Conférence nationale sur le handicap : faute d’annonces, Emmanuel Macron se gargarise et sort les violons

Publié le par FSC

Stéphane Guérard
L'Humanité du 04 septembre 2026

50 000 adultes en situation de handicap partent tous les ans en vacances adaptées organisées en France.
© Getty images

 

Ce vendredi 04 septembre, à Bobigny, le chef de l’État a rappelé son maigre bilan et multiplier les vœux pieux lors de la conférence nationale qui doit fixer le cap des politiques publiques du handicap pour les trois prochaines années.
À défaut de bilan convaincant et d’annonce de propositions concrètes, huit mois avant la fin de son mandat, Emmanuel Macron s’est livré à une « séquence émotion » lors de son intervention à la septième Conférence nationale du handicap (CNH) à Bobigny, ce vendredi 4 septembre.
« Je suis très fier de ce que nous avons fait ensemble » et « je souhaite et ferai tout, de là où je serai », contre les reculs et pour que « la promesse d’universalité soit réelle, car nous n’y sommes pas encore », avoue-t-il en fin de discours, avant d’appeler les associations représentées dans l’auditoire : « Ne lâchez rien de vos combats car ils sont justes et beaux ».


Mise à part cette grandiloquence, peu de choses à retenir de l’intervention du président de la République, qui a meublé avec un inventaire de son bilan des deux quinquennats : l’école inclusive avec ses 550 000 élèves en situation de handicap scolarisés, la professionnalisation de leurs accompagnants AESH ; la déconjugalisation et revalorisation de l’allocation adulte handicapée ; le rétablissement des droits de vote pour les majeurs sous tutelle ; la prise en charge des fauteuils roulant en faveur de 280 000 bénéficiaires.

Société accessible


En contre-point, la « nouvelle étape » que souhaite Emmanuel Macron pour la prochaine stratégie nationale 2026-29 donne le vertige tant les attentes listées toute la matinée lors de cette conférence par les premières personnes concernées sont légion. Soixante mesures sont attendues dans cette stratégie nationale annoncée cet automne en faveur d’une « société pleinement accessible », où « chacun peut aller à l’école, étudier, travailler, se loger, accéder aux soins, à la, culture et au sport dans les mêmes conditions que les autres ».


Le chef de l’État cible quelques mesures. Pour les « gestes du quotidien » : des terminaux de paiements et des sites web accessibles, des feux de signalisation sonores. À défaut d’un grand plan de construction et un soutien accru au logement social : un répertoire national des logements accessibles. Dans l’éducation nationale : un rapprochement des dispositifs pour assurer la continuité des parcours jusqu’à 20 ans.
Ajoutons un petit coup de pouce pour l’emploi accompagné (20 000 bénéficiaires d’ici 2028) quand son gouvernement coupe année après année dans toutes les politiques publiques mises en place par le ministère du travail. Et la tenue d’une conférence nationale de l’autisme et des troubles du comportement en vue d’une stratégie nationale. Enfin, Emmanuel Macron n’oublie pas qu’il est le président de la start-up nation en appelant à la structuration d’une filière des technologies d’assistance pour accélérer la diffusion et la démocratisation de leurs innovations.


Avant ce discours, les associations avaient déjà prévenu qu’elles attendaient beaucoup de cette conférence en termes d’accessibilité dans les transports, les logements, la citoyenneté, les loisirs, la culture et le sport. L’aide humaine est l’autre grand sujet de préoccupation, le secteur de l’aide à domicile peinant à recruter et à se financer. APF France Handicap appelle ainsi à l’organisation d’un Grenelle sur le sujet.
Après cette conférence, les revendications formulées par les personnes en situation de handicap et leurs représentants associatifs restent encore plus suspendues au bon vouloir du prochain locataire de l’Élysée.

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