VENEZUELA : mise en scène trumpienne

Publié le par FSC

Le président américain publie des photos le montrant en train de superviser l’opération américaine au Venezuela en compagnie de hauts responsables

Réaction de la Chine sur le tabloïd officiel chinois Global Times alors que la Chine comme la Russie et d’autres gouvernements exigent la libération de Maduro (1)

note de Franck Marsal pour Histoire&Société

 La mise en scène est importante, pour une opération qui est habillée « à la Trump », par des annonces aussi spectaculaires qu’extravagantes (les USA vont gérer le Venezuela, qui va devenir riche et heureux – discours déjà tenu pour Gaza et – à demi-mots – pour l’Ukraine), mais qui ne fait que révéler une fuite en avant militariste dangereuse. Trump joue toujours des opérations de politique intérieure. Apparaître fort et victorieux, alors que les élections de mi-mandat auront lieu en novembre le sert également, sans parler de sa capacité (ainsi présumée) à arbitrer des enjeux financiers très importants (y compris entre les compagnies états-uniennes elle-mêmes) pour l’économie des USA. Le monde se divise désormais en deux catégories : ceux qui, comme Macron ont entendu du bruit et se sont immédiatement couchés sous la table, et ceux qui réaffirment des principes. 

Mais une question se pose néanmoins : qui pourra faire entendre raison à la première puissance militaire mondiale, sans provoquer une catastrophe nucléaire ou, dit autrement, au delà des mots, sur quel soutien concret le peuple et le gouvernement vénézuélien pourra-t-il compter en dehors de lui-même ? Tout le monde pense à la Chine, mais la Chine, bien sûr, ne dévoile pas encore son jeu. Cependant les mobilisations s’amorcent, une bataille de longue durée peut-être engagée mondialement. La liberté du Venezuela est la nôtre. Il n’y aura aucune place dans le monde pour une France libre si le Venezuela est ainsi colonisé 

 

AMÉRIQUES

Le président américain Donald Trump publie sur les réseaux sociaux des photos le montrant en train de superviser l'opération militaire américaine au Venezuela dans la nuit du 3 janvier 2026. Photo : Capture d'écran d'un reportage de NBC News

Le président américain Donald Trump publie sur les réseaux sociaux des photos le montrant en train de superviser l’opération militaire américaine au Venezuela dans la nuit du 3 janvier 2026. Photo : Capture d’écran d’un reportage de NBC News

Le président américain Donald Trump a publié des photos sur les réseaux sociaux le montrant supervisant l’opération militaire américaine au Venezuela dans la nuit de samedi à dimanche, en compagnie du secrétaire d’État Marco Rubio, du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, du directeur de la CIA John Ratcliffe et du chef d’état-major des armées, le général Dan Caine, entre autres, a rapporté NBC samedi. À 4 h 21 samedi matin, Trump a publié un message sur sa plateforme Truth Social : les États-Unis avaient mené une mission audacieuse pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse, a rapporté Reuters. 

Cette action a surpris, mais selon des sources proches du dossier, la planification de l’une des opérations américaines les plus complexes de mémoire récente était en cours depuis des mois et comprenait des répétitions détaillées, toujours selon Reuters. Trump a déclaré lors d’une conférence de presse samedi que les États-Unis « géreraient » le Venezuela temporairement pendant la transition et « relanceraient l’approvisionnement en pétrole », a rapporté CBS News. 

La Delta Force, une unité d’élite des forces spéciales de l’armée américaine, a mené l’opération pour capturer Maduro, ont indiqué des responsables à CBS News.

Maduro et son épouse ont atterri à l’aéroport international Stewart de New Windsor, dans l’État de New York, samedi après-midi. Ils sont accusés de complot en vue de commettre un narcoterrorisme, de trafic de cocaïne et d’infractions liées aux armes, selon NBC News. 

Le procureur général du Venezuela a déclaré que des civils innocents avaient été tués lors des frappes militaires menées contre plusieurs installations à Caracas et dans ses environs. Des sources ont indiqué à NBC News que des soldats américains avaient également été blessés, mais que leur état était stable.

Les États-Unis ont déployé plus de 150 aéronefs, dont des bombardiers de pointe, des hélicoptères et des drones, lors d’un raid nocturne spectaculaire à Caracas, au Venezuela, d’après le président Trump et le chef d’état-major des armées, le général Dan Caine, comme l’a rapporté le média américain Axios. Les aéronefs ont décollé de 20 sites différents, « sur terre et en mer, à travers l’hémisphère occidental », a précisé le général Caine, toujours selon Axios. Parmi eux figuraient des F/A-18, des EA-18, des F-22, des F-35, des E-2, des bombardiers B-1 et « de nombreux drones », a ajouté le média américain. Des images circulant sur les réseaux sociaux semblent montrer des hélicoptères MH-47 Chinook du 160e régiment d’aviation des opérations spéciales, a ajouté Axios.

