Eurovision : quatre pays se retirent face au maintien d’Israël, la France se félicite d’avoir « contribué à empêcher un boycott »

Publié le par FSC

Le double langage du ministre BAROT des affaires étrangères :

Pour Israël :

"Assumons sans fard les différends politiques et les désaccords gouvernementaux, si profonds soient-ils. Mais laissons la poésie, le cinéma et la musique rapprocher les êtres", résume Jean-Noël Barrot sur les réseaux sociaux.
Mais s'agissant des athètes et des artistes russses ALORS là pas de place pour le rapprochement des êtres et des peuples et la propagande russophobe peuyt couler à flots !

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Tom Demars-Granja
L'Humanité du 05 décembre 2025
 

 

Made by Israel...

 

L’Union européenne de Radio-Télévision (UER) a officialisé la présence d’Israël lors de l’Eurovision 2026, prévu en mai prochain, poussant l’Espagne, les Pays-Bas, l’Irlande et la Slovénie, à boycotter l’événement en soutien au peuple palestinien, victime d’un génocide. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a préféré se féliciter « que la France ait contribué à empêcher un boycott d’Israël ».
En une décision, prise lors de son assemblée générale, l’Union européenne de Radio-Télévision (UER), chargée de l’organisation de l’Eurovision, s’est tirée une balle dans le pied. L’organisme, appuyé par un grand nombre de pays participants, a décidé d’officialiser la présence d’Israël lors de l’édition 2026, rejetant les demandes de vote de plusieurs pays participants.
Lors de l’assemblée générale, tenue jeudi 4 décembre, à Genève, « une large majorité » des diffuseurs a « convenu de ne pas organiser un vote sur la participation » de Tel-Aviv. Des modifications du règlement ont néanmoins été annoncées, pour « renforcer la confiance, la transparence et la neutralité de l’événement ». Le président israélien, Isaac Herzog, s’est dit « satisfait » de cette décision, lui qui considère que son pays « mérite d’être représenté sur toutes les scènes du monde ».

L’un des « cinq grands » financeurs de l’Eurovision
Malgré le génocide dans la bande de Gaza, la colonisation de la Cisjordanie et les multiples bombardements sur le Liban, la Syrie ou encore l’Iran, l’UER et plusieurs de ses membres continuent de soutenir une présence israélienne lors de l’événement musical. En signe de protestation, quatre pays – l’Espagne, les Pays-Bas, l’Irlande et la Slovénie – ont annoncé, via leurs diffuseurs respectifs, leur retrait de l’édition 2026, prévue à Vienne, du 12 au 16 mai prochain.
Des départs signifiants, symboliquement comme économiquement : l’Espagne est l’un des « cinq grands » financeurs de l’Eurovision (avec la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie), l’Irlande a remporté sept fois le concours et les Pays-Bas cinq fois. De quoi laisser penser au quotidien espagnol El Pais que l’on assiste à la « plus grave crise de l’histoire du concours ».
« La situation à Gaza, malgré le cessez-le-feu et l’approbation du processus de paix, ainsi que l’utilisation du concours à des fins politiques par Israël, rendent de plus en plus difficile le maintien de l’Eurovision en tant qu’événement culturel neutre », a réagi le secrétaire général de la chaîne de télévision publique espagnole RTVE, Alfonso Morales. À Dublin, le groupe audiovisuel public irlandais RTE a dénoncé les « pertes humaines effroyables à Gaza ». Le diffuseur néerlandais, Avrotros, a enfin évoqué une « incompatibilité » de ses valeurs avec la participation d’Israël.
Les diffuseurs ont peu de jours pour se décider : l’UER presse pour que la liste finale des participants soit officialisée « avant Noël ». De nouveaux boycotts pourraient donc être annoncés. Le diffuseur islandais RUV a par exemple annoncé réserver sa décision pour mercredi 10 décembre. De même pour la RTBF, en Belgique, qui doit statuer sur sa participation dans les prochains jours.

« Israël fait partie de l’Eurovision »


D’autres, comme la RTP au Portugal, ont d’ores et déjà officialisé leur présence, satisfaits de la « modification du règlement ». Pareil pour le diffuseur allemand SWR via sa maison mère, le groupe audiovisuel public ARD, et le groupe audiovisuel public autrichien ORF, qui se sont félicités de cette annonce. Les diffuseurs finlandais, danois, suédois et norvégien ont fait de même.
« Israël fait partie de l’Eurovision tout comme l’Allemagne fait partie de l’Europe », a tenté de justifier le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer, au journal Bild. L’approbation des nouvelles mesures par les diffuseurs « démontre l’engagement commun de nos membres à protéger la transparence et la confiance dans le Concours Eurovision de la Chanson, le plus grand événement musical live au monde », a de son côté estimé Delphine Ernotte Cunci, la présidente de l’UER et de France Télévisions.
La présence de la France a été officialisée dans la matinée du vendredi 5 décembre. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, est même allé jusqu’à se féliciter « que l’Eurovision n’ait pas cédé aux pressions, et que la France ait contribué à empêcher un boycott d’Israël dans cette enceinte ».
Lors de l’édition 2025, alors que sa présence était déjà remise en cause, Israël a été accusé d’ingérences et d’instrumentalisation politique. « Il y a eu un effort concerté parmi les partisans d’Israël pour glaner les votes de ceux qui ne regardent traditionnellement pas l’émission », assumait notamment le média proche du gouvernement Netanyahou, Time of Israel.
La chanteuse israélienne Yuval Raphael, survivante de l’attaque du 7 octobre 2023, était arrivée deuxième au concours, portée par le vote du public dans le monde – il est interdit de voter pour son pays. En 2024 aussi, les jurys nationaux avaient largement snobé Israël. Mais le vote du public avait fait bondir la candidate israélienne, Eden Golan, à la cinquième place.
Sous pression des appels au boycott, l’UER avait annoncé, le 21 novembre, une modification des règles du télé-crochet et un renforcement des efforts pour « détecter et prévenir toute activité de vote frauduleuse ou coordonnée ». Les nouvelles mesures, approuvées jeudi, « découragent vivement toute campagne promotionnelle disproportionnée (…), en particulier si celle-ci est lancée ou appuyée par des tiers, notamment un gouvernement ou une agence gouvernementale ».
Le concours prévoit que tous les habitants des dizaines de pays participants au concours peuvent voter, par téléphone, SMS ou en ligne. Dans chaque pays, un jury de professionnels vote également. Ces deux votes ont le même poids. Mais avec les nouvelles règles, le nombre maximal de voix par mode de paiement « passera de vingt à dix ». Des annonces qui paraissent bien faibles en comparaison des massacres commis dans les territoires palestiniens.

 

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