PERPIGNAN : propos sexistes et racistes d'un policier !
Margot Bonnéry
L'Humanité du 06 octobre 2026
Après les images de l’adolescent à la main arrachée et de celui touché à l’œil, celles d’un policier tenant des propos sexistes et racistes lors d’un rassemblement lycéen à Perpignan ont été publiées sur les réseaux. Sur son uniforme, l’homme arbore fièrement des emblèmes identitaires et néonazis. Une enquête a été ouverte.
La séquence vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Lors d’un rassemblement lycéen à Perpignan, ce vendredi 2 octobre, un policier a été filmé en train de tenir des propos sexistes et racistes. Sur le premier extrait révélé par le site d’actualité Made In Perpignan, le policier éloigne une professeure du lycée Maillol en posant sa main sur son épaule. Celle-ci lui demande d’arrêter. « Non madame, c’est très bien, ça me plaît », répond-il fièrement, avant de répondre par l’affirmative lorsque l’enseignante lui demande si « ça fait partie de (sa) fonction de toucher des enseignantes ».
Ces propos sexistes et misogynes ont rapidement été suivis par des paroles à caractère raciste. « Si demain tu te fais agresser par trois blédards, trois racailles ou trois merdes qui veulent te violer et qu’on te gaze avec, tu vas dire quoi ? Est-ce que tu vas dire pareil ? », a-t-il lancé à une adolescente qui se plaignait des gaz lacrymogènes.
Des écussons d’ultradroite, identitaires et néonazis
Sur son uniforme, le policier a caché son numéro d’identification RIO, pourtant obligatoire, pour le recouvrir d’écussons attribués aux milieux d’ultradroite, identitaires et néonazis. L’un d’eux affiche une phrase en grec : « Molôn labé » (« Viens les prendre »), utilisée par le lobby pro-armes aux États-Unis.
Le second écusson représente une tête de mort qui fait référence aux Gunfighters MC, un club de motards né aux États-Unis, composé de policiers. Selon Made in Perpignan, Gunfighters possède son propre groupe local dans les Pyrénées-Orientales. Celui-ci s’est longtemps réuni au bar identitaire d’ultradroite 7.59 à Canohès, « qui abrite aussi des militants Reconquête ou encore des conférences d’Égalité et Réconciliation, le mouvement du polémiste négationniste Alain Soral ».
L’identité du policier a été établie
La publication de ces vidéos a permis d’établir l’identité de l’agent. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a annoncé l’ouverture d’une enquête. « Plusieurs sources ont signalé le comportement d’un policier ayant arboré des insignes et tenu des propos incompatibles avec le port de la tenue », a-t-il affirmé à la presse.
La violence de la police ne cesse de croître et le ministre de l’Intérieur ne bronche pas. Ce lundi 5 octobre, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée à Lens et trois autres ont été gravement blessés en une semaine.
