L’exploitation des victimes par Epstein et son cercle de milliardaires est un microcosme du macrocosme capitaliste.
16 février 2026
note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete
Quand ceux qui acceptent le capitalisme, l’impérialisme, ses atrocités hors de chez eux ou dans les bas fonds découvrent que c’est là loi du genre… L’impérialisme en faillite recourt au nazisme hier comme aujourd’hui et on s’effraye alors sur « la banalité du mal » pour éviter de contester le capitalisme qui l’engendre. En quoi Marco Rubio est-il réellement différent de ce monde Epstein/Maga dans ce qu’il propose à l’occident qui lui fait une « ovation » soulagés de rester dans « le système ».
************************

Rêve du sadique, Otto Dix
Les atrocités commises par Epstein, il va sans dire, révèlent, avec des détails sordides et pourtant évidents, des aspects troublants de la nature humaine ; en somme, ce qui se produit lors de la sexualité humaine est un reflet, à la fois sublime et grotesque, rédempteur et destructeur, de tout ce qui est humain. L’exploitation des victimes par Epstein et son cercle de milliardaires est un microcosme du macrocosme capitaliste. Selon le credo de l’élite économique mondiale, tout, sur Terre et même au-delà, dans le cosmos (y compris les fantasmes déments d’Elon Musk et ses fusées futuristes), est matière à exploitation.
Puisque l’élite économique s’estime en droit de précipiter le climat, indispensable à la vie humaine, dans un dérèglement climatique exponentiel, car elle ne peut maintenir son existence misérable sans énergies fossiles, comment peut-on concevoir qu’elle considère les adolescentes et les femmes issues de milieux socio-économiques défavorisés autrement que comme de la chair à canon ? Nous, les classes sociales les plus modestes, sommes perçues comme des objets jetables, des compagnes réduites à l’état de marchandise, sur ces îles capitalistes d’Epstein, un décor certes composé de centres commerciaux délabrés et de fast-foods néfastes pour la santé, mais où règne une atmosphère pesante.
En résumé, il ne s’agit pas tant de sexualité que de violation de la dignité humaine, corps et âme. Issue d’une famille aisée, Ghislaine Maxwell, globe-trotteuse, écumait les parcs de caravanes à la recherche de jeunes filles adolescentes en situation de précarité pour satisfaire les pulsions hébéphiles de Jeffrey Epstein. N’est-il pas évident que, retranchés dans leur luxe, ils considèrent la planète entière comme un parc de caravanes ?
Pour protéger son arrière-train adulte et ses couches, Donald Trump a transféré Maxwell dans un établissement fédéral où le directeur se plaint d’être contraint d’agir comme son concierge d’hôtel de luxe.
La seule issue à ce système déshumanisant est de briser le cycle d’exploitation, c’est-à-dire de la structure moléculaire à la demeure isolée et fermée, l’ordre capitaliste lui-même.
Premièrement, il n’existe aucun droit inné à être milliardaire. Voyez la dépravation engendrée dans la psyché de ces individus dont l’immense fortune leur permet, en substance, de bafouer les principes fondamentaux de la décence humaine.
Ils ont perdu leur âme car ils croient nous posséder et nous avoir achetés à vil prix ; pour la préserver, nous devons leur résister. Première étape du rétablissement : croire ceci : ils n’ont aucun droit de vous posséder – ni notre planète d’ailleurs. Mon âme n’est pas à vendre, et je suppose que la vôtre non plus.
Il semblerait que Noam Chomsky soit vendu, tandis que Norman Finkelstein a dit à Epstein d’aller se faire voir.
Sois comme Norm.
Tant de gens sont déprimés … les réalités de la vie, telle qu’elle se déroule sous le joug d’une dictature capitaliste de l’argent et de l’empire militaire, pèsent sur le psychisme — le sentiment de désespoir transforme la tristesse terrestre en une dépression paralysante ou en une manie compensatoire de réussir (dans quel but ?) et/ou de consommer (il n’y en aura jamais assez ; par conséquent, le consommateur devient consommé).
La vie comporte son lot de tristesse, nécessaire et sublime. Apprendre, et donc élargir ses horizons, procure des sentiments d’épanouissement et de chagrin. Je connais le monde ; c’est pourquoi, comme le dit le poète, je suis triste. Aimer, c’est souffrir, et finalement endurer la perte. Et que dire de la quête du bonheur ? Quels fous nous enseignent que, pour être comblé, il faut se fondre dans un cortège d’illusions, marcher au pas cadencé dans un paysage hanté par des mirages ? Le bonheur est éphémère ; autant tenter de poursuivre un fantôme dans l’au-delà.
Nous sommes donc confrontés à une épidémie de ce mal mental qu’on appelle la normalité. Il existe un démon de l’esprit qui pousse à se conformer à une réalité sociale dégradée, à faire taire la voix intérieure qui demande : « Vous vous foutez de moi ? Vous essayez de me convaincre que la normalité implique la soumission à un système qui est, en réalité, une hiérarchie de goules suceuses d’âmes dont le seul but est d’exploiter mes heures éphémères dans ce monde de formes périssables ? »
Pour croire cela, il faudrait être complètement fou.
SUITE :