction économique de l’Allemagne Votre priorité absolue doit être la paix. Le message d’hier en provenance de Moscou nous indique à quel point l’heure est grave. Mais une seconde catastrophe se déroule en parallèle : la destruction délibérée de l’économie allemande, dont Berlin est à la fois l’instigatrice et la victime. L’économie industrielle allemande a été bâtie sur les échanges avec la Russie. La destruction de Nord Stream et la rupture des relations économiques avec Moscou ont conduit l’Allemagne à acheter du gaz naturel américain à des prix bien supérieurs à ceux du gaz russe qu’il remplaçait. C’est un suicide industriel. Les secteurs chimique, sidérurgique, verrier et de nombreuses industries à forte intensité énergétique, – les fondements mêmes du Mittelstand – perdent leur compétitivité internationale. Les emplois qualifiés quittent l’économie allemande. Et le contribuable et le consommateur allemands participent à un transfert de richesse nationale de l’Allemagne vers les producteurs de gaz américains à une échelle sans précédent dans l’Europe d’après-guerre.

À cela s’ajoute un vaste programme de réarmement de plusieurs centaines de milliards d’euros au cours de la prochaine décennie pour se préparer à une guerre que la diplomatie pourrait aisément éviter. Il s'agit là d'un grave gaspillage des ressources nationales.

Mon appel Monsieur le Chancelier Merz, plus que tout autre dirigeant européen, la question de savoir si l'Europe sombrera dans la guerre générale ou renouera avec la négociation et la raison économique repose sur vous. L'heure est grave. Le message officiel adressé hier par Moscou à Washington le confirme sans équivoque. Je vous prie d'ouvrir un dialogue avec le président Poutine. Je vous prie d'envoyer votre ministre des Affaires étrangères à Moscou ou d'inviter le ministre russe des Affaires étrangères à Berlin. Je vous prie de rouvrir les canaux de l'OSCE que l'Allemagne a laissés se détériorer. Je vous prie d'exiger de Kiev qu'elle cesse ses frappes contre des cibles civiles.

Surtout, il est essentiel de dire la vérité à l'opinion publique allemande : une paix négociée, fondée sur la neutralité de l'Ukraine, est la seule voie réaliste pour sortir de la catastrophe, et le rétablissement de relations économiques normales avec la Russie est la seule voie réaliste pour enrayer le déclin industriel de l'Allemagne. Les conditions d'un accord acceptable que l'Allemagne pourrait proposer sont claires. Les combats cesseraient le long d'une ligne d'armistice. Toutes les parties renonceraient à tout recours futur à la violence concernant la question des frontières.
L'Ukraine rétablirait sa neutralité et l'OTAN renoncerait définitivement à tout nouvel élargissement vers l’Est. L’Europe et la Russie rétabliraient leurs relations économiques et mettraient fin aux velléités belliqueuses. L’OSCE redeviendrait le principal cadre de sécurité européenne, fondé sur le principe de sécurité indivisible plutôt que sur des blocs militaires opposés.
Parallèlement à cette paix, l'Allemagne réorienterait ses ressources nationales vers les investissements numériques, en intelligence artificielle, dans les semi-conducteurs et dans l'énergie, indispensables à son avenir économique. L'histoire retiendra vos actions et vos omissions dans les semaines à venir. Il en sera de même pour le peuple allemand, les peuples russes, ukrainien et européen. Monsieur le Chancelier, l'heure est à la diplomatie.
Le choix vous appartient.


Respectueusement,

Jeffrey D. Sachs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article