Dans la société capitaliste, le droit est l’outil de domination de la classe bourgeoise.

Publié le par FSC

Le droit et tout l'appareil institutionnel.

C'est pourquoi on comprend bien que pour Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale il s'agit de toucher à la marge les institutions mais insiste-t-elle avec émotion surtout pas de les remettre en cause !

Puisque ce sont les intérêts de sa classe qui sont en jeu !

Toutes choses pour le moment absentes du débat public dans l'affrontement pourtant en cours entre élgitimité institutionnelle et légitimité populaire comme on peut le constater sur les plateaux télévisés où les intervenants convoqués sont surtout péroccupés de sortir de la confrontation et de renoeur avec la " confiance " et un " dialogue serein " !

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SOURCE Histoire et Société :

Le droit et la société de classe, par Mathieu J. Laîné  l'article complet :

ICI

 

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La CONCLUSION de l'article :

  • Étudiant en droit à l’Université de Berlin en 1836-1837, le jeune Marx assiste à l’enseignement de Friedrich Carl von Savigny, ainsi qu’à celui d’Eduard Gans. S’il se détourne ensuite rapidement du droit pour l’économie politique, cette fréquentation précoce des problèmes juridiques a été « déterminante pour l’ensemble de son évolution intellectuelle[89] ». Le droit irrigue toute sa pensée, en effet. Cependant, Marx a toujours refusé d’accorder au droit l’importance que les juristes lui accordent. Il l’a au contraire désacralisé.
     
  • Marx disqualifie la description du droit imposé par une classe dominante à une classe dominée en tant que système de normes, déplore ainsi Kelsen, en caractérisant cette description comme une simple idéologie qui falsifie la réalité dans l’intérêt de la classe dominante : « Pour une considération non-idéologique, le droit ne serait pas un système de normes, mais un agrégat de relations économiques où se réalise l’exploitation des dominés par la classe dominante. En tant que système d’exploitation, le droit devrait être uni de façon essentielle avec l’appareil de contrainte de l’État. La société sans classe du communisme, d’où l’exploitation serait absente, serait par suite une société sans État et sans droit[90]. » Ce que l’histoire a fait, elle peut le défaire. Et de l’histoire, il y en aura encore. Le droit bourgeois est lui aussi appelé à être un jour nié par la dialectique de l’histoire, ainsi que le droit antique et le droit féodal l’ont tous deux été. Ce jour-là, les juristes disparaîtront eux aussi.
     
  • La théorie marxienne de la plus-value continue entretemps de soulever l’indignation de certains juristes. Marx cherche à faire croire que le profit est une forme phénoménale de la plus-value, donc de l’exploitation de l’ouvrier, sans égard aux choix et aux décisions éclairées de l’entrepreneur, peste l’un d’eux. Il faut le dire tout net, renchérit-il, la théorie marxienne de la plus-value n’est qu’un assemblage de mots dénués de sens, une pure logomachie : « C’est donc une vision mensongère de l’économie que donne Marx en présentant l’ouvrier comme la source de l’accumulation du capital. Non pas simple erreur d’analyse, mais mensonge prémédité[91]. » Ce que cherche Marx, conclut le juriste, n’est pas d’analyser les faits économiques pour en donner une description objective ; il veut plutôt, en inventant les « notions vides de sens de moitié de travail non-payée et de plus-value […] démontrer la validité de l’idée préconçue qu’il se fait d’une économie dans laquelle, quelles que soient les situations réelles, des capitalistes s’enrichissent par l’exploitation des ouvriers[92] ».

     

On s’étonne devant pareille véhémence. Cependant, il est vrai que Marx oblige les lecteurs du Capital à s’interroger sur le rôle que tient véritablement le droit dans les sociétés de classes[93]. Lorsqu’on lit Le capital, gémit un critique du XIXe siècle — Émile de Laveleye, économiste —, on se « sent enserré dans les engrenages de sa logique d’acier, on est comme en proie au cauchemar, parce qu’étant admises les prémisses […] on ne sait comment échapper aux conséquences[94] ». Marx est en effet parvenu à expliquer l’origine du profit, tout en respectant la logique contractualiste chère aux sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste. L’extorsion de surtravail — l’exploitation — dépend du respect du contrat de travail, et non de sa violation. L’homme aux écus ne s’enrichit pas en versant des salaires médiocres aux travailleurs ou en trichant. Il s’enrichit parce qu’il peut légalement vendre des marchandises qu’il n’a pas payées du tout. C’est cependant là une chose qu’aucun juriste ne pourra jamais admettre.

 

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