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Publiรฉ le par FSC

 

 

LES OUVRIERS DES PORTS ET DOCKS ENGAGENT UNE GREVE GENERALE EN MER MEDITERRANEE CE 6 FEVRIER
 
A l'occasion de la magnifique grève générale qui paralyse plus de 20 ports méditerranéens ce 6 février, nous avons réalisé un entretien avec Francesco Straccioli, responsable de la confédération syndicale italienne USB et membre du secrétariat de l'Union Internationale Syndicale Transport, Ports, Pêche et Communication, de la Fédération Syndicale Mondiale
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Francesco Straccioli,
Les raisons qui sous-tendent l’appel à cette première journée internationale de lutte dans les ports et docks sont essentiellement liées au fait que :
1) les dockers, hommes et femmes, refusent d'être complices de la guerre, donc du mécanisme de transport, de chargement et de déchargement des armes, qui sont utilisées pour alimenter les conflits, en particulier le génocide,
2) cette course folle à l'armement est lié au plan de réarmement à 800 milliards d’euros de l'Union européenne, un projet destiné à retirer des ressources aux salariés et aux services publics,
3) l'économie de guerre que nous connaissons depuis 2022 avec l'augmentation des prix des biens énergétiques et la spéculation qui enrichit les banques, les entreprises, appauvrit nos salaires et nos conditions de travail et,
4) dernier point mais non des moindres, le plan de militarisation des ports, le Military Mobility Act que l'Union européenne a lancé pour un montant d'environ 100 milliards d'euros, qui prévoit la militarisation des ports et des infrastructures stratégiques, ce qui ouvre la voie à la réduction, voire à la suppression, des espaces d’opposition dans les ports et les infrastructures stratégiques, au feu vert pour tout type de transport d'armes et, à notre avis, à la privatisation des ports.
Ce sont bien sûr les quatre raisons principales que nous avons invoquées dans notre déclaration de grève dans les ports.
Pour nous, le lien est clair entre la lutte contre le modèle mondial de guerre, qui est un modèle issu de la crise du capitalisme et en particulier de la crise de la puissance hégémonique que sont les États-Unis, et l'affirmation d'un monde multilatéral. Il est clair que [cette marche en avant vers] la guerre est une façon de répondre à une crise dramatique du capitalisme qui se dévore lui-même, en épuisant les richesses et les ressources de la planète, en détruisant notre avenir et en appauvrissant de fait la grande majorité des habitants de cette planète.
Donc, si nous ne faisons pas, à un moment où il est dramatiquement nécessaire d'arrêter le travail en première ligne contre ce nouveau fascisme qui avance, contre ce nouveau modèle de guerre qui se développe, il est inutile de penser pouvoir revendiquer des augmentations salariales, des améliorations des conditions de travail, des niveaux de sécurité, des services publics et des retraites. Il est illusoire, à notre avis, de penser que dans le cadre de la militarisation, ces ressources puissent aller dans les poches des travailleurs. C'est tout à fait faux et, selon moi, c'est l'un des problèmes que nous avons avec certaines parties des bureaucraties syndicales européennes.
 
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Cette journée de grève a certainement été appelée suite aux grandes manifestations qui ont éclaté en Italie entre fin août, septembre et début octobre 2025. Ces événements n'étaient pas fortuits, ils avaient certainement une grande part de spontanéité, un nombre immense de personnes sont descendues dans la rue.
Nous estimons qu'entre le 22 septembre et le 3 octobre, les manifestations dans toutes les villes et celle du 4 octobre à Rome ont rassemblé plus de 3 millions de personnes, voire 4 millions selon certains, si l'on additionne les trois jours. Il s'agissait sans aucun doute de manifestations d'une très grande ampleur. D'autre part, il y a eu une grande adhésion des travailleurs, même si le facteur « travail » au delà des dockers est resté en partie collatéral, et a certainement développé une conscience critique, sociale, qui est assez éloignée de certaines des grandes organisations de notre pays et qui a trouvé dans l'USB un point de référence : je ne dis pas qu’ils aient trouvé leur syndicat dans l’USB, mais qui a su s’affirmer comme point de référence et qui a su mener les luttes. Je le répète, personne ne peut dire que les luttes appartiennent à l'USB, nous avons été d'excellents organisateurs, il y a eu une grande dose de spontanéité, d'improvisation au cours de ces journées.
 
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En ce qui concerne la dernière question, le message que nous voulons envoyer aux travailleurs est que, je le répète, penser se sauver dans sa propre entreprise, dans son propre secteur, dans son propre pays, alors que le monde entre en guerre, est à notre avis illusoire. Donc, lutter contre la guerre est la première étape pour reprendre de l'espace pour nos revendications en matière de travail, de salaire, de conditions de travail, de sécurité, de retraite. Il s'agit donc de quelque chose d'extrêmement concret, non pas de haute politique, mais d'extrêmement concret.
Nous pensons que les travailleurs - comme cela s'est produit à Gênes à la fin du mois d'août, point de départ du mouvement « bloquons tout », par les travailleurs portuaires -, constituent l'un des points faibles du capitalisme : le travailleur qui refuse de travailler reste l'une des oppositions, l'un des contrastes les plus puissants que cette société puisse opposer, car le syndicalisme mondial a perdu au cours des dernières décennies sa fonction de facteur d’équilibre, il a été un cogestionnaire des crises, un cogestionnaire de l'enrichissement de la contrepartie, de la réappropriation des espaces par les patrons. Cette journée se veut un premier pas pour se relever, pour changer, en commençant justement par s'opposer à ce qui est un modèle économique, le capitalisme qui s'exprime par le génocide palestinien, par l'agression contre le Venezuela, par les menaces contre Cuba et la Colombie, par la volonté de ne pas permettre aux peuples de décider eux-mêmes de leur destin ou d'aller vers l'autodétermination.
Il est clair que [cette journée de grève du 6 février] s'agit d'un point de départ et nous espérons que la timidité de certaines organisations syndicales, bien qu'elles soient d'accord, n'ont pas réussi à s'engager dans cette dynamique de journée de lutte, verront le 7 février, [dès le lendemain] comme le début de la préparation d'une nouvelle journée de lutte où nous aimerions voir s’impliquer [encore] davantage de ports et commencer à parler à d'autres secteurs également impliqués dans l'économie de la guerre, comme par exemple les chemins de fer.
La solidarité internationale n'est plus une option, elle ne l'a jamais été pour nous, mais ce n'est plus une option, c'est une voie obligatoire pour notre avenir, par rapport à ce qui se passe actuellement, nous devons continuer. En ce qui concerne les patrons, voici la nouvelle : les travailleurs commencent à sortir ou à s'efforcer de sortir de l'enclos où ils ont été enfermés ces dernières années : la volonté d'être internationalistes, l'opposition à la guerre, la revendication de meilleurs salaires et des conditions de travail sont les bases pour sauver cette planète et pour répartir les revenus.
 
 
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