La CGT des dockers va débrayer pour Gaza : il faut un appel national à la grève pour la Palestine

Publié le par FSC

Vendredi 10 octobre, la Fédération nationale des ports et docks CGT appelle à une grève de deux heures en solidarité avec la flottille pour Gaza. Une initiative importante mais qui reste symbolique. Face à l'urgence de la situation, les directions syndicales doivent appeler à une grève nationale comme en Italie !

Rafael Cherfy

3 octobre

 

 

 

 

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la flottille pour Gaza, qui cherchait à briser le blocus imposé par Israël, a été violemment attaquée par l’État d’Israël et ses militants arrêtés. En réponse, la Fédération nationale des ports et docks CGT a annoncé dans un communiqué ce vendredi appeler à une grève de deux heures le vendredi 10 octobre, de 12 h à 14 h. La fédération dénonce une « décision honteuse » du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou et entend marquer un geste de solidarité avec le peuple palestinien.

Cet appel fait suite à la participation de la fédération à une réunion internationale à Gênes en Italie, rassemblant différents syndicats de dockers et de travailleurs portuaires européens. De ce meeting est sorti un appel s’organiser contre le génocide en cours, à exiger l’ouverture urgente de couloirs humanitaires, refuser la militarisation des ports et agir pour la paix.

Dans le contexte français, où l’intersyndicale bride la mobilisation en cours par sa stratégie de la défaite et reste l’arme au pied sur le génocide à Gaza, l’initiative des dockers a le mérite de poser l’enjeu d’une réaction du mouvement ouvrier. Elle montre qu’il est possible de transformer la solidarité avec Gaza en action concrète sur les lieux de travail, là où les travailleurs peuvent peser réellement.

Cependant, un arrêt de deux heures reste très loin de ce qu’exige l’urgence de la situation. Face au massacre en cours, à l’arrestation de la flottille et à la complicité active des grandes puissances impérialistes, il faut beaucoup plus qu’une démonstration symbolique. Ce qu’il faut, c’est une véritable mobilisation nationale, capable de bloquer l’économie et de faire entendre la voix des travailleurs contre la guerre et pour la fin du génocide. Les directions syndicales ont la responsabilité d’appeler clairement à une grève de cette ampleur.

En Italie, une grève générale est justement appelée ce vendredi par plusieurs syndicats dont l’USB et la CGIL en réaction à l’arrestation de la Global Sumud Flotilla par Israël. Après une première mobilisation nationale massive le 22 septembre prolongée par de nombreuses actions blocages et manifestations ces derniers jours, le mouvement ouvrier italien montre la voie à suivre pour s’opposer sérieusement au génocide en cours.

C’est en liant la lutte contre la guerre à celle des travailleurs dans chaque secteur - pour les salaires, contre les licenciements et la répression - qu’un véritable rapport de force pourra être construit. Et c’est par une grève internationaliste commune, coordonnée à l’échelle européenne comme défendue par le meeting accueilli par les dockers de Gênes en Italie, qu’il sera possible de bloquer la machine de guerre israélienne et d’en finir avec l’oppression du peuple palestinien.

 

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