Quelques réactions à ce qui s'est passé d'exceptionnel hier au congrés de la CGT
REPRIS de Commun Commune
Échos de la séance du lundi 27 mars 2023:
La CGT est forte de ses militants et militantes qui, tous les jours, tiennent tête aux chefs, aux cadres, aux flics, aux patrons… et qui mettent la même énergie à défendre leurs positions au sein de leur propres structures syndicales. C’est ainsi qu’à l’inverse de l’image caricaturale souvent présente dans les médias ils et elles ne sont pas des petits soldats au garde à vous devant des consignes « du patron de la CGT » selon le terme journalistique. C’est ainsi qu’un congrès de la CGT n’est jamais un long fleuve tranquille !
L’ouverture du 53° Congrès a confirmé largement cette appréciation. Sous les yeux des journalistes ébahis (qui ne comprenaient rien à l’épisode mais se régalaient d’images chocs) la fédération du Commerce, avec l’aide d’Olivier Mateu, a voulu faire rentrer de force ses camarades parisiens qui, non mandatés, portaient des badges usurpés. Après quelques minutes de tensions avec le service d’ordre, la plupart finirent par accéder à la salle du congrès.
Les problèmes internes au commerce parisien sont anciens et la fédération du Commerce est connue pour avoir fait gazer à l’entrée de son congrès fédéral des syndicats qu’elle ne reconnaissait pas... Il faudra attendre quelques heures et le compte-rendu de la commission des mandats pour que les congressistes (et les journalistes) entendent les explications sur la situation.
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Le 28 mars 2023 :
Congrès de la CGT : la direction sortante mise en minorité sur son bilan
Le bilan de Philippe Martinez mis en minorité lors du congrès national de la CGT.
Les délégués présents au 53e Congrès de la CGT ont rejeté, ce mardi 28 mars, le rapport d'activité de la direction sortante, un revers majeur qui relance plus que jamais le suspense concernant le nom du ou de la secrétaire générale qui succédera à Philippe Martinez.
Les représentants syndicaux se sont prononcés à 50,32 % des suffrages exprimés contre le rapport. Lors des débats, la direction avait été la cible de multiples critiques sur ses orientations comme sur l'absence de démocratie interne à la CGT.
Plusieurs orateurs ont notamment dénoncé l'approbation par Philippe Martinez de l'idée d'une "médiation" sur le dossier des retraites, avancée mardi matin par son homologue de la CFDT Laurent Berger.
Pas de précédent dans l'histoire
Selon Jean-Marie Pernot, politologue spécialiste des syndicats, il n'y a pas de précédent dans l'histoire moderne de la CGT.
"C'est un désaveu de tout ce qui a été mené par la direction sortante", a réagi auprès de la presse Céline Verzeletti, co-secrétaire générale de l'UFSE (Union fédérale des syndicats de l'Etat). Ce scrutin est un "vote par mandats", ce qui signifie que le vote de chaque délégué a été "bien débattu" au sein des syndicats, "ce n'est pas un vote d'humeur (...) donc ce n'est pas un petit signal envoyé à la direction sortante", a-t-elle souligné.
Céline Verzeletti s'est dite "disponible" pour prendre la tête de la CGT sur une ligne de rupture, face à la candidate désignée par la direction sortante, Marie Buisson.
AFP
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CGT : un camouflet pour Philippe Martinez, l'avenir de Marie Buisson compromis
Le débat sur le rapport d'activité ce mardi au Congrès de la CGT a fait remonter de nombreuses critiques sur la stratégie de la direction confédérale. Le rapport d'activité portant sur le dernier mandat du numéro un sortant, Philippe Martinez, a été rejeté.
Par Leïla de Comarmond
La tension n'est pas retombée ce mardi, au congrès de la CGT . La journée avait pourtant démarré par un moment oecuménique. Le millier de militants réunis jusqu'à vendredi à Clermont-Ferrand avait rejoint le matin le défilé contre la réforme des retraites . Cela n'a pas suffi à calmer les esprits.
Critiques
Le débat sur le rapport d'actualité par lequel a démarré l'après-midi n'a pas tourné à l'avantage de Philippe Martinez et de celle qu'il souhaite voir lui succéder, Marie Buisson, dont l'avenir apparaît compromis à l'issue de cette deuxième journée du congrès.
Lors du précédent congrès, en 2019, seule une poignée d'interventions avait fustigé une direction confédérale jugée pas assez combative. Cette fois-ci, les critiques ont largement dépassé les soutiens.
Les déclarations du matin de Philippe Martinez soutenant la proposition de l'intersyndicale de demander une « médiation » sur la réforme des retraites ont notamment été prises pour cible, comme, encore et toujours, l'adhésion au collectif Plus jamais ça avec Greenpeace mais aussi la démarche unitaire, plusieurs détracteurs ciblant la CFDT.
« C'est la conséquence de ne pas avoir associé l'organisation aux décisions dans une vision verticale de la direction de la confédération », souligne un militant. L'absence de débat interne lié à la verticalité du fonctionnement de la direction confédérale a en effet été plusieurs fois dénoncée.
Le rapport d'activité rejeté par 50,32 % des voix
Sans que le climat soit aussi électrique que la veille , les réactions de la salle ont montré un auditoire plus réceptif aux critiques qu'aux louanges, seul le milieu de la salle, où sont rassemblés les soutiens de Marie Buisson, applaudissant aux quelques interventions en défense de la direction.
