Génocide à Gaza : l’administration Trump sanctionne deux juges de la CPI pour leur enquête sur les crimes d’Israël

Publié le par FSC

Julia Hamlaoui
L'Humanité du 19 décembre 25
 

 

       Ces sanctions ne sont pas une première et s’inscrivent dans la vaste chasse aux sorcières entreprise par Donald Trump pour décrédibiliser et dissuader l’instance de justice internationale qui a émis un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahou.© Bonnie Cash/UP /ABACAPRESS.COM

 

Pour avoir voté avec la majorité de la Cour pénale internationale pour rejeter, lundi 15 décembre, un recours d’Israël visant à mettre fin à une enquête sur des crimes de guerre à Gaza, deux nouveaux juges de la CPI subissent les foudres des États-Unis. Ils ont écopé, jeudi, de sanctions de Washington, a annoncé l’administration Trump.
Deux juges de la Cour pénale internationale (CPI) de plus, Gocha Lordkipanidze, ancien ministre de la Justice de Géorgie et Erdenebalsuren Damdin, de Mongolie, figurent désormais sur la liste noire des États-Unis. La Maison Blanche reste ainsi déterminée à manifester son soutien à leur allié israélien malgré le génocide en cours à Gaza.
Leur tort ? Avoir voté avec la majorité de la Cour pour rejeter, lundi 15 décembre, un recours d’Israël visant à mettre fin à une enquête sur des crimes de guerre dans l’enclave Palestinienne. Le chef de la diplomatie états-unienne, Marco Rubio, a confirmé les sanctions jeudi 18 décembre, dans un communiqué.

Une « atteinte à l’état de droit »
« Nous ne tolérerons pas les abus de pouvoir de la CPI qui violent la souveraineté des États-Unis et d’Israël et soumettent à tort des ressortissants américains et israéliens à la juridiction de la CPI », a déclaré le secrétaire d’État américain, cité dans le communiqué. Benyamin Netanyahou, visé – comme son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant – par un mandat d’arrêt émis en novembre 2024 par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, s’est bien entendu félicité de cette décision de son indéfectible soutien.
Le premier ministre israélien a ainsi salué « l’action forte » de Washington, tandis que son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, remerciait sur X Marco Rubio « pour cette position morale claire » des États-Unis. Ces sanctions interdisent aux juges d’entrer aux États-Unis et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux dans la première économie mondiale. Elles ne sont pas une première et s’inscrivent dans la vaste chasse aux sorcières entreprise par Donald Trump pour décrédibiliser et dissuader l’instance de justice internationale, à laquelle ni son pays ni Israël ne sont partis faute d’avoir adhéré au traité l’ayant institué.
Déjà neuf magistrats et procureurs de la CPI ont été victimes de telles décisions, sans pour autant décourager la Cour qui a aussitôt réagi à la nouvelle salve dans un communiqué, disant « rejeter fermement les nouvelles sanctions américaines ».
Elles « constituent une atteinte flagrante à l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale, qui opère conformément au mandat que lui ont conféré les États parties », dénonce-t-elle. Et d’ajouter : « De telles mesures, ciblant des juges et des procureurs élus par les États parties, portent atteinte à l’état de droit » et mettent « en péril l’ordre juridique international ».


 

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