Avec le mouvement lycéen, c’est la révolution d’octobre !

Publié le par FSC

 

9 OCTOBRE 2026

 

 

« Parcoursup : non à la lutte des places, oui à la lutte des classes ! ». Le slogan lycéen d’octobre 2026 donne le ton. Le mouvement des jeunes, élèves d’enseignement général, technique et professionnel et des étudiants de grandes écoles ou des universités, soutenu par les organisations syndicales et les partis politiques de gauche, s’inscrit dans le combat pour l’égalité, fidèle à celui du mouvement ouvrier dans notre pays, avec toujours une dimension internationaliste et pacifiste marquée.

Le gouvernement semble chercher à gagner du temps, en organisant à la va-vite une pseudo-consultation démocratique, après avoir tenté de discréditer le mouvement de masse, en instrumentalisant des actes minoritaires violents ou en organisant des provocations grossières souvent démasquées, pour user ensuite d’une répression grâce à une doctrine de maintien de l’ordre qui a montré sa faillite totale (éborgnement d’un lycéen, main arrachée d’un autre, plus de 6 000 gardes à vue, etc.). Il a échoué à marginaliser l’action sociale.

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DANS ce contexte, le pouvoir libéral-populiste macronien ne pourra pas échapper à apporter une réponse à la hauteur de la colère exprimée : allouer les moyens nécessaires pour assurer l’égal accès pour toutes et tous aux savoirs et aux connaissances et leur ouvrir un avenir.

Les jeunes mobilisés ont déjà gagné de premiers résultats. C’est le cas, par exemple, des lycéens de Créteil en pointe de ce mouvement qui ont obtenu satisfaction sur leurs revendications, le recul gouvernemental des frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires, ou encore avec les premiers gestes de désescalade dans l’usage de la force policière. C’est aussi l’annonce en catastrophe par le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray de l’affectation de 3 000 remplaçants.

Mais on est très loin du compte ! Les établissements scolaires souffrent d’un manque criant en professeurs et en locaux décents pour certains en périphérie des villes. Les élèves de terminale ne veulent plus d’un système arbitraire de sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur dissimulé derrière l’algorithme de Parcoursup. Enfin, les emplois du temps et les contenus des enseignements doivent créer des conditions d’études dignes afin de ne plus reproduire les inégalités sociales.

« L’argent existe. Mettons-le dans nos écoles. Faisons enfin de la jeunesse une grande cause nationale ! » sont les mots de Fabien Roussel. Le « plan jeunesse » mis sur la table par les communistes en lien avec le MJCF et avec leur candidat à l’élection présidentielle doit être étudié sérieusement : recrutement de 90 000 enseignants, 5 milliards pour les lycées, la fin de Parcoursup et de MonMaster, une place dans le supérieur pour chaque bachelier, un AESH pour chaque enfant qui en a besoin.

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 centaines de milliers de lycéennes et lycéens, grévistes, ont exprimé clairement cette soif d’égalité. Sa dimension de classe, avec en son cœur la dénonciation des inégalités géographiques liées à des considérations sociales contestant le système de répartition des richesses dominant en place, et sa dimension de masse, avec la participation d’une majorité des lycées, font de cette levée en force de toute une génération une lutte révolutionnaire.

Le gouvernement aurait tort alors de vouloir jouer la montre en temporisant tant bien que mal jusqu’aux vacances scolaires de la Toussaint… Il doit entendre les revendications et écouter ce cri profond du pays. Il n’est pas d’ailleurs du seul fait des lycéens et étudiants. Les pompiers en colère poursuivent leur mobilisation. Les salariés, et toutes celles et tous ceux qui subissent les prix exorbitants des carburants pour se rendre à leur travail, n’en peuvent plus.

Des marges de manœuvre doivent être rapidement dégagées afin de sortir de cette spirale de la régression économique et sociale.

Cette question des moyens posée aujourd’hui dans les lycées et les universités rejoint ainsi directement celle des choix budgétaires et donc les décisions politiques. Il est un fait que le gouvernement entend présenter un projet de loi de finances avec des dizaines de milliards d’économies. Il est un autre fait que les moyens alloués aux armes nucléaires vont doubler conformément à la géopolitique en cours des puissances capitalistes.

Les jeunes ont besoin d’enseignants, de livres et d’écoles. Leur avenir n’est pas dans les prisons ou les casernes ! Il faut sortir de ce cercle dangereux de la surenchère guerrière, comme l’exige le Mouvement de la Paix dans une pétition.

On voit bien alors que ce mouvement des jeunes, soutenu par toutes les générations, dépasse une simple lutte revendicative et qu’il exprime un mécontentement des classes populaires et laborieuses de notre pays face à un avenir proposé par le système capitaliste de guerre économique mondiale avec des risques accrus de conflits, de reculs sociaux, démocratiques et humains, et de non-réponse au défi climatique et environnemental.

En ce mois d’octobre 2026, mesurons la portée de la révolution en cours. En restant sociale, citoyenne et démocratique et en refusant le piège de la violence stérile, cette révolution cultivera sa dimension de classe et de masse. Il est urgent de sortir du capitalisme et d’entrer dans un développement humain répondant aux besoins sociaux, un socialisme capable de s’inscrire comme les anciens de 1936, de 1945, de mai 1968, des premiers mois de 1981 dans l’obtention de conquis : un communisme de conquêtes.

Après la prise de la Bastille le 8 octobre, une nouvelle grande journée de mobilisation à l’appel des organisations lycéennes se tient ce mardi 13 octobre. Des appels à se faire entendre contre le prix de l’énergie le 17 octobre circulent sur les réseaux sociaux. Le 5 novembre, l’intersyndicale CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU appelle à manifester partout en France « pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie ».

Comme chacune et chacun le sait, la révolution d’Octobre a eu lieu en novembre !

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