Au moins 40 personnes ont été tuées lors de l’attaque américaine contre le Venezuela tôt samedi matin, parmi lesquelles des militaires et des civils, selon un haut responsable vénézuélien s’exprimant sous couvert d’anonymat pour décrire les premiers rapports, rapporte le New York Times.

Trump, s’exprimant sur Fox News samedi, a déclaré qu’aucun soldat américain n’avait été tué. Il a toutefois laissé entendre que certains militaires avaient été blessés, selon le New York Times. Le président américain a déclaré : « Nous sommes prêts à lancer une deuxième attaque, beaucoup plus importante, si nécessaire », ajoutant que les États-Unis avaient supposé qu’une deuxième vague serait nécessaire, mais que « maintenant, ce n’est probablement plus le cas », a rapporté CBS News. L’intervention militaire américaine contre le Venezuela a profondément choqué la communauté internationale.

Plusieurs pays ont fermement condamné l’attaque menée par les États-Unis contre le pays. Le Venezuela a dénoncé l’« agression militaire » américaine après que de fortes explosions ont été entendues et que des avions ont été aperçus au-dessus de sa capitale, Caracas, plus tôt dans la journée. « La Chine est profondément choquée et condamne avec la plus grande fermeté l’usage flagrant de la force par les États-Unis contre un État souverain et les mesures prises contre son président », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères au sujet des frappes militaires américaines au Venezuela. « De tels actes hégémoniques des États-Unis violent gravement le droit international et la souveraineté du Venezuela, et menacent la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes. La Chine s’y oppose fermement. Nous appelons les États-Unis à respecter le droit international et les buts et principes de la Charte des Nations Unies, et à cesser de violer la souveraineté et la sécurité d’autres pays », a ajouté le porte-parole.

(1) La Chine exhorte les États-Unis à libérer Nicolas Maduro et son épouse « immédiatement »note la Turquie

– Pékin exprime sa « profonde préoccupation face à la capture forcée du président Nicolas Maduro et de son épouse par les États-Unis », indique le ministère des Affaires étrangères

Berk Kutay Gokmen  |04.01.2026 – Mıse À Jour : 04.01.2026

     AA / Istanbul / Berk Kutay Gokmen

La Chine a exhorté dimanche les États-Unis à « cesser de renverser » le gouvernement du Venezuela et a appelé à la libération « immédiate » du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse.

« La Chine exprime sa profonde préoccupation face à la capture forcée du président Nicolas Maduro et de son épouse par les États-Unis et à leur transfert hors du pays », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Cette action des États-Unis constitue une violation manifeste du droit international, des principes fondamentaux régissant les relations internationales, ainsi que des buts et principes de la Charte des Nations unies », a-t-il ajouté, selon un communiqué publié sur le site du ministère.

Il s’agit de la deuxième déclaration publiée par Pékin depuis samedi, après que le président américain Donald Trump a annoncé que Washington avait capturé Maduro et son épouse et les avait exfiltrés hors du pays.

« La Chine appelle les États-Unis à garantir la sécurité personnelle du président Nicolas Maduro et de son épouse, à les libérer immédiatement, à cesser de renverser le gouvernement du Venezuela et à régler les différends par le dialogue et la négociation », a poursuivi le porte-parole.

Plus tôt samedi, Pékin avait dénoncé les « actes hégémoniques » et le « recours flagrant à la force » des États-Unis contre le Venezuela et son président, exhortant Washington à respecter la Charte des Nations unies.

Samedi, le gouvernement vénézuélien a accusé les États-Unis d’avoir attaqué des installations civiles et militaires dans plusieurs États et a décrété l’état d’urgence national.

Le président américain Donald Trump a ensuite confirmé une frappe « d’ampleur », ajoutant que le président Nicolas Maduro et son épouse avaient été « capturés et exfiltrés hors du pays ».

Ces attaques interviennent après des mois de pressions croissantes de Washington sur Maduro, que les États-Unis accusent d’être impliqué dans le trafic de drogue. Le dirigeant vénézuélien a rejeté ces accusations et affirmé sa volonté de dialogue.

* Traduit de l’anglais par Adama Bamba

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