Cessez-le-feu à Gaza : Benyamin Netanyahou trouve encore des prétextes pour reprendre la guerre

Publié le par FSC


Pierre Barbancey
L'Humanité du 28 octobre 2025

 

Ce mardi 28 octobre, Benyamin Netanyahou a ordonné à son armée de mener immédiatement des « frappes puissantes » dans la bande de Gaza.© Xinhua/ABACA

 

Le premier ministre israélien a ordonné à l’armée de mener des « frappes puissantes » dans le territoire palestinien. Un nouveau test pour le fragile cessez-le-feu négocié par les États-Unis.
Benyamin Netanyahou attendait ce moment avec impatience. Ce mardi 28 octobre, il a ordonné à son armée de mener immédiatement des « frappes puissantes » dans la bande de Gaza. La présence quasi continue d’envoyés états-uniens sur le sol israélien depuis plusieurs semaines – et non des moindres, puisque se sont succédé le président Trump, le vice-président Vance, le secrétaire d’État Rubio, l’envoyé spécial Witkoff et le gendre Kushner – l’en avait empêché. À peine ceux-ci partis, le premier ministre a laissé libre cours à ce qui est son mantra depuis toujours : garder d’une manière ou d’une autre la maîtrise du territoire palestinien.
Isolé sur la scène internationale après les gigantesques manifestations à travers le monde, y compris aux États-Unis, Donald Trump – pourtant totalement complice du génocide par l’envoi d’armes ultrasophistiquées et l’application d’un veto à toute résolution des Nations unies visant à l’arrêt de la guerre – a finalement fait pression sur l’allié israélien. Le 19 septembre, un plan présenté comme « de paix » était dévoilé à la Maison-Blanche et un cessez-le-feu instauré le 10 octobre.

Des groupes palestiniens armés avec la bénédiction d’Israël


Mais, à la lecture des 20 points du plan Trump, on comprenait qu’au-delà de la première phase (cessez-le-feu et échange de prisonniers israéliens et palestiniens), prompte à desserrer l’étau mondial, plus rien n’était assuré. Même le retrait israélien évoqué n’était pas clair, Netanyahou affirmant que ses troupes ne quitteraient jamais totalement la bande de Gaza. Un premier mouvement a bien été enregistré, Israël imposant une « ligne jaune » infranchissable pour les Palestiniens, s’étendant du nord au sud, permettant encore un contrôle de plus de 50 % du territoire en miettes.
On sentait bien néanmoins la volonté israélienne de profiter de tout incident pour tenter d’en finir avec ce cessez-le-feu, comme cela s’était déjà produit en mars, après une première accalmie décrétée en janvier. Le 19 octobre, Israël annonçait la mort de deux de ses soldats par des tirs qu’il attribuait au Hamas et ripostait par une série de frappes, tuant plus de 40 Palestiniens.


Ce week-end, Tel-Aviv a mené une frappe aérienne contre ce qu’il a présenté comme des militants du Jihad islamique préparant une attaque, blessant plusieurs personnes. Autant d’incidents les semaines précédentes qui avaient amené Washington à réagir – d’où les multiples déplacements – et même à calmer le jeu, Trump affirmant qu’il avait confiance en la capacité du Hamas à respecter le cessez-le-feu.
Pouvait-il en dire autant de son « ami Bibi », pour reprendre le surnom du premier ministre ? Pas sûr ! L’ordre de Netanyahou de « frappes puissantes » fait suite à une intensification des tensions, après qu’Israël a signalé, une fois de plus, des tirs du Hamas sur ses forces dans le sud de Gaza, et après la restitution par l’organisation islamique palestinienne des restes humains que Tel-Aviv a attribué à un otage récupéré plus tôt dans la guerre.
Ce qui en ferait un casus belli. Ce serait ignorer que dans cette même région sud, près de Rafah, évoluent des groupes palestiniens armés avec la bénédiction d’Israël et dont on peut se demander quelle est leur mission réelle, et pour qui ils évoluent. On saura dans les prochains jours si cette escalade signifie la reprise de la guerre génocidaire.

 

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