Sánchez cherche à constituer un front progressiste international avec trois sommets à Barcelone pour contrebalancer Trump.

Publié le par FSC

 

Ce que construit Sanchez a sa place dans les BRICS comme nous n’avons cessé de le noter mais les communistes ont leur propre rôle à jouer comme facteur essentiel d’unité et de construction d’une perspective socialiste et pas seulement social-démocrate. Ce qui permet l’unité c’est la conscience claire de l’adversaire et des efforts à accomplir pour le vaincre parce que se joue le devenir de l’humanité.

Plus les communistes seront pleinement communistes plus ils seront la garantie du rassemblement y compris avec ce front progressiste en n’oubliant pas que c’est de la Chine, de Cuba que part l’appel en faveur du genre humain. Par parenthèse peut-être un jour quelqu’un entendra réellement ce que nous avons proposé dans notre livre quand la France s’éveillera à la Chine et dans mon livre le Zugzwang. 

 

  • Parmi les invités figurent les présidents du Brésil, de la Colombie, du Mexique et de l’Uruguay.
  • Sánchez profitera de l’occasion pour tenir un sommet bilatéral avec le président brésilien Lula da Silva.
Le Premier ministre, Pedro Sánchez, prend la parole lors du Forum européen Pulse à Barcelone.
Le Premier ministre Pedro Sánchez s’exprime lors d’un forum. David Zorrakino / Europa Press

 

Àlex Cabrera

16.04.2026  | 

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’est fixé pour objectif de former un nouveau front progressiste avec d’autres dirigeants internationaux lors du sommet qui se tiendra à la Fira de Barcelona les 17 et 18 avril, intitulé « Mobilisation progressiste mondiale ». Pour Sánchez, il est important de faire face à ce qu’il a appelé la « vague croissante de l’extrême droite », visant principalement les politiques du président américain Donald Trump.

Le PSOE estime que cette réunion, qui rassemblera des dirigeants de plus de 15 pays , doit être perçue comme « une mobilisation historique pour un moment historique », ainsi que comme un moyen de renforcer le « multilatéralisme » que l’Espagne souhaite « mener ».

Dans cet espace, selon les socialistes, « la démocratie et les droits fondamentaux » seront défendus. La Mobilisation progressiste mondiale est promue par les plateformes politiques de l’ Internationale socialiste (IS) , du Parti des socialistes européens (PSE) et de l’Alliance progressiste (AP).

 

Sánchez exhorte les gouvernements progressistes à renforcer le multilatéralisme face au retrait des États-Unis.

Sánchez exhorte les gouvernements progressistes à renforcer le multilatéralisme face au retrait des États-Unis.Irène Fedriani

D’après les organisateurs de cet événement, Barcelone jettera les bases « d’une alternative nécessaire aux forces conservatrices et d’extrême droite ». « Cette plateforme vise à rendre visibles et crédibles les solutions progressistes, en démontrant qu’elles sont la clé de la prospérité de l’humanité », ajoutent-ils sur leur site web.

Parmi les participants à cet événement figurent le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva ; le président de la Colombie, Gustavo Petro ; le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa ; et le président du Conseil européen, António Costa . Des sources internes indiquent que le maire de New York, Zohan Mamdani , devrait également intervenir à distance, soit par visioconférence, soit par message enregistré.

Gustavo Petro sera également interviewé ce vendredi, dans le cadre du nouveau format de l’émission « Los Desayunos » diffusée par RTVE et EFE depuis la Fira Gran Via, dans la capitale catalane.

Les journalistes  Pepa Bueno  ( TVE) ,  Juan Tato  ( RNE)  et  Emilia Pérez  ( agence de presse EFE) intervieweront le président colombien. L’émission abordera l’actualité politique, économique et sociale en  Colombie  et en Amérique latine, ainsi que la situation géopolitique mondiale.

Quatrième réunion pour la défense de la démocratie

Parallèlement, Barcelone accueillera la VIe Rencontre pour la défense de la démocratie avec les dirigeants latino-américains. Lula da Silva et Petro seront également présents, et les présidents du Mexique, Claudia Sheinbaum, et de l’Uruguay, Yamandú Orsi , ont confirmé leur participation .

Dans le cas de Sheinbaum, sa visite dans notre pays est importante, ce qui peut être interprété comme une amélioration des relations diplomatiques entre l’Espagne et le Mexique.

 

Sheinbaum se rendra en Espagne le 18 avril pour assister à un sommet des gouvernements progressistes à Barcelone.

 

Le dégel des relations diplomatiques a connu un épisode récent, lorsque  le roi Felipe VI a reconnu en mars dernier les « nombreux abus » commis  lors de la conquête des Amériques . Il a fait cette déclaration après avoir visité une exposition au Musée archéologique national (MAN) consacrée à la compréhension du Mexique indigène à travers la figure des femmes.

Sommet bilatéral Espagne-Brésil

Barcelone accueillera également un sommet bilatéral entre l’Espagne et le Brésil le 17 avril , sous la présidence de Pedro Sánchez et de Lula da Silva. Cette rencontre a été organisée à la suite d’un entretien téléphonique entre les deux dirigeants après les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran.

« Nous partageons tous deux le désir que la guerre prenne fin et que des négociations commencent dès que possible dans le cadre du droit international . Nous travaillerons ensemble à cet avenir et tiendrons également un sommet bilatéral le 17 avril à Barcelone », a déclaré Sánchez le 4 mars sur le réseau social X.

