La démocratie, ce n’est pas donner des leçons aux communistes
Didier Lalande Sur Facebook
Vu le nombre de commentaires et la virulence de certaines attaques contre Fabien Roussel, je me pose une question simple : pourquoi êtes-vous tous ici à expliquer aux communistes comment faire fonctionner leur démocratie ?
Vous êtes membres de La France insoumise ? Vous soutenez Jean-Luc Mélenchon ? Très bien, c’est votre droit. Mais ce droit ne vous donne pas celui de décider à la place des communistes de leur candidat, de leur stratégie ou de leur avenir.
Le PCF n’est pas une succursale de La France insoumise. Les communistes ne sont pas des électeurs à qui l’on vient expliquer pour qui ils doivent voter. Ils sont des militants, avec une histoire, des convictions, une organisation et des instances démocratiquement élues.
Alors, permettez-moi de poser une autre question : toutes ces personnes qui viennent nous faire la leçon sur la démocratie seraient-elles en manque de démocratie dans leur propre organisation ? Regrettent-elles de ne pas pouvoir désigner librement leur candidat ?
Parce que, de notre côté, les choses sont claires : nous débattons, nous votons, nous décidons. Et lorsque les communistes ont décidé de proposer Fabien Roussel, ce choix mérite le respect, même de ceux qui ne le partagent pas.
Site Internet du PCF
Le PCF n’a pas à recevoir d’injonctions
Ce qui est particulièrement agaçant, c’est cette manière de considérer que la démocratie serait une belle valeur lorsqu’elle permet de choisir Mélenchon, mais deviendrait un problème lorsqu’elle permet aux communistes de choisir Roussel.
Quand les Insoumis désignent Jean-Luc Mélenchon, il faudrait respecter leur choix. Quand les communistes désignent Fabien Roussel, il faudrait immédiatement recommencer le débat, contester le vote, expliquer que ce n’est pas le bon candidat et qu’il faudrait finalement se rallier à Mélenchon.
C’est quoi, cette conception à géométrie variable de la démocratie ?
Le PCF a ses propres débats, ses propres textes, ses propres congrès et ses propres militants. Sa candidature ne se décide ni sur Facebook, ni dans les commentaires d’un groupe, ni sous la pression de ceux qui voudraient transformer les communistes en simples soutiens électoraux de La France insoumise.
Une candidature communiste n’est pas une déclaration de guerre
Et puis, soyons sérieux : présenter un candidat communiste ne signifie pas vouloir faire gagner la droite ou l’extrême droite.
Cette accusation est devenue un véritable réflexe chez certains : dès qu’un communiste affirme son autonomie, on lui explique qu’il serait responsable de la division, qu’il ferait le jeu de la droite, qu’il faudrait se ranger derrière Mélenchon.
Mais qui a décidé que l’unité de la gauche devait obligatoirement passer par l’effacement du PCF ?
Qui a décidé que les communistes devaient renoncer à leur candidat, à leur projet, à leur parole et à leur existence politique pour permettre à Jean-Luc Mélenchon de se présenter ?
L’unité, ce n’est pas la soumission. Le rassemblement, ce n’est pas l’effacement. Et la démocratie, ce n’est pas l’obligation de voter comme vous.
Le PCF a le droit d’exister
Le Parti communiste français a toute légitimité à porter un projet communiste et à défendre ses propres choix. Ce n’est pas une lubie de quelques dirigeants : c’est une orientation débattue et adoptée dans ses instances.
Site Internet du PCF
Alors oui, nous pouvons discuter. Oui, nous pouvons confronter nos analyses. Oui, nous pouvons être en désaccord.
Mais ce que nous ne pouvons pas accepter, c’est que des militants d’une autre organisation viennent nous expliquer que notre démocratie ne vaut rien parce qu’elle ne produit pas le résultat qu’ils souhaitent.
Et surtout, qu’ils arrêtent de nous expliquer que « le vote communiste ne sert à rien » ou que « les communistes doivent voter Mélenchon ». Ce n’est pas à vous de décider de l’avenir du PCF.
Les communistes sont assez grands pour décider eux-mêmes.
Et si certains ne supportent pas que le PCF puisse avoir sa propre candidature, son propre projet et sa propre stratégie, alors qu’ils aient au moins l’honnêteté de le dire clairement : ce qu’ils veulent, ce n’est pas l’unité de la gauche, c’est la disparition de l’autonomie communiste.
Et ça, les communistes ne l’accepteront pas.
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