MAYOTTE : La CGT dénonce une "chasse aux sorcières" contre les grévistes à Electricité de Mayotte
Dans un communiqué, la CGT évoque "une logique de répression systématique" des grévistes, en référence à des événements survenus en juin 2025. La direction d'EDM assure "ne mener aucune action de discrimination."
Par Raphaël Cann , Ilona Youssouffa
/outremer%2F2025%2F06%2F10%2Flongoni-port-et-centrale-electique-6-id17351-800x450-6848058edfff9581462503.jpg)
Alors que Mayotte a connu deux coupures générales d'électricité en deux semaines, la CGT dénonce dans un communiqué "des pratiques persistantes d’oppression" contre les représentants syndicaux, de part des "refus répétés de postulations" ou encore des "pressions constantes" à "se conformer à la ligne imposée par la direction lors des réunions du CSE." Une politique jugée "coloniale et antisociale" par le syndicat.
Le syndicat revient une nouvelle fois sur les événements survenus le 10 juin 2025, lorsque le territoire a été frappé par des coupures ponctuelles d'électricité, liées selon la direction à la prise de commandes de la centrale de Longoni par des grévistes. Selon la CGT, suite à l'arrêt d'un groupe de la centrale des Badamiers, le directeur d'EDM serait "intervenu personnellement pour exiger le démarrage d'un groupe sur le site de Longoni", où des grévistes avaient installé préalablement un piquet de grève "sans jamais intervenir sur l’outil de production." Le syndicat accuse la direction d'avoir voulu "créé artificiellement une situation permettant d'incriminer les grévistes" et fait valoir des manquements aux conditions de sécurité.
La direction d'EDM indique qu'elle "s’inscrit en faux contre ces accusations mensongères et confirme ne mener aucune action de discrimination, de quelque nature que cela soit." Le torchon brûle depuis le mois de juin dernier avec le syndicat. Si des consensus ont été trouvés sur plusieurs points, la direction et la CGT se sont accusées mutuellement de faire capoter les négociations durant plusieurs semaines. Le dialogue a été rompu autour de la question des sanctions disciplinaires et judiciaires "liées à l’envahissement de la salle de commande de la centrale de Longoni" selon la direction. Un débat qui se poursuit plus de six mois après les faits.