Le résultat a été un véritable camouflet pour Philippe Martinez puisque le rapport d'activité a été rejeté même si c'est de justesse avec 50,32 % des voix. Il confirme la division de l'organisation mais il met surtout en danger Marie Buisson. Celle-ci a endossé le bilan du dernier mandat de Philippe Martinez en présentant le rapport d'ouverture du congrès et elle est restée dans la roue du métallo jusqu'au bout, l'accompagnant encore mardi matin à la manifestation dans le carré de tête. « C'est mort pour elle », concluaient plusieurs congressistes.
La direction confédérale sonnée
La direction confédérale a manifestement été sonnée par le vote du rapport d'activité. La séance de ce mardi qui devait se prolonger jusqu'à épuiser l'ordre du jour a été clôturée à 18 heures. La présentation du document d'orientation aurait dû avoir lieu à la fin de la journée. Elle a été reportée. Sachant que la commission en charge d'examiner les milliers d'amendements déposés a déjà largement accepté de le modifier sur des points majeurs, autre signe de faiblesse.
La journée de mercredi sera déterminante avec non seulement le débat et le vote sur le document d'orientation dont on ne sait pas qui va le présenter mais aussi et surtout la réunion, le soir, du comité confédéral national.
Cette instance qui regroupe les numéros un des fédérations et unions départementales doit élire la commission exécutive qui est la direction élargie de la centrale. C'est en son sein que, vendredi matin, le même CCN élira le ou la secrétaire général(e) et l'équipe du bureau confédéral d'une dizaine de membres avec lesquels il ou elle doit diriger la confédération pendant trois ans et surtout tenter de la rassembler.
Leïla de Comarmond
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Dans Initiative communiste :
e 53eme congrès de la CGT, qui se déroule à Clermont-Ferrand du 27 au 31 mars, a débuté dans une ambiance volcanique au pays des puys. Et le terrain y est pour quelque chose puisque c’est celui de la lutte des classes mobilisant les syndicalistes et syndicats de la CGT qui fait éruption.
D’abord, les congressistes de la fédération du commerce ont tenté d’entrer en force au congrès, en raison d’un désaccord sur le choix des délégués avec le bureau confédéral, l’union départementale de Paris et la fédération.
Ensuite, la tribune qui tenait la séance de la première journée du congrès a commencé par tenter de manipuler les votes sur la commission des mandats et sur le règlement intérieur, par un comptage « au jugé » (plus exactement au « doigt mouillé » !) des votes.
La commission des mandats et le règlement intérieur étaient ainsi, soit disant, adoptés. Mais c’était sans compter sur la contestation déterminée et légitime des congressistes qui ont massivement envahi la tribune, en refusant ce « 49-3 » pour exiger que ces points soient revotés et que les voix soient précisément décomptées.
Après avoir obtenu satisfaction, les points ont été revotés. La commission des mandats était élue avec à peine 9 voix d’écart entre les « pour » et les « contre » et 10 % d’abstention. Pour le règlement intérieur, qui ajoutait une condition (en l’occurrence la parité) aux statuts de la CGT pour candidater à la commission exécutives confédérales (CEC), le bureau confédéral se faisait écraser par le congrès qui, à une très large majorité, votait contre ! Dépité, le président de séance se résignait à faire voter sans cette condition le règlement intérieur, qui était alors adopté par les congressistes.
La première journée se terminait donc par une nette victoire pour les syndicalistes tenant du respect de la base des syndicats et syndicalistes CGT . Une victoire d’évidence pour les figures du syndicalisme CGT, tel Olivier Mateu (UD13) et Emmanuel Lepine (FNIC-CGT) et bien d’autres de leurs camarades, dont les candidatures, prétendument irrespectueuses des statuts, sont désormais valides pour la CEC.
Le lendemain, le mardi, la tension ne retombait pas, les discussions sur le rapport d’activité mettaient en avant les désaccords sérieux sur la ligne d’accompagnement défendue pendant 4 ans par le bureau confédéral. Ont ainsi tour à tour été évoqués par les congressistes : le rejet de la fusion avec la FSU ; le rejet du programme « plus jamais ça » avec Greenpeace ; le rejet du communiqué commun avec le MEDEF lors de la crise du Covid ; le rejet du soutien au plan de relance européen après Covid ; etc. Et bien sûr, une critique sévère de la dernière forfaiture de Philippe Martinez qui a apporté au matin même de ce second jour de congrès son soutien à la proposition de l’Intersyndicale-CFDT qui demande une médiation et une pause dans l’application de la loi de casse des retraites, cela alors que P.Martinez n’est plus le secrétaire confédéral de la CGT depuis l’ouverture du congrès.
Malgré les manœuvres du bureau du congrès, qui a été jusqu’à refuser la prise de parole sur le rapport d’activité à Olivier Mateu, pourtant candidat déclaré au poste de secrétaire général de la CGT, rien n’y fera : par une décision inédite et historique le rapport d’activité de la mandature Martinez a été rejeté ! Démontrant que la ligne réformiste est largement minoritaire à la CGT.
Voila d’excellentes nouvelles qui pourraient signer le renouveau de la ligne de classe et de masse dans la CGT. De façon décisive pour les luttes engagées avec courage et force par la classe des travailleurs en France.
Si tel était le cas, ne resterait plus qu’à reconstruire un parti authentiquement communiste apte à briser les chaines du système capitaliste, et de ses superstructures telles l’UE OTAN – ce à quoi œuvre le PRCF depuis sa création – condition sine qua non, pour qu’enfin la classe ouvrière puisse également construire l’alternative politique, rouge et tricolore, pour renouer avec la victoire et la conquête de nouveaux droits !