En ce centième anniversaire, LENINE : l'incontournable

Publié le par FSC

Même si bien sûr en face (LCP la chaîne du Sénat s'attarde aujourd'hui même pesamment sur le mausolée) on s'acharne à peindre l'extraordinaire entreprise qui a donné (en Russie) à la boucherie impérialiste de 1914 une issue révolutionnaire comme une entreprise criminelle vouée dès le départ à l'échec et à la tyranie.

Cela en dehors de tout contexte (intervention armée de 14 puissances contre la révolution bolchevique puis agression nazie de 1941 et ses dizaines de millions de morts) ...

Signe que malgré de graves reculs, des reniements, des trahisons ... le spectre du communisme hante toujours l'Europe ... et le monde!

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Cédric Quintin de la CGT du Val de Marne :

Il y a cent ans, le 21 janvier 1924, mourrait Lénine. Il nous laisse des livres, en trop grande quantité, des militants et partis communistes, plus assez, qui partout dans le monde ne se résignent pas à la domination du capital contre tous les aspects de nos vies. Il nous laisse le goût de la théorie et d'un parti qui la pratique, le refus des dogmes au profit de "l'analyse concrète de la situations concrète", le principe de l'égalité entre les peuples et un vaste mouvement contre l'impérialisme.
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Il a été au XXe siècle source d'inspiration pour les mouvements de décolonisation et la Révolution qu'il a conduite a également donné une nouvelle impulsion au mouvement féministe.
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Ses conceptions ont été celles de son temps, marquées par la boucherie de 1914-1918, par la guerre civile qui ne s'achève - la faute aux impérialistes britanniques, US et Français - qu'en 1921.
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Certaines choses sont donc à laisser, mais ses derniers écrits, à partir de 1922 (le gauchisme, maladie infantile du communisme, etc.) dessinent déjà ce que peut être la révolution dans un occident où la classe ouvrière fait l'expérience de la démocratie libérale. C'est sur ces écrits-là que Gramsci fondé ses analyses sur la guerre de position, l'hégémonie culturelle, etc. Ce sont ces écrits-là qui ont permis aux PC français, espagnol, italien, etc. de s'éloigner du modèle soviétique pour devenir de grandes forces au service de leur peuple, avec comme idée que la démocratie est toujours à défendre, qu'elle est à la fois un but et un chemin.
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Ho Chi Minh, pour la Pravda, 1924 :

21 janvier 1924 : Mort de Lénine, théoricien majeur et révolutionnaire communiste russe, leader de la Révolution d'Octobre et premier dirigeant de l'URSS.
"« Lénine est mort. » La nouvelle a frappé chacun, tel un coup de foudre. Elle s’est répandue à travers les riches plaines d’Afrique et les rizières verdoyantes d’Asie. Les Noirs et les Jaunes, il est vrai, ne savent pas encore très exactement qui est Lénine, ni où se trouve la Russie. Les impérialistes colonialistes ont tout fait pour empêcher de le savoir, l’ignorance étant l’un des principaux piliers de leur régime.
 
Néanmoins, des deltas du Viêt-nam aux forêts du Dahomey, on s’est répété de bouche à oreille que, dans un coin lointain du monde, il est un peuple qui a su renverser ses exploiteurs et qui gère maintenant lui-même ses propres affaires, sans avoir besoin de patrons, ni de gouverneurs généraux. On a entendu dire que ce pays est la Russie, qu’il s’y trouve des hommes courageux et que le plus courageux de tous est Lénine. Et cela a suffi pour gagner à ce peuple et à celui qui le dirige la sympathie et l’admiration de tous les hommes de couleur.
 
Mais ce n’est pas tout. Ces hommes ont encore appris que ce grand leader, après avoir rendu la liberté à son pays, a voulu libérer également les autres peuples, qu’il a appelé les Blancs à aider les Jaunes et les Noirs dans leur lutte pour s’affranchir du joug des roumis, des roumis de tout poil : gouverneurs, résidents, etc., et qu’il a tracé un programme d’action concret pour atteindre ce but.
 
Au début, ces opprimés n’osaient croire qu’il existât un tel homme et un tel programme. Mais par la suite, si vagues qu’elles fussent, des nouvelles leur sont parvenues sur le Parti communiste et l’Internationale communiste, cette organisation qui lutte pour les exploités, pour tous les exploités sans exception dont eux-mêmes font partie. Et ils ont su que c’était précisément Lénine qui la dirigeait.
Et cela a suffi pour que ces hommes, presque sans culture, mais reconnaissants et pleins de bonne volonté, témoignent à Lénine le plus profond respect et le considèrent comme leur libérateur. Lénine est mort, qu’allons-nous faire ? Comment trouver quelqu’un qui consacre avec autant de courage et de générosité que lui tout son temps et toutes ses forces à notre libération ? Telle est la question que se posent avec angoisse les grandes masses opprimées des colonies.
 
Quant à nous, douloureusement touchés par cette perte irréparable, nous partageons avec tous les peuples du monde ce deuil qui frappe nos frères et nos sœurs soviétiques. Nous sommes persuadés que l’Internationale communiste et ses cellules, dont celles des colonies, sauront traduire en actes les enseignements et les leçons de notre grand leader. Suivre ses conseils, n’est-ce pas le meilleur moyen de montrer tout l’amour que nous lui portons ?
De son vivant, Lénine fut pour nous un père, un maître, un camarade, un conseiller. Le voici devenu aujourd’hui la brillante étoile qui nous éclaire sur la route de la révolution socialiste.
Et c’est dans notre œuvre que Lénine, immortel, revivra à jamais."
 
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