CUBA : Chronique de l’invasion annoncée : comment les terroristes se sont organisés sur les réseaux sociaux

Publié le par FSC

Trump vient de l’annoncer : le prochain pays c’est Cuba et l’invasion tentée récemment annonce comment les faucons de Marco Rubio marquent déjà le terrain en prenant leur désir pour des réalités comme s’ils avaient vaincu au Venezuela, en Iran, en Ukraine, au Soudan et partout alors que l’anéantissement des civils est leur seul programme avec l’espace médiatique qu’ils contrôlent 

note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete

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Par Resumen Latinoamericano le 3 mars 2026

 

 

Par :  Observatoire des médias Cubadebate / Cuba Debate / Resumen Latinoamericano, 3 mars 2026.

Image montrant un résident américain ayant participé à la tentative d’infiltration terroriste du 25 février sur la côte de Villa Clara, à Cuba. Photo tirée de Facebook.

Le 25 février, un hors-bord en provenance de Floride a tenté de pénétrer dans les eaux territoriales cubaines avec une cargaison d’armes. Les gardes-frontières cubains ont déjoué l’opération qui, à en juger par les publications sur les réseaux sociaux, n’était ni improvisée ni discrète.

Pendant des semaines, des images, des vidéos et des textes ont circulé, montrant certains participants exhibant des armes de gros calibre, tenant des propos belliqueux et laissant entendre la préparation d’une action violente contre Cuba. Le journaliste Javier Díaz Machado, d’Univision Miami, a indiqué que les personnes impliquées s’organisaient depuis des mois via TikTok.

Certains documents audiovisuels antérieurs à l’incursion restent visibles sur Facebook et Instagram, soulevant des questions non seulement sur la dimension politique de l’événement, mais aussi sur les mécanismes de modération et de responsabilité des plateformes numériques. L’Observatoire des médias Cubadebate a analysé 114 publications sur ces plateformes, émanant des personnes impliquées dans la tentative d’infiltration, y compris celles générées en réaction par la communauté ayant interagi directement avec elles. Les profils étudiés appartiennent aux individus mentionnés dans la liste des auteurs présumés de l’attaque, fournie par les autorités cubaines le 26 février 2026.

Arrière-plan et motifs

Un changement décisif s’est opéré dans la violence politique du XXIe siècle : elle n’a plus besoin de se dissimuler pour s’organiser. Elle peut être répétée au grand jour, sur les fils d’actualité des plateformes, en direct, au sein de groupes privés ou dans des conversations par messagerie ; elle prend forme grâce aux commentaires, aux mentions « J’aime » et aux partages ; et elle apprend, par la répétition, quelle esthétique, quel slogan et quelle scène trouvent le meilleur écho auprès de l’algorithme.

Ce schéma ne date pas de l’incursion du 25 février. Il s’appuie sur des précédents clairs et, surtout, répétés.

Aux États-Unis, la prise d’assaut du Capitole (6 janvier 2021) a laissé des traces qui constituent aujourd’hui une véritable mine d’informations numériques : appels à « agir », à « stopper le vol », à « prendre le contrôle » des espaces ; un mélange de mobilisation politique et de réaction de choc ; et, en toile de fond, la circulation de récits conspirationnistes au sein de communautés qui s’auto-alimentent. Les enquêtes et les reconstitutions journalistiques ont montré que Facebook a hébergé des contenus et des dynamiques organisationnelles pendant des mois, et qu’une partie de la mobilisation s’est articulée dans des groupes et des pages où la radicalisation n’était pas l’exception, mais bien l’essence même du mouvement.

Mais ce phénomène ne se limite pas aux « appels à l’action » ou aux « événements ». Dans l’extrémisme contemporain, un autre élément récurrent se manifeste : le manifeste et l’annonce préalable. La violence est médiatisée avant d’être perpétrée, comme si l’action nécessitait un « prologue » et un public. Des études sur le terrorisme d’extrême droite ont montré comment certains auteurs d’attentats diffusent des textes, des guides, des proclamations et des justifications dans le double objectif d’expliquer leur acte et d’en faire une source d’inspiration pour d’autres. Après chaque attentat, ces documents circulent généralement au sein de communautés en ligne qui les conservent et les réinterprètent, alimentant ainsi une culture de « propagande par le fait ».

Au cours de la dernière décennie, la logique du manifeste a subi une transformation esthétique. L’extrémisme s’est banalisé. Il ne communique plus uniquement par des symboles grossiers ou une rhétorique explicite, mais se dissimule derrière l’humour, la musique, un montage frénétique et des codes propres à la jeunesse. C’est là qu’intervient TikTok, dont le format privilégié – vidéos courtes, rythme rapide, répétition et recommandations algorithmiques – se prête particulièrement bien à la diffusion de contenus idéologiques sous couvert de divertissement. Des rapports et analyses spécialisés ont révélé l’existence de réseaux de propagande néonazis et extrémistes qui génèrent des millions de vues, ainsi que l’utilisation de TikTok à des fins de propagande et de recrutement.

Qu’est-ce qui explique le succès de ce système en termes d’expansion ? Sa conception initiale. Les plateformes numériques fonctionnent grâce à des systèmes de recommandation qui tendent à privilégier les contenus qui génèrent de l’interaction, qui concentrent l’intensité émotionnelle et qui se prêtent au partage. Dans ce contexte, le mélange d’épopée politique, d’identité de groupe et de démonstrations de force fonctionne bien : ce type de contenu provoque une réaction, un soutien ou un rejet, mais génère presque toujours un signal algorithmique. Les recherches portant sur le rôle des médias sociaux lors des événements du 6 janvier 2020 aux États-Unis soulignent précisément ce rôle des écosystèmes de plateformes dans l’accélération des récits et des mobilisations.

Dans ce contexte, l’affirmation relative à l’incursion du 25 février 2026 — selon laquelle les personnes impliquées se seraient « organisées pendant des mois » sur TikTok — ne semble pas anormale, mais plutôt une variante d’un schéma global. Car lorsqu’un acte violent est préparé numériquement, il laisse généralement trois traces typiques :

Coordination à plusieurs niveaux.  Une partie de l’interaction est publique (pour créer une identité, recruter, intimider, générer un sentiment d’utilité) et une autre se déroule sur des canaux moins visibles (messagerie privée, groupes fermés, discussions instantanées). L’aspect public mobilise le réseau en faveur de la cause ; l’aspect privé le rend opérationnel.

SUITE :

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