Génocide à Gaza : 37 ONG interdites d’exercice, dénonce l’ONU

Publié le par FSC

Lina Sankari
L'Humanité du 31 décembre 2025

 

Si l’accord de cessez-le-feu du 10 octobre prévoit l’entrée de 600 camions d’aide humanitaire par jour, Israël n’en laisse passer que 100 à 300 selon les ONG et les Nations unies.© Rizek Abdeljawad/Xinhua

 

L’entreprise génocidaire se poursuit à bas bruit dans l’enclave palestinienne. En plus de laisser les camions d’aide entrer au compte-goutte, Tel Aviv prévoit d’expulser des organisations internationales. Explications.
Malgré le cessez-le-feu, le génocide se poursuit à Gaza et Israël semble déterminé, non plus à se contenter de limiter l’accès à l’aide et aux secours essentiels, mais à interdire totalement à trente-sept organisations humanitaires internationales d’exercer dès le 1er janvier dans l’enclave palestinienne ainsi qu’en Cisjordanie occupée. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a immédiatement réagi à cette annonce qu’il juge « scandaleuse ».
Alors que les bombardements se poursuivent – 393 personnes ont été tuées et plus de mille autres blessées depuis le 10 octobre – et que des centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes survivent dans des tentes, sous la pluie et par un vent glacial, le responsable onusien ajoute : « De telles suspensions arbitraires aggravent encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza. »


Comme à l’accoutumée, Tel Aviv a une excuse toute trouvée pour justifier l’horreur. Ces ONG « savent, comme nous le savons, que certaines d’entre eux sont impliquées dans le terrorisme ou liées au Hamas », a expliqué, ce mercredi, Gilad Zwick, un porte-parole du ministère de la diaspora.
Ainsi, les associations sont-elles sommées de transmettre le nom de leurs employés palestiniens au risque de voir leur licence révoquée, et leur activité cesser d’ici au 1er mars. La liste de ces ONG n’a pas été officialisée, mais Israël accuse Médecins sans frontières (MSF) d’employer deux personnes ayant des liens avec des groupes armés. Ce que l’organisation récuse. “Cela s’inscrit dans le cadre de la tentative de l’occupation de politiser l’action humanitaire et d’en faire un instrument de chantage contre notre peuple palestinien”, a de son côté dénoncé le Hamas qui pointe un “comportement criminel”.

100 à 300 camions entrent quotidiennement à Gaza


On a encore du mal à voir ce que pèsent les seules condamnations européennes, en l’absence de sanctions politiques et économiques, mais Hadja Lahbib, la commissaire à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises, a expliqué sur son compte X : « L’UE a été claire : la loi sur l’enregistrement des ONG ne peut pas être appliquée sous sa forme actuelle. »
L’accord de cessez-le-feu du 10 octobre prévoit l’entrée de 600 camions par jour. Or, selon les ONG et les Nations unies, seuls 100 à 300 véhicules pénétreraient quotidiennement dans l’enclave, en deçà des besoins de populations particulièrement vulnérables. Ces restrictions violent les recommandations de la Cour internationale de justice (CIJ) pour empêcher le génocide. Cette dernière ordonnait notamment la garantie par Israël de l’accès à l’aide humanitaire.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article