« Je suis certain que c’était un sniper » : 95 enfants palestiniens tués d’une balle dans la tête ou dans la poitrine à Gaza, selon la BBC

Publié le par FSC

Clémentine Eveno
L'Humanité du 06 août 2025

 

       L’enquête souligne que des enfants ont été tués en fuyant des zones de combat, d’autres en jouant simplement devant leurs tentes dans des zones humanitaires, ou encore dans des couloirs d’évacuation officiellement désignés par l’armée israélienne.© Anas Deeb/UPI /ABACAPRESS.COM

 

La chaîne anglaise a reconstitué comment Layan al-Majdalawi, deux ans, et Mira Tanboura, six ans, ont été abattues à Gaza en novembre 2023, dans des zones où opérait l’armée israélienne. L’enquête s’appuie sur 168 cas d’enfants tués par balle. Parmi eux, 95 enfants ont été atteints à la tête ou à la poitrine.
Le 9 novembre 2023, à Gaza, Mohamad Al-Majdalawi et sa fille de deux ans, Layan, fuient une zone bombardée avec leur famille. On leur ordonne de partir.


Des images diffusées sur plusieurs chaînes de télévision, dont Al Araby, à la fin du mois de décembre 2023 les montrent touchés par des tirs dans Hamid Street. Pourtant, on ne voit ni n’entend aucun coup de feu. Mohamad portait Layan dans les bras. Sa grande sœur Shahd, âgée de 12 ans au moment des faits, raconte : « Je croyais qu’ils étaient juste tombés… » En réalité, un tireur d’élite les a abattus.


Le père demande à Shahd demande de fuir. La petite fille ne les reverra jamais. Leurs corps sont restés plusieurs jours dans la rue. La famille ignorait l’existence de la vidéo jusqu’à ce que la BBC les contacte. Le professeur Derrick Pounder, spécialiste en médecine légale et intervenant de la vidéo de la chaîne anglaise, estime qu’un seul tir pourrait avoir traversé la fillette avant d’atteindre son père, les tuant tous les deux.
Dans une vidéo publiée le vendredi 1er août, la chaîne d’information BBC reconstitue les histoires de Layan al-Majdalawi, deux ans, et de Mira Tanboura, six ans, toutes deux tuées en novembre 2023 à Gaza, dans des zones où opérait l’armée israélienne.

95 enfants tués d’une balle dans la tête ou la poitrine


Au total, le média a recueilli des témoignages concernant 168 enfants abattus à Gaza. Parmi eux, 95 ont été tués d’une balle dans la tête ou la poitrine. Plus des deux tiers avaient moins de 12 ans.
57 de ces enfants ont été abattus par l’armée israélienne, et deux par des Palestiniens – l’un lors de tirs de célébration, l’autre lors d’un affrontement entre gangs. Pour les 36 cas restants, les circonstances restent malheureusement troubles ou inconnues.


« Nous avons interrogé 30 médecins et infirmiers et examiné des centaines de photos et de vidéos, ainsi que des scanners, des notes médicales et des extraits de journaux qu’ils ont partagés », rapportent les journalistes. Certains d’entre eux ont déclaré avoir vu beaucoup plus d’enfants blessés par balle, rapporte la BBC.
L’enquête souligne que des enfants ont été tués en fuyant des zones de combat, d’autres en jouant simplement devant leurs tentes dans des zones humanitaires, et ou encore dans des couloirs d’évacuation officiellement désignés par l’armée israélienne.


Le 18 novembre 2023, Mira Tamboura, 6 ans, est tuée alors qu’elle fuit avec sa famille en empruntant la route Salah al-Din, désignée comme étant un couloir d’évacuation. Elle est atteinte d’une balle dans la nuque à environ un kilomètre d’un point de contrôle israélien.
Sa mort est prononcée à l’hôpital de al-Awda. « Une seule balle l’a tuée dans le cœur. Je suis certain que c’était un sniper » affirme son père. Aucun affrontement n’était signalé dans la zone au moment des faits.
Interrogée par la BBC, l’armée israélienne a déclaré que les cas de Layan et Mira avaient été enregistrés et « seraient examinés par les autorités compétentes ». Elle a ajouté : « Il est strictement interdit de porter intentionnellement atteinte aux civils, en particulier aux enfants. » Les familles, elles, disent n’avoir aucun espoir de justice. Certaines n’ont même pas pu enterrer les corps.

 

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