Le gouvernement ampute de 40 millions d'euros le plan de rénovation thermique des écoles

Publié le par FSC

Marie Bellan

Les Echos

Le Premier ministre a décidé de réduire le nombre d'établissements bénéficiaires d'une aide à l'adaptation au réchauffement climatique décidée en début d'été. Les crédits seront rebasculés vers le plan d'électrification.

 

Non content d'avoir subi les conséquences d'une cyberattaque d'ampleur quelques jours avant la rentrée scolaire, l'Education nationale doit essuyer un nouveau revers, cette fois budgétaire. Les services du Premier ministre ont décidé de geler 40 millions d'euros initialement destinés à l'adaptation des écoles au réchauffement climatique, comme révélé par le site Politico. Fin juin, en pleine vague de chaleur et alors que les enfants sont encore sur les bancs de l'école- pour ceux dont l'établissement n'a pas fermé pour cause de canicule -, le gouvernement annonce un plan d'urgence dont le total s'élève à 60 millions d'euros, censé financer des brasseurs d'airs, la pose de volets ou de protection solaire, voire des climatiseurs dans certains cas.

 

Ce plan vise en priorité 2.500 écoles, parmi les plus vulnérables à la chaleur (4.000 ont dû fermer leurs portes entre fin juin et début juillet car les bonnes conditions d'accueil des enfants n'étaient plus réunies du fait de températures trop élevées dans les établissements), auxquels devaient s'ajouter 7.500 écoles supplémentaires, ce qui portait le nombre total à 10.000.

Entre-temps, la rigueur budgétaire a eu raison des velléités gouvernementales, car d'autres priorités s'accumulent sur le bureau du Premier ministre, notamment le financement du plan d'électrification qui doit permettre de mieux équiper ménages mais aussi collectivités en pompes à chaleur ou en véhicules électriques. Le nouveau fléchage de cette somme reste donc écologiquement vertueux car la décarbonation des usages reste le meilleur moyen de faire baisser les gaz à effet de serre et de lutter contre le réchauffement climatique.

Au ministère de l'Education nationale, on assure que l'adaptation au changement climatique reste une priorité. Quelque 2.000 dossiers ont d'ailleurs été déposés auprès de la Banque des territoires, émanation de la Caisse des dépôts et consignations, pour bénéficier d'un audit confort d'été. Un passage obligé si l'on veut s'assurer que les rénovations futures seront effectivement adaptées à une France à +4 °C d'ici à la fin du siècle, comme le prévoit la trajectoire de référence d'adaptation au changement climatique (TRACC).

Côté financement de la transition écologique, le gouvernement, conscient que ses marges de manoeuvre sont très ténues, met l'accent sur les dispositifs extrabudgétaires : les certificats d'économies d'énergie d'une part, qui ont pris une place prépondérante dans les investissements pour la décarbonation de l'économie et des usages, et l'épargne d'autre part. La ministre de la Transition écologique a proposé un relèvement du seuil du Livret A pour financer les mesures d'adaptation au changement climatique. Une manne de 10 milliards d'euros par an. La proposition est en attente d'arbitrage.

 

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