«Un accident intolérable» : CGT et CFDT se portent partie civile après l’explosion mortelle de l’usine Elkem à Lyon
C'est dans le Figaro :
Les deux syndicats vont se constituer partie civile après l’explosion, lundi, qui a fait deux morts et deux blessés à l’usine chimique Elkem Silicones, à Saint-Fons.
Les syndicats demandent une «enquête approfondie» après ce nouveau drame survenu. La CGT et CFDT ont annoncé leur intention de se constituer partie civile après l’explosion de lundi qui a fait deux morts et deux blessés lundi à l’usine chimique Elkem Silicones, à Saint-Fons, près de Lyon, ont-ils indiqué à l’AFP. Dans un communiqué publié mercredi, la CGT, majoritaire avec la CFDT dans l’entreprise, a dénoncé un accident «intolérable».
«Il y a eu cet après-midi un CSE extraordinaire avec la direction sur l'accident. À la suite de cela, la CGT a annoncé qu'elle se constituera partie civile», a déclaré à l'AFP Jacques Lacaille, responsable CGT Chimie Rhône. La CFDT a également annoncé à la direction d'Elkem Silicones son intention de se constituer partie civile, a indiqué à l'AFP Estelle Delaune, secrétaire générale CFDT Syndicat Chimie Énergi
L'explosion lundi, dont l'origine est encore indéterminée, dans un atelier expérimental de cette usine chimique classée Seveso seuil haut a fait deux morts - le second est un homme de 55 ans décédé ce vendredi de ses brûlures - et deux blessés - une femme et un homme. Le premier défunt, âgé de 47 ans, était lui-même adhérent CFDT et présent depuis de longues années dans l’entreprise, a indiqué une source syndicale au Figaro. L’émoi est vif au sein de l’entreprise. Selon cette même source, «les salariés sont très choqués».
Un décès en 2016 et plusieurs alertes depuis
Pour la CGT, cet accident «interroge lourdement sur l’organisation du travail, l’évaluation des risques, la maintenance et les choix de la direction en matière de prévention». La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, avait déclaré mardi que «des mesures» devraient «être prises pour qu’un tel drame ne se reproduise pas». Il s’agit des deuxième et troisième décès enregistrés en près de dix ans sur le site Elkem de Saint-Fons, après la mort en 2016 d’un homme tué dans l’incendie de fûts de silicone dans un entrepôt. Plusieurs alertes préfectorales ont par ailleurs été émises ces dernières années pour des non-conformités, en matière de sécurité notamment.
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour blessures involontaires par personne morale et homicide involontaire par personne morale dans le cadre du travail. Elle a été confiée à la Division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS) et à la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS).
Le directeur de l'usine, Jean-Pierre Lerat, avait avancé lundi que la déflagration avait pu être causée par une émanation d'hydrogène «dans un atelier expérimental». Selon un porte-parole de l'entreprise, l'explosion a eu lieu alors qu'une équipe réalisait une «manipulation relativement courante» dans cet atelier, qui répondait, selon lui, «aux dernières normes de sécurité». Située dans la «vallée de la chimie», au sud de Lyon, l'usine de Saint-Fons emploie quelque 570 personnes, selon le site internet d'Elkem.
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