NANTERRE : André CHABENET
| Cette photographie a été prise par Roland RICHA le 10 novembre 2025 à proximité de la rue André Chabenet à Nanterre, quartier du Mont-Valérien (92 - France). |
André Chabenet, né le 11 novembre 1905 à La Châtre-Langlin (Indre), condamné à mort par un tribunal nazi, fusillé le 10 avril 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; plombier ; militant communiste ; résistant.
André Chabenet, fils de Louis et Clémentine Bouet, marié, père de deux filles âgées de cinq et dix ans, demeurait dans un pavillon dont il était propriétaire 6 rue du Progrès à Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine). Il avait travaillé comme cantonnier à la ville de Nanterre jusqu’à la déclaration de guerre. Il avait été mobilisé du 3 septembre 1939 au 30 juillet 1940. À son retour, il travailla en qualité de plombier à l’entreprise Damond, à Paris (XIXe arr.).
La dissolution du Parti communiste par décret du 26 septembre 1939, ne l’empêcha pas de continuer à militer. Il faisait partie d’un groupe qui diffusait des tracts à Nanterre. Il était partie prenante d’un important centre clandestin de propagande communiste qui rayonnait plus particulièrement dans la banlieue Ouest de Paris et dans certaines localités de Seine-et-Oise. Ce centre clandestin constituait le quatrième secteur de l’appareil illégal et était dirigé par Félix Pozzi, responsable à la propagande.
Les écrits étaient signés du comité de chômeurs, du comité populaire ou encore à l’en tête du journal local L’Éveil de Nanterre édité par la section communiste, jusqu’à la fin août 1939. Un habitant de Nanterre se présenta, à la mi-août 1941, au poste de police de la ville, puis le 30 août au commissariat de Puteaux. Il se plaignait de la présence de tracts dans sa boîte aux lettres. L’attitude de cet informateur parut suspecte ; il fut arrêté et livra le nom d’Hébert. Le commissaire chargea immédiatement la Brigade spéciale d’intervention du commissariat de mener l’enquête. La presque totalité des militants fut repérée et quinze arrestations s’échelonnèrent entre le 2 et le 16 septembre 1941. André Chabenet fut arrêté le 9, par trois policiers, sur son lieu de travail pour activité communiste et infraction au décret Daladier du 26 septembre 1939. Il fut détenu trois jours dans les locaux du commissariat. Puis il fut livré aux autorités allemandes et incarcéré à la prison de la Santé.
Le procès eut lieu le 24 mars 1942, devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) où le commissaire de Puteaux témoigna à charge. Quinze condamnations à mort furent prononcées, dont celles d’André Chabenet, Lucienne Hébert et Florentine Berson pour « intelligence avec l’ennemi ». Le 10 avril 1942 dans l’après-midi, il fut passé par les armes au Mont-Valérien avec onze de ses camarades. L’abbé allemand Stock dit dans son Journal de guerre, « La plupart des communistes moururent en criant : « Vive le Parti communiste ! ».
Son inhumation eut lieu dans la division 39, ligne 2, tombe 42 du cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Le conseil municipal de Nanterre décida en octobre 1944 d’honorer la mémoire d’André Chabenet en donnant son nom à une rue. Son nom figure sur le monument aux morts de Nanterre, dans le parc des Anciennes Mairies. Le ministère des Anciens Combattants lui attribua la mention « Mort pour la France » le 6 février 1950, avis régularisé par l’Office national des anciens combattants en date du 20 janvier 2012.