Dans le monde nouveau qui s'affirme : un autre avenir pour la France que les choix macroniens !
SOURCE :
/image%2F0946080%2F20240214%2Fob_01298a_histoire-et-societe-logo.jpg)
/image%2F0946080%2F20240214%2Fob_ca2685_marsal.png)
Alors que la guerre en Ukraine tourne mal pour les stratèges états-uniens, d’autres difficultés se profilent pour les USA au Moyen Orient. Et tout cela ne fait qu’accentuer l’écart qui se creuse entre la Chine et les Etats-Unis, la première réunissant des capacités croissantes et une diplomatie pacifiste, la seconde multipliant les tentatives de démonstration de forces qui finissent toutes dans l’aveu d’impuissance.
Le premier vibrant échec des USA eut lieu en Afghanistan, dont Washington dut piteusement se retirer après avoir été vaincu par les milices islamistes d’un des pays les plus pauvres de la planète. Une pirouette permit alors d’expliquer la chose en expliquant que l’Afghanistan était un pays lointain et qui ne justifiait pas une guerre coûteuse. Survint la guerre en Ukraine et là, on allait voir : s’appuyant sur près d’un millions d’ukrainiens, armés des “puissantes technologies occidentales”, la Russie devrait bientôt se replier, non seulement des territoires conquis en 2022, mais jusqu’en Crimée. Il fallait attendre un peu, le temps de former les soldats ukrainiens et le front russe allait être enfoncé. La “contre-offensive” ukrainienne fit pschitt. Les chars allemands Leopard ont brûlé dans les steppes, et les chars états-uniens Abrams ont été prudemment conservés à l’arrière pour leur éviter toute mésaventure. Voici qu’éclate la guerre en Palestine, et que le gouvernement Houthiste du Yémen (d’une partie du Yémen pour être précis) se lance dans le conflit en attaquant les navires affrétés en direction d’Israël. On se dit alors que les USA vont enfin pouvoir se refaire, avec un ennemi qui semble à leur portée. Comme le montre l’article ci-dessous de Time, rien n’est moins sûr.
Pire, toutes ces péripéties ne font qu’affaiblir et retarder le fameux “pivot vers l’Asie”, souhaité par les USA pour contenir la puissance montante de la Chine.
Au moment où on nous vante encore, ici en France et en Europe, la “protection de l’OTAN”, cette crise profonde de la puissance états-unienne devrait nous éveiller. L’ère de la domination d’une poignée d’états occidentaux sur le monde s’achève. La France doit en prendre acte au plus vite, et préparer un tournant de sa politique étrangère et de défense. La politique étrangère doit s’orienter vers l’avenir, vers la coopération gagnant – gagnant avec les états du Sud, les pays en voie de développement. La politique de défense doit cesser d’être une politique de guerre et se concentrer sur la protection du territoire national, en réduisant les moyens de projection (si la douzaine de porte-avions états-uniens se révèlent inutiles, que dire de notre unique exemplaire, nécessairement en entretien la moitié du temps).
Après l’échec cuisant au Mali, au Burkina Faso et au Niger, la crise absurde de Mayotte doit nous éveiller à cette nouvelle politique. Si la France peut rester à Mayotte, ce ne peut être que dans une vision de développement commun de l’Archipel des Comores, non pas contre les populations locales, non pas en opposant les uns aux autres, non pas en dressant, comme le propose Gérald Darmanin, un “rideau de fer maritime” entre ces îles. Il s’agit d’envisager avec le gouvernement comoréen et avec les populations, un accord de développement qui réduise les écarts, permette à tous de vivre dignement sans risquer sa vie dans des traversées illégales. La présence française prendrait alors sens, le temps qu’une nouvelle étape soit franchie et que les plaies du passé se referment. Construire un destin commun, plutôt qu’une domination illusoire.
La soi-disant “construction européenne” fait partie de ces illusions mortelles, de l’espoir dangereux de reconstruire une puissance “occidentale” perdue. Pourquoi la France – comme les autres pays d’ailleurs – ne semble que s’y perdre et rien y gagner ? Parce qu’elle méconnaît la réalité. L’Europe est divisée entre des états-nations construits précocement. Elle est et restera divisée encore longtemps, comme le montre le fonctionnement réel de l’UE : un cadre de négociation et d’opposition permanent, voulu par les USA parce qu’il les place en position d’arbitre et de leader. Coopérer, commercer, l’Union Européenne sait le faire (sauf quand – même sur ce terrain – elle sombre dans la logique des “sanctions” à l’encontre de son propre intérêt). Se disputer aussi. Construire un état et une nation, c’est une autre affaire. On ne manipule pas l’anthropologie comme cela.
La France doit construire son avenir en tant que nation indépendante, car c’est ce qu’elle est. Elle doit assumer sa sécurité. Mais cela passe d’abord par la sortie des conflits inutiles et perdus d’avance et la reconstruction d’une capacité internationale de coopération, centrée sur le monde de demain, ouverte, pour le développement commun et la fraternité.
SUITE :