Concernant la réunion de ce vendredi 17 avril, des accords seront signés sur des questions économiques, sociales, d’innovation, de technologie et de numérique , selon un communiqué du palais de la Moncloa. Une dizaine de ministres de chaque pays y participeront.

La dernière visite de Lula da Silva en Espagne remonte à 2023 , lorsqu’il fut reçu par Pedro Sánchez à Madrid. Les deux dirigeants se sont rencontrés à d’autres occasions, notamment lors du voyage du Premier ministre en Amérique latine en 2024.

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Luis Reygada
L'Humanité du 16 avril 2026

 

En invitant des représentants du Sud Global et des Brics, Sanchez veut faire de l’Espagne la porte-voix d’une Europe souveraine et libérée – aux niveaux politique, économique, diplomatique, militaire… – de la tutelle états-unienne.© Thomas COEX / AFP

 

Figure de proue occidentale de l’opposition à Washington et Tel-Aviv, le socialiste accueille un sommet visant à élever la résistance contre les forces conservatrices et d’extrême droite.
Dans un monde polarisé par le retour d’un impérialisme états-unien sous stéroïdes, le président du gouvernement espagnol cherche à s’imposer comme une figure de proue du progressisme international. Principal représentant, côté occidental, d’une opposition frontale qui peine à trouver d’autres voix courageuses refusant de courber l’échine face à Washington et Tel-Aviv, Pedro Sanchez reçoit, ces 17 et 18 avril, à Barcelone, la première réunion de la Mobilisation globale progressiste, faisant de la capitale catalane la Mecque de la gauche internationaliste pendant quarante-huit heures.


À ce titre, le président de l’Internationale socialiste doit participer à une série de forums qui réuniront plus d’une vingtaine de dirigeants du monde entier pour offrir « une alternative nécessaire aux forces conservatrices et d’extrême droite », avec l’objectif de « rendre les solutions progressistes visibles et crédibles ».


Crise du multilatéralisme, revitalisation de l’ONU, justice sociale, guerre culturelle, défense des valeurs démocratiques, enjeux environnementaux… Des dizaines de forums et tables rondes sont à l’ordre du jour, dont certains pourront compter sur la participation de personnalités telles les présidents brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, sud-africain Cyril Ramaphosa, mexicaine Claudia Sheinbaum, colombien Gustavo Petro, irlandaise Catherine Connolly.
Au total, près de 120 intervenants issus de 40 pays : syndicalistes, militants, universitaires et responsables politiques, dont le président du Conseil européen, Antonio Costa, la vice-présidente de la Commission européenne, Teresa Ribera, le vice-premier ministre du Royaume-Uni, David Lammy, les vice-chanceliers allemand et autrichien Lars Klingbeil et Andreas Babler, la vice-présidente du Ghana, Jane Naana Opoku-Agyemang, le chef de l’opposition en Inde, Rahul Gandhi…

La place de l’Espagne renforcée sur l’échiquier international


De quoi confirmer la montée en puissance de Pedro Sanchez sur la scène internationale, ce qui lui permet chez lui de rassembler la gauche derrière lui, et à l’extérieur de donner plus de poids à l’Espagne. Après avoir été l’un des rares dirigeants occidentaux de premier rang – membre de l’Otan et de l’UE – à avoir qualifié de génocide la guerre menée depuis 2023 par Israël à Gaza, son opposition à Donald Trump et à Benyamin Netanyahou s’est intensifiée avec l’irruption des agressions contre l’Iran et le Liban, au point que le Wall Street Journal le décrivait-il y a peu comme « le porte-étendard de l’opposition politique occidentale au président des États-Unis ».


En invitant des représentants du Sud Global et des Brics, Sanchez veut faire de l’Espagne la porte-voix d’une Europe souveraine et libérée – aux niveaux politique, économique, diplomatique, militaire… – de la tutelle états-unienne, mais aussi promotrice d’un retour à une stabilité basée sur le multilatéralisme et la multipolarité. Tout le contraire de la feuille de route imposée au monde par la Maison-Blanche.
« L’Europe doit retrouver sa place dans le monde avec courage », affirmait Sanchez la semaine dernière, tandis que son ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, appelait l’UE à prendre des mesures en faveur de son « indépendance » militaire face à la tendance suiviste de l’Otan vis-à-vis des États-Unis. Tout en se tournant ouvertement vers le principal ennemi commercial de Trump : la Chine.

Sa volonté d’une « économie mondiale qui profite à tous »


En déplacement cette semaine chez le géant asiatique, Pedro Sanchez y a fortement renforcé des liens « stratégiques » pour impulser « une économie mondiale qui profite à tous », tout en demandant à son homologue Xi Jinping de jouer davantage son rôle de puissance garante de relations internationales stables. « Le monde ne tient plus dans les anciennes cartes, a assuré le premier ministre espagnol lors d’un discours à l’université de Tsinghua, à Pékin : Un monde multipolaire a besoin d’un système multilatéral solide. »
Ce vendredi, Sanchez accueillera aussi à Barcelone un sommet Espagne-Brésil, coprésidé avec un Lula qui critiquait encore, ce jeudi, ouvertement son homologue américain dans un entretien accordé à El Pais.
Face à une extrême droite mondiale boostée par le locataire de la Maison-Blanche, reste à voir si l’Espagne parviendra à faire de son nouveau regain d’influence un levier diplomatique effectif, et à créer à partir de positions sociales-démocrates un véritable élan progressiste international. Dans tous les cas, alors que le président français peine à exister sur divers dossiers internationaux, l’Espagne prouve que c’est le courage de prendre fermement position face aux injustices qui grandit les pays sur la scène mondiale.

 

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