Le journaliste Gonzalo Lira dans les prisons de Kiev

Publié le par FSC

La mort du journaliste de l'AFP Arman Soldin est une triste nouvelle.

Mais l'information à sens unique, les silences sur d'autres victimes elles du régime ukrainien sont destinées à désinformer l'opinion publique en vue de nous entraîner dans la guerre provoquée par l'OTAN.

C'est ce qu'indique le parti communiste du Québec qui lui contrairement à la direction actuelle du PCF et à son secteur international ne se rallie pas au discours otanien :

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Sur la soi-disant « objectivité » des reportages que la plupart des médias continuent de nous transmettre sur la guerre en Ukraine; le cas du journaliste Gonzalo Lira qui vient d'être arrêté, qui serait maintenant détenu dans un endroit toujours gardé secret et dont personne ne semble porter attention, est éloquent

Si vous vous demandez encore pourquoi nos textes, reportages et analyses sur le conflit en Ukraine, détonnent la plupart du temps avec ce que vous pouvez lire et voir dans la plupart des journaux, ainsi qu'à la télévision, il y a une raison au fond assez simple et c'est celle-ci : pendant que la plupart des médias se fient sur une très petit nombre d'agences de presse occidentales, telle l'AFP et aussi sur des correspondants sur place qui ont tous comme particularités de travailler à partir de territoires contrôlés par l'armée ukrainienne et font également tous face à des règles extrêmement restrictives au niveau de ce qu'ils peuvent dire ou ne pas dire, nous, pour notre part, refusons de nous fier uniquement à ces sources soi-disant " objectives " parce qu'elles ne le sont pas.

Nous nous mettons également comme règle de base d'aussi consulter d'autres sources, y compris en provenance du côté russe, souligne ici notre camarade Michel P. Brunet. Plus d'explication ci-joint.

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Par Michel P. Brunet,
Rédacteur en chef du site du PCQ

Comme cela, on peut au moins avoir un meilleur aperçu de tout ce qui se dirait, des 2 côtés. Sur place, plus du côté ukrainien, si vous osez dire quelque chose contre le régime Zelensky, oser répéter ce que les Russes diraient, ou juste vous montrer critique, vous pouvez être arrêté n'importe quand et être détenu par les services de sécurité (SBU), sans que vous ayez véritablement de recours, tout cela en vertu d'une toute nouvelle réglementation, portant sur la propagande de guerre, et connue sous l'appellation de l'article 436-2 du code pénal ukrainien.

 

Il a quelques jours, un autre journaliste, justement connu pour ses positions jugés " trop critiques " était justement arrêté en vertu de ce nouvel article de loi et personne, sauf les services de sécurité ukrainiens et personne ne sait plus non plus où il serait même détenu. Son nom est Gonzalo Lira (sur la photo ci-contre). En passant, c'est un citoyen américain, né en Californie, de parents qui, eux, étaient Chiliens. Mais cela ne semble pas avoir changé grand chose.

À noter également, c'est en fait la 2e fois que Gonzalo Lira, qui est un journaliste basé dans la ville de Kharkov, donc à l'intérieur des territoires toujours contrôlés par le régime Zelensky, est en fait arrêté par les services de sécurité ukrainiens. La dernière fois, c'était en avril 2022, avant que cette fameuse règlement n'entre en vigueur, sauf que les restrictions sur le travail des journalistes là-bas, étaient déjà assez sévères.

Des suites de multiples pressions menées à l'échelle internationale, Gonzalo Lira avait finalement été libéré, sauf que sa remise en liberté étaient assujettie en même temps à toutes sortes de règles, dont le fait qu'il ne pouvait pas quitter la ville de Kharkov et encore moins quitter le pays, d'où le fait qu'il n'est donc pas cherché depuis à retourner aux États-Unis, au Chili, ou ailleurs, tout simplement parce qu'il ne le pouvait pas.

Toujours est-il qu'il fut à nouveau arrêté lundi dernier, 1er mai, et que personne ne saurait encore où il serait cette fois détenu et très peu de journaux, en même temps, n'osent en même temps parlé de cette affaire. Pour cause, le simple fait pour un ou une journaliste associé-e à une agence de presse et/ou à un média plus en particulier, de parler de cela, pourrait en effet entraîner la perte de tous les permis d'opérer pour cette agence ou ce média, pas juste pour ce ou cette journaliste, mais aussi pour tous les autres qui seraient tout autant associés à cette agence ou ce média. Cela ferait également partie de ce fameux article.

Cela va en fait encore plus loin puisque le simple fait de vous approcher de la zone des combats, sans y avoir au préalable été autorisé, ce qui veut également dire que ce que vous ferez sera évidemment aussi très encadré, pourrait également vous faire perdre votre accréditation comme journaliste.

 

Lors de la traditionnelle émission spéciale de Radio-Canada, télédiffusée, comme à chaque nouvelle année, autour du Jour de l'an, une une des correspondante du réseau de la télévision d'État avait candidement admis l'existence de ces nouvelles règles, mais le tout fut ensuite très rapidement oublié.

