Le coût de la vie étudiante a augmenté de plus de 35 % sous le macronisme
Nadège Dubessay
L'Humanité du 17 août 2026
![]() |
| Des étudiants lors d’une distribution alimentaire à Paris en mai 2023. © Tomas Stevens / ABACAPRESS |
Enseignement supérieur Loyers, transports, produits alimentaires… Dans son enquête annuelle, l’Unef dévoile que le reste à charge moyen s’élève à 1 300 euros par mois pour les étudiants.
Suivre des études coûte toujours plus cher. C’est le constat dressé par l’Unef (Union nationale des étudiants de France), dans son enquête annuelle sur le sujet. Elle confirme une tendance qui ne se dément pas depuis dix ans : « La précarité étudiante s’aggrave sans qu’aucune réponse structurelle ne soit apportée par le gouvernement. » Cette année, le coût de la vie étudiante augmente de 1,66 %, portant le reste à charge mensuel à 1 300 euros, soit 74 euros de plus par mois qu’en 2025.
L’étude révèle que le premier poste de dépense des étudiants reste le logement, avec un loyer moyen estimé à 627,11 euros dans le privé – mais atteignant jusqu’à 857 euros en Île-de-France –, soit une évolution globale de + 2,8 %. Viennent ensuite le coût des transports (254 euros pour les boursiers et 278 euros pour les non-boursiers) et l’alimentation, avec une hausse de 0,87 % des produits.
« Le résultat assumé de la politique gouvernementale »
Le syndicat étudiant indique que depuis 2017, année de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, l’évolution du coût de la vie étudiante s’établit à + 35,84 %. Un chiffre qui, selon l’Unef, « ne peut être que révélateur du bilan catastrophique des politiques de Macron et de ses gouvernements successifs quant à la précarité étudiante ». Le syndicat dresse la liste : universités chroniquement sous-financées, fausses promesses de construction de logements, refus de réformer structurellement les bourses, désinvestissement dans les Crous, mise en place du repas à 1 euro sans mettre l’argent nécessaire pour sa mise en œuvre…
À cela s’ajoutent les menaces qui pèsent sur les aides personnelles au logement (APL) avec la sortie d’un rapport gouvernemental préconisant d’intégrer dans leur calcul les revenus des parents des étudiants. Et des frais d’inscription qui ont augmenté de 37 %, notamment à cause de la taxe de la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), obligatoire, passée de 90 euros en 2018 à 105 euros à la prochaine rentrée. Étudier coûte aussi deux fois plus cher pour les étudiants étrangers extracommunautaires, « premières victimes des politiques austéritaires du gouvernement », dénonce l’Unef, à cause notamment de la suppression des APL depuis le 1er juillet et de frais d’inscription différenciés.
Pour Manon Monet, secrétaire générale de l’Unef, derrière ces chiffres « se cachent des vies d’étudiants qui doivent travailler en parallèle ou abandonner leurs études parce qu’ils n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins ». Tout cela fait dire à l’Unef que la précarité étudiante « est devenue le résultat assumé de la politique gouvernementale ».
