RETRAITES : Les macroniens se débarassent d'une voix pas assez docile
En toute démocratie bien sûr et respect des opinions différentes !
_________________
Réformes des retraites : le président du Conseil d’orientation des retraites débarqué, mais « ce n’est pas une sanction »
Pierre-Louis Bras a souvent eu des expressions qui ont irrité l’exécutif durant la réforme des retraites. Matignon nie toute volonté de sanctionner le spécialiste.
Romain Herreros
POLITIQUE - Ses expressions ont souvent gêné l’exécutif pendant la réforme des retraites. Il va bientôt prendre la sienne. Pierre-Louis Bras, président du Conseil d’orientation des retraites (COR), a été « débarqué », selon des informations du Monde, confirmées à l’AFP.
Dans le viseur du gouvernement, le haut fonctionnaire va quitter ses fonctions « après neuf ans » à la tête de l’institution, a souligné Matignon à l’agence de presse, précisant que « ce n’est pas une sanction » adressée à cet inspecteur général des affaires sociales passé par plusieurs cabinets ministériels. Cela y ressemble pourtant fortement. Dès le mois d’avril, Élisabeth Borne avait jugé dans Le Parisien que le COR avait « brouillé les esprits ».
Le 12 juillet au Sénat, la cheffe du gouvernement avait estimé que le COR n’avait pas « pleinement joué son rôle ces derniers temps », publiant des travaux donnant lieu à « toutes sortes d’interprétations et d’expressions, éloignant ainsi le COR de sa mission originelle ».
Grain à moudre
Il faut dire que cette instance placée sous l’autorité de Matignon a souvent contrecarré la communication du gouvernement lors de la réforme des retraites, donnant du grain à moudre aux oppositions syndicales comme politiques. Exemple jeudi 19 janvier, en pleine journée de mobilisation.
Auditionné par l’Assemblée nationale, le spécialiste a lâché une bombe qui a fait le bonheur des opposants au texte : « Les dépenses de retraites ne dérapent pas, elles sont relativement maîtrisées, dans la plupart des hypothèses, elles diminuent plutôt à terme. » De quoi tailler en pièces le principal argument du gouvernement pour justifier le report de l’âge légal de 62 à 64 ans.
