L'état de la mobilisation ce matin du 28 Mars

Publié le par FSC

Selon Le Monde :


Blocage devant le lycée Colbert à Paris (10e)

Une quarantaine de lycéens ont bloqué le lycée Colbert, ce matin, dans le 10e arrondissement de Paris. Certains, vêtus de noir, sont cagoulés « pour ne pas être reconnus par l’administration ou la police ». Ils ont d’abord mis en place un blocage filtrant pour laisser passer les élèves de terminale qui ont une épreuve du baccalauréat aujourd’hui. Quelques pétards sont lancés et des jeunes amènent des palettes de bois pour tenter d’allumer un feu.

Adrien (les prénoms ont été modifiés, les lycéens requérant l’anonymat), capuche sur la tête et foulard sur le nez, juge qu’il y a « plein de réformes qui sont mises en place et qui sont mauvaises pour la jeunesse ». Il cite pêle-mêle la réforme des retraites, le service national universel, Parcoursup « et en plus on nous empêche de nous exprimer en nous balançant des lacrymos pendant les manifs ». Des « copains à moi ont fini en garde à vue jeudi dernier », précise-t-il.

« La réforme des retraites conduira à ce qu’il y ait encore moins de travail pour les jeunes car les plus âgés resteront davantage en emploi. Cela aura des répercussions sur nous, les jeunes, déjà touchés par la précarité », complète Elliott, également élève en première.

A côté des plus mobilisés, quelques lycéens soutiennent le mouvement sans y participer vraiment. « Colbert est réputé pour les blocus », juge Kylllian, « mais c’est vrai que c’est un peu notre avenir qui se joue ».

Sylvie Lecherbonnier

« Blocus filtrant » du lycée Turgot à Paris (11e)

Au lycée Turgot, à quelques dizaines de mètres de la place de la République, le blocus filtrant est en place depuis tôt ce matin. Les élèves mobilisés ont accroché des pancartes en carton aux portes, sur lesquelles on peut lire des slogans souvent lus dans les cortèges contre la réforme des retraites, comme « 16-64 c’est une bière, pas une carrière ». Un élève, debout sur une poubelle, allume un fumigène, sous les cris enthousiastes de ses camarades.

« On est une trentaine de personnes vraiment motivées, ça n’est pas du tout notre premier blocus », explique Paul, scolarisé en première dans l’établissement (le prénom des lycéens a été modifié, à leur demande). Les élèves ont choisi la méthode du « blocus filtrant » car des épreuves expérimentales de spécialité du bac ont lieu dans l’établissement cette semaine. « Bloquer complètement, c’est compliqué », analyse Natacha, élève de seconde. « Les quelques fois où on l’a fait, ça s’est mal passé. Les terminales et les prépas se sont énervés et il y a eu des bagarres. »

Pour ces élèves, l’objectif du blocus est de mobiliser leurs camarades « contre le 49.3, contre la réforme des retraites, contre le SNU obligatoire, contre la réforme du lycée pro... » énumère Jules. « Vous voyez, Madame, c’est désespérant toutes les choses contre lesquelles on doit se battre », ajoute-t-il. Si la trentaine d’élèves mobilisés se rendra « bien entendu » dans la manifestation cet après-midi, Natacha, Paul et Jules s’inquiètent de la « faible politisation » des lycéens. « Beaucoup de gens sont simplement contents de sécher les cours et rentrent chez eux », regrette Natacha.

Violaine Morin


 

  • Routes bloquées ou ralenties

A Rennes, la circulation sur le périphérique a été perturbée par environ 400 personnes dès 7 heures du matin sur au moins six points de blocages, et par des feux, entrainant 45 km de bouchons à 8h30, selon la préfecture et Bison Futé. A Nantes, la circulation était aussi extrêmement perturbée en raison d’actions de protestataires sur le périphérique avec « plusieurs kilomètres de bouchons observés de part et d’autre » et une « tendance à l’aggravation », d’après Bison Futé. A Caen, le périphérique a été coupé dans les deux sens par des manifestants.

  • Centre logistique entravé

Dans le nord de Lille, une centaine de manifestants occupent deux gros rond-point desservant le centre régional de transport (CRT) de Lesquin, un centre logistique majeur, entraînant des perturbations jusque sur l’A1 reliant Paris à Lille, et l’A23 en direction de Valenciennes, a indiqué Rémy Quéant, secrétaire général FO Transport Lille. « Beaucoup d’entrepôts ne seront pas livrés aujourd’hui », a-t-il expliqué à l’Agence France-Presse (AFP).

  • Transports en commun touchés

A Rennes, des manifestants sur les voies SNCF et un feu sous un pont ont arrêté la circulation des trains sur la ligne Rennes/Saint-Brieuc, selon la préfecture. Le réseau de bus de la métropole est aussi affecté car le dépôt principal est bloqué par des manifestants, selon Star, gestionnaire.

  • Transport aérien

Les aéroports de Montpellier et de Quimper ont vu leur trafic interrompu, mardi matin, en raison de la grève de contrôleurs aériens, selon la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC). La plateforme de Montpellier-Méditerranée a rouvert à 9 heures, tandis que celle de Quimper-Pluguffan restera fermée jusqu’à 14 heures, entrainant des retards. L’administration avait demandé aux compagnies aériennes d’annuler préventivement mardi et mercredi 20% de leurs vols à Paris-Orly, Marseille, Toulouse et Bordeaux.

Au-delà des aéroports, les arrêts de travail des aiguilleurs du ciel touchent les Centres en route de la navigation aérienne (CRNA, gestion des avions qui transitent par l’espace aérien français), entrainant des répercussions sur l’ensemble du trafic européen.

  • Déchets

A Marseille, même si les éboueurs ne sont toujours pas officiellement en grève, les déchets s’amoncellent dans plusieurs quartiers, et notamment sur l’avenue du Prado ou le Boulevard Perier, dans les quartiers cossus. « Cette fois ce n’est pas un mouvement frontal (...) nous essayons de nous adapter face aux atteintes à notre droit de grève, les agents sont très créatifs », explique à l’AFP Véronique Dolot, de la CGT à la métropole, en rappelant les réquisitions lors du dernier mouvement contre la pénibilité, à l’automne. Au Havre, environ 50 personnes poursuivaient mardi le blocage du centre dédié à l’épuration de l’eau et à la gestion des déchets, empêchant les employés de prendre leur poste ou de sortir les camions poubelles.

  • Déambulation impromptue

A Lille, avant même la manifestation de 14 h 30, un cortège non déclaré s’est formé dans le centre avant 8 heures, défilant devant le Conseil régional, la gare de Lille, avant de rejoindre un lycée mobilisé, ont indiqué des militants. L’entrée principale de la gare de Lille Flandres a été temporairement fermée a indiqué la SNCF.

 

L’Aviation civile demande de nouvelles annulations de vols jeudi et vendredi, dont à Orly

La Direction générale de l’aviation civile a une nouvelle fois demandé, mardi, aux compagnies aériennes de renoncer à une partie de leurs vols jeudi et vendredi, notamment à Paris-Orly, en raison de la grève de contrôleurs aériens contre la réforme des retraites. Ces mesures préventives concerneront jeudi 20% des mouvements à Orly, Marseille et Toulouse, et vendredi 25% des vols à Orly ainsi que 20% de ceux de Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes, a précisé l’administration dans un communiqué.

 

 

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