Toujours sur les ondes de Radio-Canada, mais aussi du réseau TVA, on ne manque jamais une occasion de dénoncer le fait qu'il n'y aurait pas vraiment de liberté de presse en Russie. Mais quand est-ce qu'on parle de toutes les mesures restrictives que le régime Zelensky ne cessent de rajouter, y compris en matière de liberté de la presse ? Jamais. C'est comme cela.

Au strict minimum, on s'attendrait à ce que ces mêmes réseaux d'information (et/ou de désinformation) prennent au moins la peine d'aller voir ailleurs ce qui peut se dire, d'autant qu'il y a plein d'autres journalistes, pas vraiment associés à ces mêmes agences de presse et/ou des médias comme Radio-Canada -- ils seraient plus associés à des médias dits " alternatifs " et/ou des agences reliés aux États russe, chinois, ou vénézuélien, qui opèreraient pour leur part plus directement à partir de la ligne de front (mais de l'autre côté de cette même ligne) et qui produisent quotidiennement de très nombreux reportages, y compris bien des vidéos, des entrevues, etc.

Vous me direz : oui, mais ne sont-ils pas en même temps et justement des médias possédés par ces mêmes États ? Effectivement, c'est le cas, tout comme, du reste aussi Radio-Canada aussi ...

Vous me rétorquerez : oui, mais ce Gonzalo Lira a probablement dû faire quelque chose de grave pour être ainsi arrêté. Pas vraiment, sinon qu'il continuait pour sa part à faire des reportages et émettre des commentaires sur les réseaux sociaux qui contredisait -- c'est sûr -- le discours officiel des autorités ukrainiennes, et puis ?

En passant, toujours, de multiples et autres journalistes et autres personnalités publiques, toutes associées justement à tous ceux qui, de l'intérieur même de l'Ukraine, oseraient également critiquer ce régime, auraient tout autant été arrêtées et auraient également disparu. Les services de sécurité ukrainiens (SBU) auraient notamment arrêté les personnes (lesquelles seraient toujours détenues également dans des lieux toujours gardés secrets, sans possibilité réelle de se défendre et/ou de parler à quelqu'un de l'extérieur) :

  • Le journaliste de radiotélévision, Yan Taksyur;

  • L'avocate et militante des droits de la personne, Elena Berezhnaya;

  • Elena Viacheslavova;

  • L'historien Alexander Karevin;

  • Le journaliste indépendant Yuri Tkachev;

  • Et le journaliste indépendant Oleg Novikov;

  • Les frères Alexander et Mikhaïl Kononovich qui sont, pour leur part, 2 dirigeants de l'organisation de la jeunesse communiste en Ukraine (aujourd'hui interdite, tout comme le Parti communiste ukrainien, de même que de nombreuses autres organisations de gauche, syndicales et populaires)

Selon un récent article, mis en ligne sur le site français du " Grand Soir ", toutes ces arrestations, dont plusieurs furent en fait effectuées avant même la mise en place de ce nouveau règlement 436-2 (comme lors de la 1ere arrestation de Gonzalo Lira), ne seraient en fait que la pointe de l'iceberg et que leur nombre serait donc en fait nettement plus grand.

Pour protester contre l'arrestation de Gonzalo Lira, ainsi que toutes les autres personnes arrêtées comme lui par les autorités ukrainiennes, nous vous encourageons à écrire à l'intention des différents médias une lettre ouverte; cela aura en même temps l'utilité de faire connaître encore plus largement cette situation.

Je suis allé faire une recherche sur le Web et très peu de grands médias occidentaux auront pris la peine de même dire un seul mot sur l'arrestation de Gonzalo Lira. Oubliez en même temps aussi tous les autres qui furent aussi arrêtés et qui seraient toujours détenus dans des lieux secrets. Ceux qui l'auront fait auront plus ou moins laissés entendre que c'était en fait une sorte de " moindre mal ", et que les autorités ukrainiennes n'auraient de toutes les manières plus le choix, etc, considérant en même temps tous les crimes allégués, commis par les Russes.

Entre temps, et pour notre part, soyez assuré que nous continuerons à suivre de notre mieux la situation là-bas, en nous servant pas juste d'une seule source, surtout quand cela va vient uniquement d'un bord, mais bien de toutes les sources à notre disposition, y compris les sources russes, parce que cela également ne pourra qu'aider encore plus à combattre en même temps la désinformation ambiante, par trop encore beaucoup trop forte.

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Parlant de désinformation, le site français du " Grand Soir " publiait, tout récemment encore, un très intéressant article démontrant, preuves à l'appui, que le fameux missile qui serait tombé sur des immeubles résidentiels, dans la ville de Slaviansk, toujours sous contrôle ukrainien, non loin de la ligne de front (qui se rapproche en même temps de cette ville), au Donbass, n'était pas un missile russe, mais bien un missile ukrainien, lancée à partir d'un très vieux système de défense anti-aérien S-300; cet autre texte pourrait tout autant vous intéresser.

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