À Paris, des milliers de manifestants place de la République crient leur soutien à Gaza et la Flottille de la liberté

Publié le par FSC

Bruno Rieth
L'Humanité du 02 octobre 2025

 

Des milliers de manifestants se sont rassemblés place de la République, à Paris, ce jeudi 2 octobre, en soutien aux membres de la Flottille de la liberté et au peuple palestinien.© Leo RAIMONDJEAN/REA

 

Ils sont des milliers à s'être rassemblés à Paris pour rappeler leur soutien au peuple palestinien et réclamer la libération des membres de la flottille de la liberté illégalement détenus par Israël.
Des milliers de kilomètres les séparent et pourtant, ici sur la place de la République à Paris ou aux larges des côtés de Gaza, la même ferveur insolente les animent.
Ils sont plusieurs milliers d’anonymes à s’être rassemblés, ce jeudi 2 octobre, à partir de 18 heures, en soutien aux membres de la la Flottille de la liberté, formée d’une quarantaine de bateaux chargés d’aide humanitaire à destination de la bande de Gaza, interceptée la veille par les navires israéliens, au large des côtes égyptiennes et gazaouies, dans les eaux internationales. Et évidemment en soutien au peuple palestinien.

Une multitude de voix pour soutenir la Palestine au cœur de Paris


Elle se crée subitement, au cri de « Palestine vaincra » « Free free Palestine », les centaines d’individualités se fondant dans un grand tout, où seul compte l’expression humaniste d’un soutien franc aux palestiniens enfermés dans l’enfer que déchaîne l’armée israélienne sur Gaza.
S’ajoutent aux voix humaines les klaxons réguliers des voitures en soutien aux manifestants et à leur cause. Même un bus de la ligne 75 ajoute son klaxon au joyeux concert métallique. Dans les rues adjacentes à la place de la République, des camions de gendarmes mobiles, par groupe de huit, sont positionnés.


Au même moment, des policiers casqués et tous porteurs de cagoules,  s’alignent le long d’un des côtés de la place, hostiles, matraque en main et empêchent l’accès au lieu. Faute de sonorisation adéquate et adaptée au nombre, impossible d’entendre les orateurs et leurs prises de paroles à moins d’être aux premiers rangs.
Alors, les manifestants discutent entre eux, et s’interrompent un instant pour chanter en coeur un slogan ou applaudir. « Moi je viens d’une famille de droite, ma mère votait Sarkozyste et bizarrement, elle était écologiste aussi », raconte à deux amis, un trentenaire au crâne rasé et à la longue barbe. Sa présence ici coule de source poursuit-il : « Quand je me suis politisé tout de suite ça été à gauche, la question palestinienne ça a participé à ma politisation ».

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Elles ont changé de lieu pour l’occasion, pour faire nombre, venir là où il fallait être. « C’est important ce qu’à voulu accomplir la Flottille, courageux et nécessaire. C’est une action médiatique qui peut faire parler et faire bouger car il faut absolument casser le blocus mais ce n’est pas suffisant. Seules les sanctions changeront la donne », tranche-t-elle.


Selon elle, la reconnaissance par la France d’un Etat palestinien était aussi une marche à gravir même si elle reste méfiante : « Ca aurait du être fait depuis longtemps. Surtout, il ne faudrait pas que ce soit utilisé par la France pour s’arrêter là en estimant en avoir fait suffisamment ».
Ses grands yeux bleu se voile de tristesse lorsqu’on l’interroge sur son pays natal. « Israël est devenue une dictature, pour les Juifs, un temps, elle a été une démocratie. Seulement pour eux. Mais maintenant, ce n’est même plus le cas. C’est aussi pour ça que je suis partie », confie-t-elle.
Puis un sourire se dessine sur son visage. Une troupe de jeunes gens, aux slogans antifasciste, organisent un semblant de manifestation, une déambulation plutôt dans le périmètre resserré par les rangs de policiers. Ils se cassent les cordes vocales en répétant les slogans pro palestiniens. Ruth souffle : « L’espoir n’est pas perdu ».

 

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