Santé : quand le privé lucratif ferme ses maternités

Publié le par FSC

On ne peut à la fois faire le choix de la guerre et consacrer des sommes colossales aux dépenses d'armement et financer à hauteur des nécessités les besoins sociaux !
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Christophe Prudhomme
L'Humanité du 15 juin 2026
Le nouveau dispositif de Ramsay propose pour 11,90 euros par mois, l’accès à un avis d’un praticien ou une réponse sur une question de santé, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 (dans la limite de 20 par an). ©PHOTOPQR/LA PROVENCE/VALLAURI

 

Le nombre de maternités en France a drastiquement diminué : il ne permet plus à chaque femme enceinte d’être à moins de trente minutes de route d’un hôpital où elle peut accoucher. À cela s’ajoute le recul dramatique de la France au niveau de la mortalité périnatale, qui nous place au 23e rang sur 27 pays européens. La Société française de néonatologie signale que si la France avait les mêmes indicateurs que la Finlande, mille décès de bébés seraient évités chaque année en France.


Dans ce contexte, les groupes de cliniques privées à but lucratif profitent de la baisse de la natalité pour fermer des maternités. C’est ainsi le cas pour le groupe Ramsay à Trappes, mais aussi dans l’agglomération toulousaine avec la clinique de l’Union et au Havre, avec la clinique de l’Estuaire. Le groupe Elsan n’est pas en reste avec la clinique de l’Occitanie, également dans la banlieue de Toulouse – après avoir fermé il y a un an la clinique Urbain V à Avignon.
Avec la tarification à l’activité, les maternités ne sont pas très rentables car il faut assurer leur fonctionnement 24 heures sur 24, 365 jours par an. Les grands groupes préfèrent donc se concentrer sur des activités plus lucratives comme la chirurgie ambulatoire, l’imagerie ou encore les chimiothérapies.
Ce qui est particulièrement scandaleux, c’est que les agences régionales de santé valident ces fermetures en indiquant que les hôpitaux publics assureront la prise en charge des femmes qui voient s’éloigner leur lieu d’accouchement. Or, les hôpitaux souffrent aujourd’hui de déficits croissants et du manque de personnel, notamment dans les maternités, avec une fuite des sages-femmes du fait des conditions de travail dégradées et de salaires qui ne correspondent pas à leur niveau de formation.


À cela s’ajoute une démission des gynécologues obstétriciens, qui préfèrent fuir les contraintes hospitalières pour exercer en libéral – le plus souvent en secteur 2 avec des dépassements d’honoraires.
Le constat est sans appel : l’État n’assure plus la sécurité sanitaire des femmes enceintes, il privilégie le secteur privé lucratif et ses actionnaires, au détriment des hôpitaux publics et d’une politique d’aménagement du territoire permettant un accès égalitaire aux services de santé. Nous sommes donc bien dans une politique de casse des services publics, pour offrir au privé les secteurs d’activité rentables et laisser les déficitaires au public.


Cette situation scandaleuse doit cesser. L’enjeu des prochaines échéances électorales sera de faire un choix entre poursuivre de cette politique néolibérale sans entrave ou décider que le secteur à but lucratif doit être exclu de la santé, au profit exclusif du secteur public et du secteur privé à but non lucratif. Je crois que pour la majorité des électeurs la réponse est claire. Alors, passons aux actes !
 

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